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Pablo Picasso.  Guernica et la Couleur. 

 Cubisme




 

Le lundi 26 avril 1937, 43 appareils de la légion Condor larguent une charge totale 
de 50 tonnes de bombes sur la petite ville basque de Guernica. 

Le lundi est jour de marché à Guernica, les habitants des alentours sont venus nombreux. 

Ce bombardement fait plus de 1 500 victimes et provoque une énorme émotion dans l'opinion internationale, 
ce dont témoigne le tableau de Picasso (Guernica), il galvanise la résistance du peuple basque et il faut deux mois aux franquistes pour franchir la trentaine de kilomètres qui séparent Guernica de Bilbao, 
la capitale, qui tombe le 19 juin 1937.

Guernica, petit village sans importance, ne peut en aucun cas constituer un objectif militaire. A part des civils et des animaux, car c’est jour de marché, il n’y a rien de dangereux à Guernica. 

Il s’agit simplement, pour l’aviation allemande d’un exercice grandeur nature.




L’huile sur toile de Pablo Picasso (351 × 782 cm) répond à une commande du gouvernement républicain espagnol pour l’ Exposition Internationale des arts et techniques qui a lieu à Paris en 1937. 

Le peintre livre une peinture violemment engagée dont chaque détail de la composition a été patiemment élaboré, comme en témoignent les photos prises des 7 versions successives de la toile par sa compagne 
Dora Maar (1907 - 1997), ou la centaine d’études réalisées avant et durant son exécution.

Photos de Dora Maar retraçant l’évolution de Guernica. 

Guernica est une des œuvres les plus célèbres du peintre espagnol Pablo Picasso, 
et un des tableaux les plus connus au monde.

La composition en triangles rappelle celle des frontons des temples grecs ou des tympans romans, 
elle donne à l’œuvre sa dimension tragique. 

C’est une allégorie de la haine que compose Picasso, un monument aux morts tout en noir et blanc puisque, après avoir hésité à laisser dans la toile une larme découpée dans du papier rouge, 
il en fait l’économie pour seulement conserver les couleurs noires et blanches, les mêmes que celles, impressionnantes, des photos de presse de la ville en flammes, notamment publiées dans Ce soir, 
le journal dirigé par Aragon. 

Mais Guernica comporte aussi un dégradé de gris. Le noir, le blanc, les gris sont les uniques couleurs. 

Ceci semble logique et réaliste puisque la toile, composée comme une fresque, représente la ville après le bombardement et à ce moment l’immense quantité de poussière soulevée ne laisse apparaître que ces 3 couleurs. Même le rouge disparaît, ce qui explique la disparition de la larme découpée dans du papier rouge. 

Les sujets représentés, le cheval, le taureau, l’oiseau, le soleil, la porteuse de lumière, ont une fonction symbolique dont le sens, s’il n’est pas défini, donne toutefois à la toile son caractère universel et intemporel. C’est d’ailleurs ce souci de dépasser l’événement historique proprement dit que souligne en creux l’absence de date d’exécution et de signature de Picasso, 
pourtant systématiquement apposées sur l’ensemble de sa production.

Engagé, le peintre l’est à double titre dans sa toile, car la riposte militante s’accompagne d’un témoignage personnel qui a lui aussi valeur d’engagement : sa vie sentimentale est en effet évoquée par l’irruption de ses compagnes Marie-Thérèse Walter et Dora Maar, la femme en pleurs, dans la toile. 

Par la volonté du peintre s’interpénètrent l’histoire intime et l’histoire tout court.

Exposée au musée d’Art moderne de New York pendant la période franquiste, 
l’œuvre est aujourd’hui visible à Madrid au Musée Reina Sofía depuis 1981.

La figure centrale du tableau est un cheval ou une jument, qui hurle, horrifié, et dont le corps, recouvert de traits verticaux, comme des pointillés formant des lignes horizontales, 
est transpercé par une lance dans le dos.

À gauche, une femme porte son enfant mort et crie de douleur. Derrière elle, se dresse un taureau. 
En bas, à gauche, un homme allongé avec les bras en croix tient une épée brisée. Seule minuscule trace d'espoir, on distingue une petite fleur presque effacée entre les jambes du cheval et l'épée cassée.

À droite du tableau, trois femmes désarticulées pleurent ou hurlent. L'une d'entre elles tend une lampe à huile vers le centre du tableau. A l’arrière plan, des formes géométriques évoquent des immeubles incendiés, 
les flammes étant représentées par des triangles clairs.

L'expression corporelle du personnage le plus à droite, aux attributs féminins (cheveux longs, seins, robe) et qui lève les bras au ciel, a été comparée à celle du fusillé du Tres de Mayo de Francisco de Goya. L’Attitude générale du 3 de Mayo se retrouve aussi dans une toile postérieure de Picasso 
sur les massacres de la guerre de Corée. 

La composition de la toile s’inspire de l’illustration de l’épisode du nouveau testament 
dit du Massacre des Innocents. 

Selon l'Évangile de saint Matthieu, II, 16, Hérode Ier le Grand essaye de tuer l'enfant Jésus 
en massacrant tous les enfants mâles dans la région de Bethléem, l'expression « massacre des Innocents » désigne cet épisode.

Cette scène est très représentée dans l’histoire de l’Art, on peut citer les toiles de Léon Cogniet 1824, de Bruegel l'Ancien 1566-1567, mais la toile de Picasso s’inspire surtout des toiles 
de Guido Reni et de Nicolas Poussin. 

Les bras levés de la femme en flammes et la mère à l'enfant mort, dans Guernica, sont des reflets des personnages du tableau de Poussin ; on peut en effet comparer ces personnages avec la mère agenouillée au premier plan et celle habillée en bleu à l’arrière plan, à droite.

Le personnage féminin en bas à droite, qui traîne sa jambe coupée, a également été comparé à la mère du premier plan du Massacre des innocents de Poussin.

Le personnage de la mère à l'enfant mort, à gauche dans le tableau de Picasso, a également souvent été comparé à la Pietà de Michel-Ange. 

Lorsque Daniel-Henry Kahnweiler demande à Picasso de clarifier le sens du taureau, il lui répond :

« Ce taureau est un taureau, ce cheval est un cheval. Il y a aussi une sorte d'oiseau, un poulet ou pigeon, je ne me souviens plus, sur la table. Ce poulet est un poulet. Bien sûr, les symboles... 
Mais il ne faut pas que le peintre les crée ces symboles, sans cela il vaudrait mieux écrire 
carrément ce que l'on veut dire, au lieu de le peindre. 
Il faut que le public, les spectateurs, voient dans le cheval, dans le taureau, les symboles qu'ils interprètent comme ils l’entendent. Il y a des animaux : ce sont des animaux, des animaux massacrés. »

De nombreux artistes ont repris la fresque Guernica de Picasso pour y rajouter de la couleur. 

On peut en trouver d’innombrables exemples sur le Web. 

Les œuvres sont plus ou moins heureuses, certaines tentatives sont même assez fantaisistes. 
Les œuvres qui gardent de la cohérence dans les tons sont les plus intéressantes. 

Surtout les œuvres qui ajoutent à des nuances grises des couleurs peu contrastées. 

Ceci montre que le choix de l’artiste est le bon. Le noir, le blanc et les divers tons de gris suffisent pour exprimer la souffrance et la douleur de la guerre. 

 


« La peinture n'est pas faite pour décorer les appartements, 
c'est un instrument de guerre offensif et défensif contre l'ennemi. »

Pablo Picasso. 


Vidéo : Guernica 3D.

 


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