Domenikos Theotokópoulos dit Le Gréco.


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Analyse : Vue de Tolède (1599).







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Domenikos Theotokópoulos dit Le Gréco. (1541 - 1614).

C’est l’un des plus grands représentant du maniérisme. 
Bien qu’il soit d’origine grecque et né à Candie en Crète, la peinture espagnole lui doit sa renommée mondiale.
Il existe peu d’informations sur son enfance et sa formation avant son départ pour l’Italie. Il a certainement puisé ses premières inspirations en Grèce dans l’atelier d’un peintre d’icônes. Les peintres d'icône avaient pour but d'incarner le monde de l'esprit dans leur art, et cette approche sera celle du Greco dans toute sa carrière.
Il séjourne à Rome de 1570 à 1572. 

Il entretien à cette époque des liens étroits avec le clergé espagnol et pour cette raison il part pour Tolède où il reçoit des commandes de l’église, il reste à Tolède jusqu’à la fin de sa vie. Philippe II est le premier à lui confier l’exécution d’un retable.
La vivacité des couleurs inhabituelle à l’époque font que les travaux du Gréco vont se heurter à la critique et au refus. 

On sait que le peintre était un humaniste et possédait une importante bibliothèque pour l’époque. Son œuvre est marquée par les idées de la contre réforme et par les doctrines des mystiques espagnols que lui transmettent ses amis Luis de Góngora y Argote et Hortensio y Arteaga. 
Les toiles les plus anciennes du Gréco, même si leur attribution est sujette à discussions témoignent de l’influence byzantine de sa première formation en Grèce (L’Adoration des Bergers 1567) surtout elles rappellent les peintures des Madonneri dont les images de saints étaient très appréciées en Grèce.

Chez le Greco, tout groupe s'agence autour d'un foyer central. 
Dans les différentes versions de L'Adoration des bergers, une seule source lumineuse, l' Enfant Jésus, donne lueur aux visages alentour, et plongent les dos dans l'ombre. 

Vers 1570 il peint plusieurs versions de Saint François Stigmatisé dans lesquelles apparaissent déjà les éléments caractéristiques du Gréco : 
des contours indistincts, l’expression passionnée des gestes et des visages. Fin 1570 Le Gréco reçoit ses premières grandes commandes en Espagne : le maître-autel du couvent San Domingo el Antiguo à Tolède (1577). 

Les personnages des tableaux sont empreints de l’aspect monumental des modèles italiens. L’œuvre principale de ses premières années à Tolède est L’Espolio, Le Christ Dépouillé De Ses Vêtements (1577-1579). Il s’agit d’une composition de masse.
Le Gréco développe une conception spatiale nouvelle et très caractéristique, complètement différente de l’univers de la perspective telle que l’avait conçue la Renaissance. La perspective est remplacée par une organisation symbolique des éléments picturaux simplement en surface. 

Les plans sont nettement divisés par un schéma d'aspect plutôt géométrique. Que ses peintures aient pour décor une église ou un paysage, le Greco néglige la profondeur de champ, préférant suggérer un parcours vertical. De la terre vers le ciel. Un trajet d'autant plus obligé qu'ici-bas rien n'est stable : les collines semblent des mers houleuses et les rochers basculent comme des plaques tectoniques.

Dans sa toile la plus célèbre (L’Enterrement Du Comte D’Orgaz) vers 1586, on voit représenté la légende de l’apparition de saint Auguste et de saint Etienne lors de l’enterrement du comte en 1323. Ceux-ci ensevelissent le comte et derrière eux de nombreux hommes vêtus de noirs sont des personnages reconnaissables ; au dessus d’eux s’ouvre le ciel avec les saints le Christ, Marie et saint Jean-Baptiste attendant l’âme du comte que leur apporte un ange sous forme d’enfant. 
Dans le ciel, entre les créatures célestes flottantes, on distingue un vide en forme d'entonnoir, seuil entre la vie et la mort, entre la matière et l'esprit.
La lumière colorée met en évidence les figures participant au moment du passage entre la vie terrestre et l'immatériel. C'est une peinture empreinte d'une forte spiritualité que tous les moyens techniques doivent servir. On ressent ici clairement une atmosphère mystique, proche de celle présente dans les écrits des saints.

A partir de 1590 l’œuvre du Gréco connaît une phase de transformation dont le thème principal est la Passion du Christ. Les compositions de masse disparaissent au profit d’images de dévotion plus petites qui représentent l’être humain en souffrance. 
Le langage gestuel est comme sujet à l’extase et les visages des personnages s’allongent à l’extrême. 
Le Greco allonge certes petit à petit les corps, mais surtout les dématérialise, pour ne plus finalement les signaler que par des costumes, le caractère humain des personnages s'estompe, leur poids comme les traits de leur visage. 

Entre le matériel et l'immatériel, le feu éclaire et consume.
L’expression spirituelle des saints est soulignée par des couleurs sombres.
Vers 1600 une nouvelle période débute, les couleurs sont à nouveau plus lumineuses, l’éventail des thèmes est plus large. 
Des épisodes heureux, illustrant le rachat du genre humain par le Christ deviennent ses sujets favoris. 
Pourtant l’agencement pictural tout en surface demeure et les personnages sont souvent vus d’en dessous. C’est de cette époque que date la vue de Tolède vers 1599 qui représente la ville dans une étrange atmosphère d’orage pleine de mystère.
Le Gréco compose ses toiles à partir de petits volumes cubiques qui préfigurent un peu l’art de Paul Cézanne. Son coup de pinceau est très sur. 
A partir de 1607 les compositions à plusieurs personnages réapparaissent, les toiles redeviennent plus sombres. 
Les dernières ouvres semblent témoigner d'une volonté de l'artiste d'aller vers une plus grande simplification, au service d'une exaltation quasi mystique. La figuration est abrégée, voire réduite à l'essentiel nécessaire à l'identification. L'espace, géométrique, morcelé, ainsi que les figures, sont traités de manière globale. Les lumières paraissent presque irréelles.