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L' Angélus de jean François Millet. (1858). 



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L' Angélus, de Jean-François Millet. (1858).

Le mot Angélus possède 3 significations. C’est une prière de 3 versets en l’honneur du Christ, un Ave Maria (Je vous salue Marie) se trouve à la fin de chaque verset et la prière se termine par une oraison c'est-à-dire un bref hommage, ici aux morts et aux disparus. L’Angélus est aussi un moment, au milieu du 19ème siècle, 3 fois par jour, à 6 heures le matin à midi et le soir à 18 heures, dans les champs, femmes et hommes cessent leur travail un bref instant pour prier. Ils le font au son d’une cloche nommée elle aussi l’ Angélus qui sonne à cet instant, 3 fois 3 coups et une sonnerie en volée. Cette toile de Millet peinte en 1858 a été léguée aux musées nationaux par Alfred Chauchard à sa mort en 1909. Au sujet de cette œuvre l’artiste déclarera qu’il s’agit d’un souvenir de jeunesse. Sa grand-mère, chez qui il vivait à la campagne, au son de la cloche lui demandait de cesser sa besogne pour dire cette prière pour les pauvres morts. En contemplant l’œuvre il s’en dégage bien sûr un sentiment de piété mais aussi et surtout la sensation d’une grande dignité. Ces paysans ayant abandonné leur outils et leur labeur un court instant sont de condition modeste pourtant ils restent dignes. Regardez bien la toile et qui que vous soyez, quoi que vous fassiez quel que soit votre statut social actuel dites vous bien une chose, si l’on remonte dans le temps 4 ou 5 générations en arrière il y a 99 % de chances pour que vous soyez en train de contempler vos ancêtres…. 

Les 2 personnages sont vus de face, d’assez prés, ils se détachent en avant plan du paysage. Ce point de vue, ainsi que le sujet de l’œuvre, la font apparaître comme monumentale alors qu’en fait le format de la toile est petit : 53,3 cm × 66 cm. 

L’homme et la femme se trouvent sur les lignes de forces verticales droite et gauche ils sont situés exactement sur les 4 points naturels d’intérêts de du tableau. Cette manière de cadre renforce encore plus leur présence.

Le centre géographique de la toile est situé entre les 2 personnes.
Le ciel occupe le tiers supérieur et la terre les 2 tiers inférieurs de l’œuvre.

La toile s’articule autour de la diagonale montante de gauche à droite. Les principales lignes directrices sont verticales et montent vers le ciel. Le tableau représente une prière, certainement l’ Angélus du soir, l’idée d’élévation de la prière vers le ciel est augmentée par l’utilisation de lignes directrices montantes. La fourche plantée, la brouette, le sac de pommes de terre et le clocher de l’église à l’arrière plan ne sont pas là par hasard. 

A l’arrière plan au loin au distingue nettement le clocher de l’église du village qui appelle à la prière. Sa présence est importante. 

Devant la fourche ainsi que dans le panier on identifie facilement les pommes de terre que les personnages sont en train de ramasser.

Dans la brouette on voit les sacs qui ont été ramassés dans la journée.

L’œuvre est éclairée par la lumière rasante du soleil couchant provenant de la gauche. 

Contraste entre couleurs complémentaires.

Le report des couleurs utilisées pour élaborer la toile sur le cercle chromatique indique un contraste entre couleurs complémentaires.

Bleu et orange, sont des couleurs complémentaires.

Toiles similaires : 

Les Glaneuses. (1857) Jean François Millet.
Marqué par la révolution de 1848, Millet s'intéresse plus aux hommes du peuple qu’aux paysages. Les paysans ont une place primordiale dans son œuvre à partir de 1849. Ses œuvres les plus connues représentent des paysans travaillant aux champs : Les Glaneuses (1857), Le Semeur (1850), Les Planteurs de pommes de terre (1862). Les Glaneuses récupèrent les épis de blé oubliés par les moissonneurs, la toile a une portée sociale et elle est critiquée à l’époque pour l’aspect trop solennel de ces sujets tout comme l’Angélus, les Glaneuses gardent elles aussi beaucoup de dignité. A partir de 1860, il se tourne vers la peinture de paysage et des compositions plus aérées. 

Le Jour des Bottes (1850). Jean François Millet.
Ces Paysannes sont en train d’assembler et de lier les bottes de blé. 
Par rapport aux Glaneuses la composition est semblable mais inversée.
2 paysannes sont baissées et une se tient droite. 

Paysanne Bêchant Devant sa Chaumière. (1885). Vincent Van Gogh. 
Au début de sa carrière Vincent se déclare Peintre Social et dit s’inspirer de Millet. 
En effet Ce sont les œuvres de Jean François Millet qui lui servent de modèle. Ainsi les travaux des champs, les paysans au labeur, semant bêchant ou plantant des pommes de terre, constituent une bonne part de son œuvre entre 1882 et 1885. Les mangeurs de pommes de terre sont la toile emblématique de cette période. Vincent qui a vécu lui-même dans la plus grande pauvreté, se prend de compassion pour les petites gens, pour les gens du peuple, les paysans, les fileuses, les raccommodeuses de filets et les tisserands sont ses sujets préférés.

L’ Angélus (1933-35). Salvador Dali.
Dali est pris d’une véritable passion pour cette œuvre de Millet. Il représente les personnages au pays des rêves mais surtout il consacre en 1938 un livre entier à la toile de Millet. Dali voit dans la fourche plantée un fort symbole sexuel masculin il compare la posture de la femme à celle d’une mante religieuse, cet insecte carnassier chasse sa proie à l’affût, se tenant en embuscade pattes repliées sur la poitrine, dans une position qui évoque la prière. Le chapeau de l’homme cache honteusement une érection mais surtout Dali écrit que les paysans ne sont pas simplement en prière mais qu'ils se recueillaient devant un petit cercueil. En 1963, Dali insiste et obtient du Louvre que le tableau soit radiographié. Sous la peinture, au premier plan on découvre masqué le cercueil d'un enfant !