Eugène Boudin (1824 – 1898). 
Aux Sources de l'Impressionnisme...

   



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Eugène Boudin (1824 – 1898). 

Précurseur de l'impressionnisme Eugène Boudin est né à Honfleur, il est le fils d’un marin qui navigue sur des bateaux entre Le Havre et Hambourg.
En 1835 la famille déménage au Havre où il devient commis chez un imprimeur puis chez un papetier. Il est ensuite engagé comme assistant dans une boutique de papetier-encadreur. 
En 1844, il ouvre son propre magasin où il organise des expositions d’artistes. 
C’est ainsi qu’il fait la connaissance d’artistes locaux et de Constant Troyon, Eugène Isabey, Charles Baudelaire, Gustave Courbet, de Jean-François Millet de Thomas Couture et de Claude Monet. Leurs relations seront mutuellement profitables.
Eugène Boudin n’a pas encore de formation artistique mais il est passionné de dessin depuis l’enfance. Il aime reproduire les humeurs changeantes de la mer, du ciel et de la plage. Sous l'influence de Millet et de Couture il découvre sa vocation de peintre et décide de s'y consacrer. Il suit des cours à l'école municipale de dessin du Havre.
En 1850, il obtient une bourse d'étude du conseil municipal du Havre et étudie la peinture dans l'atelier d'Eugène Isabey à Paris ainsi qu'au Louvre où il réalise des copies de toiles des maîtres.
Il participe au Salon de 1859 où il expose Le Pardon de Saint-Anne-la-Palud, cette toile est bien accueillie par la critique et notamment par Baudelaire. Ses atmosphères claires et lumineuses alors inhabituelles et ses pastels originaux sont remarqués. Charles Baudelaire, en 1859, évoque l’existence dans l’atelier de Boudin de plusieurs centaines d’études au pastel improvisées face à la mer et au ciel, les qualifiant de prodigieuses magies de l’air et de l’eau.
Eugène Boudin peint les yeux rivés sur le ciel, obsédé par les changements atmosphériques et la course des nuages au dessus des plages normandes. Certaines études se concentrent sur ce seul élément dont il cherche à traduire tout à la fois la poésie, la majesté et la fugacité.
Il devient l’ami de Gustave Courbet, de Johan Barthold Jongkind et de Claude Monet qu'il initie un peu plus tard à la peinture en plein-air. Avec Monet, sur lequel il exerce beaucoup d’influence il est l’un des premiers peintres à travailler en plein air plutôt qu'en atelier. Comme Monet ce sont les états de l'atmosphère selon le lieu, l'heure le vent et la lumière qui l'intéressent. En 1861, il rencontre Corot, à qui il doit son surnom de « roi des ciels ». 
Toute son œuvre est marquée par les paysages marins, Tempête se Levant (1864), Crépuscule sur le Bassin de Commerce du Havre, au point que l’on peut dire de lui qu’il n’a qu’un seul sujet, le ciel, la mer, la plage, le coucher de soleil. Il se concentre sur les marines, les ports et les stations balnéaires où il peut étudier les jeux de lumière qui décomposent et absorbent les formes. Le seul moyen de capter la mouvance de l’atmosphère est une exécution rapide qui donne au tableau un aspect d'esquisse. L’artiste a aussi représenté des paysages autres que les bords de mer, des marchés, des processions de pardon en Bretagne, les casinos situés prés des plages lors de concerts mais aussi des paysages de campagne aux environs de Deauville ou d’Honfleur, des maisons et des jardins, des scènes bucoliques… Mais la grande majorité de son œuvre très prolifique est constituée de marines, de vues sur les ports les plages et les baies, toiles qui serviront de modèles à un nouveau mouvement. 
Son travail annonce l'impressionnisme.
Et en effet les impressionnistes vont vite reconnaître en lui un annonciateur de leur courant et ils l’invitent à participer à la première exposition de leur groupe en 1874.Il devient un des précurseurs du mouvement impressionniste, mais paradoxalement lui-même ne se considère pas comme appartenant à ce mouvement… 
Il est opposé à la pratique de la division des tons et de l'ombre colorée. Eugène Boudin invente le genre des peintures de plages avec les gens des villes. La composition est bien souvent reproduite, une large partie supérieure de la toile est consacrée au ciel, à peu prés les 2 tiers, et le tiers inférieur de l'œuvre, la plage, est réservé aux personnages, assis, debout, en groupes ou en file indienne, vus de dos ou de profil. Le rivage et la mer sont en retrait par rapport au premier plan. La composition est très rigoureuse, les scènes de plage reposent sur une ligne horizontale, elle constitue une solide base sur laquelle peut reposer la composition plus sinueuse des groupes de personnages. Toutes les scènes de plage de Berck, Trouville et Deauville sont traitées de cette manière même si parfois des éléments extérieurs employés au décor sont représentés. Il en est de même pour les multiples scènes se déroulant sur les jetées et dans ce cas la mer et les bateaux sont toujours en arrière plans. 
Peu à peu les personnages sur la plage deviennent perméables à l'atmosphère qui les entoure. L'air et la lumière font vibrer les formes et les contours. Les couleurs pures, bleu, jaune et vermillon, s'éparpillent sur la toile pour rehausser les beiges, les gris et les noirs. Par exemple dans La Femme à l'Ombrelle (1880), la silhouette féminine représentée par le peintre, (peut-être son épouse), assise sur la plage de Berck la légèreté de la touche rend tangible les vibrations de l'atmosphère maritime et le reflet de la lumière dans laquelle les contours du sujet se désagrègent.
Les peintures mondaines ne peuvent pas cacher l'autre vision que Boudin a des plages, et à laquelle il restera toujours fidèle : la représentation des rivages et des bords de mer, traités en paysages simples ou organisés par les navires et les gens de mer, pêcheurs, femmes de pêcheurs chargeant ou triant le poisson, laveuses au bord de la Touques, thème abordé plusieurs fois, prés de Trouville ou dans la Baie d'Étretat.
Vers 1880, dans les peintures tardives des bords de mer, les promeneurs et les pêcheurs deviennent de simples signes sur la toile.
Dans les années 1870 il visite les Flandres, les Pays-Bas, le sud de la France ainsi que l'Italie, où il découvre les différents courants artistiques du 18 et 19ème siècle. A Paris il obtient une médaille pour la 3ème place du Salon de 1881 avec : La Meuse, à Rotterdam. A l’occasion de l'Exposition Universelle de 1889, 2 toiles : Un coucher de Soleil et Marine et Les Lamaneurs lui valent la médaille d'or. 
Malade, il s'installe en 1892 à Villefranche-sur-Mer, prés de Nice. Il avait déjà représenté La Rade en 1885, il réitère avec une Vue du Quai de la Marine. A Antibes il peint Le Port, La Baie, La Pointe de l’Ilette et le Fort Carré. Le bleu est toujours superbe et à chaque fois différent. 
Peu de temps après Eugène Boudin est sacré chevalier de la Légion d'Honneur. 
Il se rend régulièrement à Venise jusqu'en 1895 en quête d'inspiration. Son tableau de la Place Saint Marc est impressionniste. Eugène boudin aine l’atmosphère des ports, surtout si elle est enfiévrée et qu’il s’y déroule une fête ou un festival. 
En 1898, lorsqu’à Paris il sent qu’il s’affaiblit il demande à mourir face à la mer et exige son transport à Deauville où il ferme les yeux pour la dernière fois.