Jean-Baptiste Chardin (1699 – 1779).
   

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Jean-Baptiste Chardin (1699 – 1779).

Peintre et pastelliste français il est surtout connu pour ses natures mortes et ses scènes de genre d’une grande intensité. 
Fils d’un menuisier spécialisé dans la fabrication de billards, Jean-Baptiste Siméon Chardin se distingue des autres peintres du 18ème siècle par sa formation : il ne suit pas les cours de l’Académie royale, mais entre dans les ateliers des peintres d’histoire Pierre Jacques Cazes (entre 1718 et 1720) et Nicolas Coypel demi-frère du peintre Antoine Coypel (entre 1720 et 1728). 
Il intègre l’Académie de Saint Luc de Paris en 1724 pour parfaire sa connaissance de la nature morte. Ses deux natures mortes de grande taille, la Raie (1727) et le Buffet (1728) sont dévoilées à l’Exposition de la jeunesse en 1728. Les œuvres ont beaucoup de succès et lui ouvrent les portes de l’Académie royale de peinture et de sculpture dans la catégorie la plus basse, celle des peintres d’animaux et de fruits. 
Cette époque est encore très attachée à la hiérarchie des genres et c’est la peinture d’histoire qui se situe au sommet. Une nouvelle version de la Raie est peinte en 1728. Une des caractéristiques de Chardin est la présence courante des chats dans les natures mortes dés que l’œuvre possède pour thème la nourriture en cuisine. 
Cet animal apporte une note assez pittoresque aux toiles. L’Artiste possède une grande liberté de facture et est très doué pour la composition, il dispose minutieusement les différents éléments sur les toiles.
Dans les années 1730 Jean-Baptiste Chardin poursuit ses recherches en limitant les motifs de ses tableaux à de simples ustensiles et objets de ménage. Il ouvre souvent un vaste espace pictural dans lequel se répondent les matières, les vides et les pleins, l’ombre et la lumière : La Fontaine de Cuivre (1730). Sa manière lui permet de dépasser l’objet. L’artiste aborde aussi de plus en plus souvent la représentation humaine dans des scènes de la vie quotidienne. Il s’inspire des maîtres hollandais de la peinture de genre : David Teniers et Gérard Dou. 
Les personnages représentés par l’artiste sont des femmes ou des enfants saisis dans leur intérieur à des occupations quotidiennes, La Blanchisseuse (1730), Femme Cachetant une Lettre (1733), Le Château de Cartes (1736) dont il existe plusieurs versions : (1737), (1740), Le Dessinateur (1737), La Jeune Maîtresse d’École (1736), La Nurse Attentive (1738). 
Au salon de 1738 il expose Le Garçon Cabaretier et L’Écureuse ainsi que 2 portraits : L’Enfant au Toton et Le Jeune Homme au Violon.
Les mères et leurs enfants constituent un thème intimiste cher à Jean-Baptiste Chardin. La Mère Laborieuse (1740) et Le Bénédicité (1740) sont deux toiles offertes au roi Louis XV. 
Reçu au Salon de 1740, le Bénédicité démontre toute la dextérité de Jean-Baptiste Chardin pour représenter des scènes de genre, intimes et familières, qu’il baigne d’une atmosphère à la fois tendre et sérieuse. Une seconde version est produite en 1744. On note l’extrême délicatesse et la capacité à unir gravité et attachement, rendu des textures et retenue des sentiments. En règle générale le peintre représente des personnages immobiles et distants de l’action qu’ils exécutent. À travers les gestes arrêtés et les regards lointains, Jean-Baptiste Chardin parvient à retranscrire la magie d’un instant suspendu. Jean-Baptiste Chardin ne s’attache pas à la dimension religieuse du Bénédicité mais saisit avec beaucoup d’émotion les échanges qui s’opèrent entre la mère et ses enfants. Les personnages s’insèrent dans une structure pyramidale lumineuse, appuyée par les obliques du sol et accentuée par le fond brun.
Les regards de l’aînée et de la mère convergent vers l’enfant au premier plan. Le spectateur, placé au même niveau par un point de vue en contre-plongée, participe des liens existants.
La Pourvoyeuse (1739) est un tableau représentatif des fines scènes d'intérieurs de Chardin. La touche est grasse, le geste est à l'arrêt, le personnage est engagé dans l’action et à la fois détaché d'elle, le sujet est choisi pour sa banalité. 
Les lignes de perspective fuyantes et l’éclairage provoqué par la porte ouverte plongent la pièce dans un jeu d'ombre et de lumière. 
La pourvoyeuse, au premier plan, est accoudée, songeuse dans une position oblique.
Le peintre use des mêmes cadrages resserrés, des même fonds neutres pour saisir servantes et valets dans des situations ordinaires. Les gestes sont suspendus, les regards sont perdus dans le vague… 
Jean-Baptiste Chardin illustre aussi à maintes reprises le thème du jeu : La Fillette au Volant (1737) L’Enfant au Toton (1738), La Bulle de Savon (1739). Là aussi il préfère l’immobilité à l’action, la rêverie dans les regards plutôt que la présence réelle du personnage.
En 1743 Chardin est reçu à l’Académie royale des peintres et sculpteurs. Il envoie quelques œuvres au Salon mais pas assez et la critique l’accuse de paresse. Après 1745 il se consacre de nouveau à la peinture d’objets : L’Orgue à Oiseaux (1751), Le Melon Entamé (1760), Le Bocal d'Abricots (1758). Les natures mortes réalisées à cette époque montrent une très grande variété de thèmes et une évolution du style assez nette, Pipe et Vase à Boire, dit La Tabagie (1750). L’artiste s’attache moins aux détails et privilégie dorénavant le rendu de l’ensemble, la lumière enveloppant les objets, les reflets et les transparences : Panier de Prunes avec un Verre d’Eau (1759), Verre d’Eau et Cafetière (1760), Le Panier de Fraises des Bois (1760). 
Le Bocal d’Olives (1760), fera dire à Denis Diderot : « Ô Chardin ! Ce n’est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette : c’est la substance même des objets, c’est l’air et la lumière que tu attaches sur la toile… 
Au Salon de 1763 le même Diderot le couvre d’éloges et voit en lui le plus grand maître de la couleur et de la composition. 
A ses débuts en 1728 Chardin avait représenté Les Attributs des Arts, de La Peinture et de La Sculpture. D'autres œuvres sont composées en 1765 et 1766. 
Lors des dernières années de sa vie Jean-Baptiste Chardin souffre des yeux. Il ne supporte plus les pigments et les liants de la peinture à l’huile il exécute donc une série de portraits au pastel. Le Portrait de Madame Chardin (1775), Autoportrait aux Bésicles (1771), Portrait de l’Artiste avec des Lunettes (1775), Autoportrait au Chevalet (1776).
Après lui la nouvelle génération de peintres néo-classique aborde surtout des thèmes historiques avec une facture bien différente. 
L’œuvre de Jean-Baptiste Chardin est redécouverte au milieu du 19ème siècle et influence l’impressionnisme naissant.