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Jean-Honoré Fragonard. Le Baiser Volé.
(1787-89). Huile sur toile. 45 x 55 cm
Musée de l‘Hermitage. St. Petersbourg.

Rococo









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Vidéo : Le verrou (figure de fantaisie attribuée à tort à Fragonard).

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Jean-Honoré Fragonard. Le Baiser Volé.
(1787-89). Huile sur toile. 45 x 55 cm
Musée de l‘Hermitage. St. Petersbourg.

En 1747 Fragonard entre en apprentissage à l'atelier de Jean Baptiste Chardin puis un an plus tard dans celui de François Boucher. Très vite il sait copier ses maîtres si parfaitement que même un connaisseur ne peut distinguer l'original de la copie. Ainsi l'Adoration des Bergers (1750) est tout d'abord attribuée à Boucher alors que, comme on le découvrira ensuite, l'œuvre est signée par Fragonard. C'est François Boucher qui comprend et affirme les dons du jeune garçon en le présentant au concours de Rome dont il remporte le premier prix en 1752. Après trois ans d'étude avec le peintre français Carle Van Loo à l'école des élèves protégés, il séjourne quelques années en Italie (1753-1756). Résidant à l'Académie de France, il se lie d'amitié avec son compatriote, le peintre Hubert Robert et l'abbé de Saint-Non qui devient son protecteur et son principal commanditaire. Dès son retour en France en 1761, Fragonard est accueilli comme un peintre confirmé. Il obtient la reconnaissance de la Cour, des commandes publiques et un atelier au Louvre. 
Son tableau Corésus et Callirhoé (1765) est admiré et l’introduit à l’Académie. Mieux, le roi achète la toile après le salon… Ceci ouvre la porte de la cour à Fragonard que l’on charge de la décoration du plafond de la galerie Apollon. Pourtant il quitte le registre des scènes mythologiques pour des scènes galantes, teintées d’érotisme et des scènes piquantes qui obtiennent encore plus de succès. Il devient peintre de tableaux de cabinets, endroit où les nobles entraînent les jolies jeunes femmes pour les courtiser… et plus si affinité… 
Ce changement de registre lui vaut quelques déconvenues à la cour. A la demande de Madame du Barry, Maîtresse de Louis XV, il doit réaliser une série de panneaux décoratifs pour son pavillon de Louveciennes. Dans la série, 4 toiles sont refusées car privées d’une enveloppe mythologique comme chez Boucher. A cette époque on peut tout montrer s’il s’agit de dieux grecs ou de Zeus courtisant une nymphe, mais si le sujet est un Berger voulant charmer une jeune fille rien n’est admis. Il trouve donc des clients parmi les amis politique et les amateurs d’Art. Il existe une constante chez Fragonard, on voit souvent percer une inquiétude, un sentiment de fin de fête ou une menace diffuse. Fragonard a certainement senti l’arrivée prochaine de la révolution française. Celle-ci met à bas l’aristocratie, commanditaire de ses œuvres, et le ruine. Sa peinture est jugée trop frivole pour une période aussi grave. Amis de Jacques Louis David il traverse cette époque dans de bonnes conditions malgré l’interdiction de son art. Il perd sa fortune et ses clients, ruinés ou exilés. Grâce à David il obtient un poste de conservateur au Muséum (le futur Musée du Louvre), poste dont il est expulsé par décret impérial en 1805. Comme dans le Verrou, lourd de sous-entendu, ce baiser volé laisse planer une menace, dans la pièce adjacente les dames jouent aux cartes et les amants peuvent être surpris. Dans ce cas la couturière peut dire adieu à sa place et le valet aussi… 

Le point de vue du spectateur se situe au niveau du visage des deux amants.

1. Le regard est tout d’abord attiré par le baiser. 2. Suivant le bras de la couturière puis le châle sur la diagonale descendante de gauche à droite. 3. le spectateur découvre la porte entrouverte et la menace qui plane. 

Les 2 visages se trouvent sur le point naturel d’intérêt supérieur gauche. 
Le corps penché de la couturière est situé entre les 2 points naturels d’intérêt gauche, exactement sur la ligne de force. 
Le châle et la boite à couture, qui expliquent la présence de la couturière dans la pièce se trouvent sur le point naturel d’intérêt inférieur droit. La composition de la toile est remarquable. 

Pour accentuer l’atmosphère piquante et pittoresque de la scène et la prise de risque des 2 serviteurs, Fragonard plonge un tiers de l’œuvre, tout l’arrière plan, dans la pénombre, où quelqu’un pourrait se dissimuler… 

La toile est construite sur la diagonale descendante de gauche à droite. 
Les lignes directrices du châle, du corps de la couturière et même les plis de sa robe vont dans le même sens. 

Détails : 

Le valet tire la couturière par la manche pour lui voler un baiser sur la joue, au coin des lèvres. Le regard de la jeune femme est inquiet. Les 2 comparses pourraient bien être surpris… 

Cette boite à couture ouverte et ce morceau de tissu expliquent la présence de la jeune fille dans la pièce. 

Dans la pièce adjacente il semble que les maîtres de maison reçoivent et jouent aux cartes. 

Lumière : La scène est éclairée de la droite. La lumière se concentre surtout sur la robe de la jeune fille. 

Couleurs : Contrastes entre couleurs chaudes et froides.

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