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Rembrandt. ( Harmenszoon van Rijn).

La Leçon d' Anatomie du Docteur Nicolas Tulp. 1632. 
Huile sur toile. 170 x 217 cm.

Baroque









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Rembrandt. ( Harmenszoon van Rijn). 
La Leçon d' Anatomie du Docteur Nicolas Tulp. 1632. 
Huile sur toile. 170 x 217 cm

La scène se déroule le 16 janvier 1632, au Waag, (théâtre d’anatomie), à Amsterdam. Rembrandt a 26 ans. Les chirurgiens d’Amsterdam ne faisaient qu’une dissection publique par an. Le corps utilisé est celui d’Aris Kindt, 41 ans, condamné à mort et pendu le jour même pour vol. Outre Nicolas Tulp (1593 - 1674), qui tient les pinces, les notables présents sont : Jacob Blok, Hartman Hartmanszoon, Adraen Slabran, Jacob de Witt, Mathijs Kalkoen, Jacob Koolvelt et Frans van Loenen.
Leurs noms sont inscrit sur une feuille que tient l’un d’eux. 
Les sept personnes ne sont pas des médecins mais des notables cherchant à offrir d’eux-mêmes une image prestigieuse comme c’est souvent le cas à l’époque baroque.
Ce tableau du jeune Rembrandt est un œuvre de commande de la guilde des chirurgiens dont Tulp est un représentant éminent. A cette époque en Hollande la dissection n’est admise qu’à titre exceptionnel. Le professeur Tulp ne la pratique qu’une fois par an. L’hiver pour une meilleure conservation des corps. L’influence de l’église, catholique ou protestante, à cette époque, sur les travaux scientifiques est considérable. De toute façon c’est en 1648, que la Hollande devient un État protestant indépendant. A cette date elle est encore sous influence espagnole. En 1624, Galilée commence un livre qu'il souhaite appeler : Dialogue sur les marées, dans lequel il parle des relations des hypothèses de Ptolémée et de Copernic avec la physique des marées. En 1630, à Rome, les censeurs de l'Église catholique romaine autorisent l'impression. Mais ils modifient le titre en : Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Le livre est publié en 1632 à Florence. L’année même où ce tableau est réalisé par Rembrandt. Malgré deux autorisations officielles, Galilée est convoqué à Rome par l'Inquisition pour répondre d'une accusation de « sérieuse suspicion d'hérésie ». Cette charge repose sur un rapport selon lequel il avait été ordonné à Galilée, en 1616, de ne pas discuter du système de Copernic, ni oralement, ni par écrit. En 1633, Galilée est obligé d'abjurer et est condamné à la prison à vie (peine commuée en assignation en résidence surveillée). Le Dialogue est brûlé et la sentence prononcée contre lui doit être lue publiquement dans chaque université. Vous imaginez bien que les chirurgiens ne se contentent pas du bras du condamné et de toute manière une autopsie ne commence pas par là mais par une éviscération. Rembrandt doit tenir compte de la censure. 
A cette époque c’est Ambroise Paré (1509-1590), chirurgien français, qui fait référence. Il est célèbre dans toute l’Europe par sa grande dextérité et son humanité. Il est considéré comme le père de la chirurgie moderne. Il participe à plusieurs campagnes militaires au cours desquelles il acquît une grande renommée qui lui valut le poste de chirurgien du roi auprès d'Henri II et de ses successeurs, François II, Charles IX et Henri III. Paré invente la ligature des artères, qu’il substitue à la cautérisation au fer rouge, pour stopper une hémorragie. Il améliore le traitement des fractures, perfectionne l’extraction des projectiles en tenant compte de la position des blessés et encourage l’emploi de membres artificiels. En temps de guerre l’église n’a rien à dire, c’est le roi qui décide. Ambroise Paré rédige l’Anatomie universelle du corps humain en 1564 et Cinq Livres de chirurgie en 1571. Ouvrages qui font encore référence en 1632. L’année 1632 est une année importante dans l’histoire de la médecine. En 1632, l’introduction en Europe d’un extrait d’écorce de cinchona, qui deviendra plus tard la quinine, marque un progrès important dans la lutte contre la malaria. La toile est célèbre pour les jeux des regards. Certains notables regardent le livre devant les pieds du patient, d’autres le professeur, d’autres encore les muscles et les tendons, le Docteur Tulp lui, ne regarde ni les notables, ni ce qu’il fait, mais quelque chose situé en dehors de la pièce… Par contre les différents protagonistes, paraissent profondément absorbés par les manipulations du chirurgien. Ceci leur confère un certain prestige ce qui est l’effet recherché. 

Le point de vue du spectateur est situé au niveau du groupe des personnes. 

Trajet du regard.
1/ Le regard est tout d’abord attiré par le rouge des muscles du bras et le détail des ligaments et des tendons. 
2/ Ensuite le spectateur s’aperçoit qu’il y a un groupe de personne autour du patient.
3/ Dans un 3ème temps le spectateur cherche à identifier qui est disséqué, il redescend vers le visage du cadavre. 
4/ Ce n’est que dans un dernier temps que le spectateur repère le livre qui se trouve devant les pieds du mort, un bon nombre de notables regardent dans sa direction. 

Les 4 points naturels d’intérêt sont utilisés. Sur la ligne de force droite les 2 points naturels d’intérêt sont occupés par le Docteur Tulp.
Le visage du cadavre est sur le point naturel d’intérêt inférieur gauche. 
Le groupe de notables est situé à proximité du point naturel d’intérêt supérieur gauche. 

Les 3 Triangles. 

Rembrandt utilise pour sa composition 3 triangles qui sont les triangles de la connaissance. A droite le docteur Tulp et son chapeau forme le premier triangle. 
Le groupe de notables forme le second triangle à gauche. Le livre à l’extrême droite forme le dernier triangle. Le peintre utilise la force de la symbolique du chiffre trois volontairement. Rembrandt connaît les problèmes de Galilée avec l’église. 
Figurer une telle scène sur une œuvre peinte représente un certain risque. 
Il se laisse donc la possibilité d’invoquer la sainte trinité, et l’esprit saint en cas d’un futur procès de l’inquisition. 

Les regards. 

Les regards se croisent. 4 notables regardent avec intensité le livre situé au pied du cadavre. 1 notable regarde le muscle enserré dans la pince, 1 autre regarde les tendons de la main, le docteur Tulp regarde quelque chose vers l’extérieur de la pièce, ce qui intrigue. 1 notable regarde Tulp. Rembrandt parvient à insuffler de la vie et de l’intensité aux différents protagonistes en donnant une direction différente au regard de chacun d’entre eux et fait preuve d’une grande finesse psychologique en mettant l’accent sur leur intense concentration. La toile lui vaudra une grande renommée. 

Détails : 

Rien ne manque et tout est en place. Rembrandt reproduit scrupuleusement ce qu’il voit. Le tableau doit être crédible. 

On peut être frappé par la grande attention et la concentration des regards.
La toile vise à conférer du prestige aux personnes. 

On distingue les mots de la partie supérieure de la page gauche du livre. 
S’il existe une illustration elle est sur la page droite. 

Lumière : 

La lumière provient de la gauche. C’est une lumière naturelle provenant d’une fenêtre de grande dimension située à gauche de la scène représentée. 
Cette lumière oblique agit comme un projecteur et donne encore plus d’intensité à ce qui se déroule au milieu de la pièce. 

Couleurs : Harmonie entre couleurs chaudes. 

Rembrandt. 
La Ronde de Nuit. 1642.

Rembrandt. 
La Leçon d’Anatomie de Joan Deyman. 1656.

Rembrandt. 
La Guilde des Drapiers. 1662.

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