English Website


Toutes les Analyses


Les Peintres Fauves étaient-ils Daltoniens ? 







Laisser un commentaire ou un avis.  

 

 


Envoyer cette page à un(e) ami(e)
 

 
Accueil 
 Analyses  Newsletter   Mouvements  Peintres  Genres  Techniques   Histoire   Musées  Expositions   Galeries   Artistes    Jeux    Annonces    Boutique Contactez-nous     Qui sommes nous ?    Liens  


Henri Matisse. La Raie Verte. 1905. Zoom. Tableau à la loupe. Fauvisme. 

 


Vidéo : André Derain. 

 



Les Peintres Fauves étaient-ils Daltoniens ? 

La question peut sembler légère ou triviale mais pourtant…. 
Voici comment une personne normale perçoit les couleurs, enfin si vous n’êtes pas daltonien… 
Le daltonisme concerne surtout 3 couleurs : le rouge, le vert et le bleu. 
Il existe plusieurs types de daltonisme chacun perçoit ,ou pas, des couleurs différentes. Les trichromates anormaux ne font aucune différence entre la couleur orange et le jaune ou entre l'orange et le rouge. Voici la vision d'un Dichromate au rouge (Protanopes) et voici celle d’un Trichromate anormal au rouge. Ces formes on le voit concerne les couleurs chaudes. Donc un peintre qui aurait ce problème distinguerait mal les couleurs chaudes et n’utiliserait que des couleurs froides. 
Selon le cas, on parle de protanopes pour les personnes qui confondent le rouge, de deutéranopes pour ceux qui confondent la gamme du vert, et de tritanopes beaucoup plus rare qui eux confondent la gamme du bleu. Voici la vision d’un Dichromate au bleu soit un Tritanope. Et celle d’un Trichromate anormal au bleu. Un peintre qui percevrait mal le vert et pas le bleu n’utiliserait que des couleurs chaudes. 
Cette anomalie est héréditaire elle est transmise par les femmes mais elle atteint surtout les hommes. Chez un daltonien il existe une déficience plus ou moins complète d'un type de cône (cellule sensorielle de la rétine), sensible à une étroite gamme de couleurs : bleu-violet, vert, ou jaune-rouge. C'est plus particulièrement la perception du rouge ou du vert qui est altérée, partiellement ou totalement.
Tous les autres aspects de la vision des daltoniens sont normaux.

Par expérience les daltoniens sont en général capables de différencier certaines couleurs d'après leur différence de luminosité avec les autres couleurs. Par conséquent, de nombreux daltoniens le sont sans le savoir. Des tests ont été conçus afin de mettre rapidement en évidence la présence d'un daltonisme. Il n'y a pas de traitement possible pour cette anomalie qui peut gêner, voire interdire, l'exercice de certaines professions.

Ce test est utilisé pour vérifier la bonne vision des couleurs. Les personnes dont la vision est normale voient le nombre 57, tandis que celles qui sont daltoniennes voient le nombre 35. Le daltonisme, qui est une incapacité à distinguer le rouge du vert, ou parfois le jaune du bleu, est provoqué par un dysfonctionnement des cellules rétiniennes sensibles à une couleur donnée. Cette anomalie affecte une personne sur trente.

Des affections de la rétine ou du nerf optique conduisent elles aussi à des troubles de la vision et à des déficiences partielles (dyschromatopsies) ou totales (achromatopsies) de la perception de certaines couleurs.

Un peintre qui ne perçoit que la lumière des couleurs et non pas la couleur elle-même ou très mal peut être emmené à déclarer comme l’ont fait les fauves que seule la violence des couleurs est intéressante. 
Le fauvisme s'attache uniquement à l'orchestration des couleurs et des surfaces sur la toile. Matisse est le chef de file. Par la suite beaucoup ont abandonné ce paroxysme pour évoluer vers des styles divers selon les tempéraments. Tous sauf Henri Matisse qui est à l'origine du mouvement…. 

C'est Matisse qui poussera le plus loin les conséquences du fauvisme dans une œuvre presque entièrement vouée à l'effusion de la couleur.
Pourtant en examinant La Danse qui justement est composée des 3 couleurs qui posent problèmes aux daltoniens, bleu vert et rouge il est difficile d’imaginer que Matisse puisse avoir été daltonien. 
Surtout que durant l’été 1904 il passe l’été à Saint-Tropez chez Paul Signac et découvre le pointillisme une nouvelle technique qui utilise la juxtaposition de couleurs pures par de petits points ou des traits courts. Ce procédé est inaccessible à un daltonien et matisse réalise Luxe, Calme et Volupté de cette manière. 
Au cours de l'été 1905, Matisse et Derain travaillent ensemble à Collioure dans une lumière dorée qui efface les ombres. Ils utilisent des couleurs complémentaires appliquées par touches larges et énergiques, cherchant un équivalent de la lumière et non son rendu exact. Rapidement, la touche séparée se transforme en larges aplats et en surfaces peu modulées mais riches en matière. La couleur, arbitraire, abandonne tout rapport d'imitation avec le ton local et traduit tous les aspects d'un motif, y compris les ombres, par une gamme de tons purs dont le rapprochement engendre la lumière. 
André Derain se distingue par une grande audace dans l'emploi de la couleur, qu'il étale en larges touches segmentées ; les formes sont stylisées, déformées et le procédé de composition repose sur des perspectives originales, visibles dans ses vues de Londres et dans ses paysages. En 1907, Derain fréquente Braque et Picasso, s'éloigne du fauvisme et est surtout influencé par le cubisme.
A aucun moment on ne peut affirmer que Derain distingue mal les couleurs. 
Il en est de même pour son ami Maurice de Vlaminck qui utilise la même violence chromatique, remplaçant le dessin par l'application de tons purs. Vlaminck représente surtout des paysages et utilise le contraste entre couleurs chaudes et froides ce qu’un daltonien aurait eu du mal à réaliser. 
Albert Marquet utilise les couleurs violentes des fauves et expose avec eux au Salon d’automne de 1905 mais il se démarque très vite de ce mouvement. Il se consacre presque exclusivement aux paysages. Les lignes sont précises et le graphisme concis. La palette de Marquet évolue peu, son attitude consistant à demeurer fidèle à l’essentiel de son observation et au rendu juste de l’émotion. On classe Raoul Dufy parmi les fauves tout simplement parce qu’il est difficile de le classer ailleurs. Dufy adopte la manière fauve, caractérisée par l'emploi de couleurs violentes, et y ajoute son sens du trait, spontané et vigoureux. Peu à peu, et tout particulièrement dans ses aquarelles, son travail devient plus léger, plus lumineux et très rythmé.
Un ami de Dufy, Émile Othon Friesz, peintre fauve lui aussi, possède une touche proche de Dufy. Aux paysages normands et bretons, il ajouta à partir de 1908 ceux de Provence, qui relèvent de références à Cézanne. Comme il utilise de multiples couleurs chaudes et froides dans ses paysages il ne semble pas qu’il puisse avoir de problème de perception des couleurs. Un peintre qui aurait un problème de perception des couleurs peindrait peu de paysages et se limiterait surtout aux portraits dans des couleurs soit froides soit chaudes. C’est le cas du peintre fauve français d'origine néerlandaise Kees Van Dongen. 
Il n’y a pas ou peu de paysages dans son œuvre ou alors ils sont dans des teintes sombres, les portraits utilisent des harmonies entre couleurs froides surtout ou couleurs chaudes mais rarement des contrastes chaud et froid. Nous pouvons affirmer avec bien peu de chance de nous tromper que Kees Van Dongen était daltonien. Les couleurs qu’il utilise sont celles d’un Trichromate anormal au rouge. 
Mais Van Dongen n’avait pas besoin de bien percevoir les couleurs car dans leur mise en scène du pouvoir et de l'argent, ses portraits mondains laissent voir l'acuité, et parfois même la cruauté de son regard de moraliste. Ses mêmes portraits influencèrent l’expressionnisme allemand. 
Au Havre Georges Braque rencontre Othon Friesz et Raoul Dufy à l'école des beaux-arts de la ville, Durant l'hiver 1905-1906, et sous l'influence du travail d'Henri Matisse, il commence à peindre à la manière des fauves, en structurant par des tons vifs une thématique encore impressionniste : Paysage à l'Estaque (1906). 
L'année 1907 est capitale pour Braque. Il découvre Cézanne, dont la rétrospective des œuvres a lieu au Salon d'automne, Picasso, et les arts primitifs. L’aventure cubiste commence…

Georges Henri Rouault est un cas spécial. Né à Paris, dans un milieu modeste, il entre en apprentissage dès l'âge de 14 ans chez un maître verrier, puis étudie la peinture auprès de Gustave Moreau. En 1905, il expose avec les Fauves au salon des Indépendants, tout en n’adhérant pas au mouvement. 
Les thèmes qu'il choisit, la passion du Christ, juges corrompus ou prostituées, portraits de rois ou de clowns tristes, se rattachent à son profond spiritualisme. Rouault est la figure majeure de l’art chrétien au 20ème siècle.
Georges Rouault est resté, sa vie durant, un solitaire : « On naît et on meurt solitaire sans l’avoir voulu ni cherché » et un indépendant, suivant comme une ascèse le chemin qu’il s’était fixé : poursuivre sa grande quête artistique en retrait des modes et des gesticulations du monde. En cela, son attitude est une leçon de vie et confère une dimension morale et métaphysique à la figure du créateur.

« S’il y avait eu de beaux vitraux, comme autrefois au Moyen Âge, je ne serais peut-être pas devenu peintre ». Georges Henri Rouault. 
Seul Kees Van Dongen était daltonien parmi les peintres Fauves.