Art : Dérives, Délires et Blanchiment… 

11.04.2014.


Voir Aussi : Faux et  Faussaires en Art.



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L' Art Humanitaire 1. 


L' Art Humanitaire 2.
 



Marché de l'Art : Dérives, Délires et Blanchiment… Art contemporain, art moderne, Maisons des ventes. 

Jean Clair, dans son pamphlet « L'Hiver de la culture » fait la démonstration suivante : « Soit un veau coupé en 2 dans sa longueur et plongé dans du formol » On reconnaît, bien sûr, le Veau d'or de Damien Hirst. Commencez par l'exposer dans des galeries, vendez-le à un collectionneur, négociez avec un grand musée une exposition de l'artiste et, si tout se déroule comme prévu, sa cote va s'envoler. Mais comme en Bourse, le marché peut se retourner et, dans cette spéculation, le dernier perd tout ! Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume des beaux-arts. Jean Clair dénonce l’absurdité des tableaux alignés, par époques ou par lieux, que personne à peu près ne sait plus lire… « Les foules qui se pressent en ces lieux, faites des gens solitaires qu'aucune croyance commune, ni religieuse ni sociale ni politique ne réunit plus guère, ont trouvé dans ce culte de l'art leur dernière aventure collective.»
Un public incapable de comprendre les œuvres du passé n'a que les artistes contemporains qu'il mérite ! Des artistes qui, aujourd'hui, contrairement, aux avant-gardes du XXe siècle, ne rêvent que d'entrer au musée « avec la mine contrite et réjouie du roturier admis dans la noblesse ». 
Citant avec beaucoup d'à propos Georges-Henri Rivière, créateur du Musée des arts et traditions populaires, Jean Clair déclare que le succès d'un musée ne se mesure pas au nombre de visiteurs qu'il reçoit, mais au nombre de visiteurs auxquels il a enseigné quelque chose ». Ensuite il s'élève contre la collusion entre les entreprises du marché de l'art et quelques grands musées internationaux, au bénéfice d'une poignée d'artistes contemporains et de collectionneurs devenus des 
« traders ».
Depuis quelque temps déjà l’art contemporain est devenu un phénomène Marketing. 
Concernant Damien Hirst, Artiste inventé par un publicitaire (Charles Saatchi), il ne faut pas s’étonner qu’il considère le marché comme un temple de la consommation avec ses spéculateurs et ses gogos. Étant lui même un produit marketing son « œuvre » ne peut en aucun cas traverser le temps sans subir ses outrages parce qu’un produit marketing est un effet de mode et il possède souvent une date de péremption. Dans l’histoire de l’art Hirst n’est même pas une virgule, à l’heure ou les élèves des lycées et collèges en France ne peuvent même pas citer 3 peintres impressionnistes ce n’est pas Hirst qui va changer la donne. Une crotte de mouche n’influe pas sur l’odeur ambiante du tas de fumier. Ce n’est pas Hirst ni Saatchi qui ont changé les choses, le marché de l’art contemporain a suivit les artistes et si les États-Unis ont fait main basse et ont accaparé la notion d’Art moderne au détriment de l’Europe le phénomène ne date pas d’hier. Les avant-garde Allemandes, de tout les pays de l’est, et même françaises ont traversé l’Atlantique durant la dernière guerre mondiale pour remplir le supermarché de l’art et les acteurs d’outre atlantique se sont approprié la notion d’art moderne parce que les principaux artistes étaient chez eux. Si les prix flambent depuis 1998 c’est parce que Christie’s appelle contemporaines les œuvres postérieure à 1965 alors qu’auparavant on remontait à 1945. Ceci a donné une meilleure visibilité à des artistes autrefois en concurrence avec des Picasso ou des Miro. Quelques dizaines d’artiste provocateurs et sachant parfaitement communiquer attirent l’attention, font le buzz et les prix montent. Mais ils n’inventent rien ! le Marketing n’invente rien il utilise…. A l’heure ou Athéna est devenu une marque de sous-vêtements masculin ou Hermès pauvre messager des dieux, n’évoque qu’une griffe de luxe ou Artémis est le nom de la holding d’un milliardaire collectionneur, le panthéon des divinités grecques n’a jamais été aussi populaire. Mais quelle homme censé voudrait mettre un déesse guerrière et armée dans son slip ? Quant à Picasso pour les jeunes c’est une voiture ! La Marchandisation de la culture met en évidence l’inculture du consommateur mais aussi des nouveaux industriels. Artémis est la déesse grecque de la chasse de la lumière lunaire et de la mort subite. Cette image renvoie donc l’image d’une entreprise qui serait un grand prédateur. A l’heure où les salariés de la Redoute sont dans la rue quel intérêt ? Ces erreurs n’engagent que les propriétaires qui, nous l’espérons, n’ont pas payé trop cher pour de telles foutaises. Il y a des choses bien plus inquiétantes qui se passent aujourd’hui sur le marché de l’art. Les maisons de ventes avaient pour habitude de médiatiser à outrance les records des ventes pour se faire de la publicité les médias étant friands de ce genre d’annonce il suffisait d’un communiqué de presse, ce qui est gratuit et hop en avant pour le 20 heures …En ce temps là les acheteurs n’étaient pas anonymes. Mais depuis quelques temps plus rien … Vous pensez que le marché c’est calmé ? Pas du tout ! 
Lorsque l’on regarde les prix de vente on a le tournis et on ne peut pas éviter de se poser des questions. Le 05 février 2014 à Londres un Pissarro : Le Boulevard Montmartre, Matinée de Printemps, estimé entre 7 et 10 millions de Livres c’est vendu à 19,68 millions de Livres soit 23,65 millions d’Euros ou 32,10 millions de dollars. La toile est connue, elle fait partie d’une série elle aussi connue, ce qui est étonnant c’est que Sotheby’s ne communique plus sur ces ventes. Pourquoi ? 
Le lendemain le 06 février 2014 des dessins et des études de Picasso, Cézanne, Gauguin, crèvent littéralement le plafond. Si la vente du Camille Pissarro la veille ne nous surprend pas par contre pas les prix de ces dessins est incroyable. Un dessin est une étude, il sert de préparation à l’artiste pour réaliser une toile. Aucun de ces Artistes n’a certainement imaginé que ces dessins préparatoires puissent être vendus. Les sommes déboursés par les acheteurs pour de petits formats laissent rêveur. A notre avis l’acheteur paye ces œuvres entre 4 et 7 fois leur valeur réelle. Pourquoi ? Ces dessins sont estampillés Picasso, Cézanne, Gauguin, Victor Hugo, des artistes connus dans le monde entier et dont la côte ne risque pas de chuter. La valeur de ses œuvres tombera jamais en dessous de l’estimation. Sauf pour Victor Hugo qui possède bien des talents mais pas du tout en peinture. Les acheteurs, qui sont anonymes, ne sont pas des connaisseurs en Art, ils connaissent les grands noms pas plus. Le même jour le seul lot qui à notre avis représente une bonne affaire est le lot N° 107 un bronze d’Egard Degas de 42,3 cm intitulé Femme sortant du Bain estimé entre 84 et 121 000 € qui serra vendu 192 000 € seulement. A la fin de sa vie des problèmes de vue empêchent Degas de se déplacer, il ne peut plus aller à l’opéra peintre les ballerines alors il les sculpte de mémoire dans son atelier. Pour ces ventes on connaît le vendeur, les dessins proviennent de la collection privée Jan Krugier, par contre aucune information sur le ou les acheteurs, le marché de l’art est totalement opaque. 
En octobre 2001 deux gros antiquaires de Boston ont un rendez-vous pour conclure un vente importante. Il s’agit de Femme aux yeux bleus de Modigliani ( 2,5 millions de dollars ) et de La Coiffure de Degas (1,6 millions de dollars) le paiement 
doit se faire en cash car le client est un riche trafiquant de drogue international. Résultat : petit détour à la case prison car le pseudo trafiquant est en fait un agent du FBI. Le Marché de l’art est propice au blanchiment d’argent et, comme on le voit, cela ne date pas d’hier ! A l’heure ou les banques sont surveillées et dénoncent leur client en fournissant des listing ou des mesures sont prises contre les paradis fiscaux il y a de bonnes chances que les lessiveuses se nomment maintenant Christie’s, Sotheby’s ou Philips et nous demandons ici la transparence et que les transactions bancaires des grandes maisons de ventes soient surveillées au niveau international car le prix de vente de ces dessins est anormalement élevé ! 
Ces sociétés qui hier encore se faisait mousser en communiquant sur des prix de ventes de plus en plus élevés ne disent plus rien, ce qui traduit bien leur volonté de ne pas attirer l’attention car il y a longtemps qu’elles ont du repérer le manège.