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 Histoire de La Peinture de Genre. Histoire des Scènes de Genre en Peinture.







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Histoire de La Peinture de Genre. Histoire des Scènes de Genre en Peinture.

La Peinture de genre est un type de peinture qui désigne jusqu'au 18ème siècle tout ce qui n'est pas peinture religieuse ou peinture d'histoire. En particulier, les scènes quotidiennes. Les toiles ont pour motif des sujets tels que la vie familiale, les sports et les loisirs, la chasse ou la pêche, les scènes de rue, les repas, les fêtes, les mariages et les scènes de taverne. 

A l’origine de l’art pictural et des arts plastiques il y a l’art paléolithique qui s'étend sur les 2/3 au moins de l'histoire connue de l'art, soit 25 millénaires, et sur une grande partie de la surface du monde. Les premières scènes de genre de l’humanité représentent des animaux et, bien que parfois des flèches apparaissent, ce ne sont pas toujours des scènes de chasse. Au début du 20ème siècle, on a appliqué à l'art paléolithique la théorie fonctionnelle de la magie, selon laquelle 
on dessinait les animaux pour avoir prise sur eux. Chaque aspect de l'art paléolithique est expliqué par le rituel. Selon une autre théorie répandue, celle de la « magie de la chasse », les animaux seraient représentés pour accroître le gibier. Dans la grotte Chauvet en Ardèche on peut dénombrer près de 350 figures 
d'animaux. Les rhinocéros sont les plus nombreux, les lions sont également présents, de même que les mammouths, les chevaux, les bisons, les ours, les rennes, les aurochs, les bouquetins et quelques cerfs mégacéros.
De même la grotte de Lascaux en Dordogne, renferme d'inestimables témoignages 
de l'art paléolithique. Les quelque 1 500 gravures et 600 dessins, peints en jaune, rouge et noir, qu'elle abrite représentent de nombreux animaux, notamment des taureaux, des chevaux et des cerfs. Les peintures furent réalisées vers la fin du solutréen et le début du magdalénien, c'est-à-dire aux environs de 15 000 av. J.-C.
Les parois de la grotte d'Altamira en Espagne sont ornées de bisons, biches et sangliers peints en rouge ou en noir. Le tracé, l'absence de perspective et la disposition des animaux sont caractéristiques de l'art pariétal préhistorique périgordo-cantabrique, dont Altamira constitue l'un des joyaux. Dans la grotte de Niaux en Ariège les bisons sont là aussi majoritaires, de là à penser qu’ils étaient chassés et constituaient l’essentiel du régime alimentaire de l’époque il n’y a qu’un pas que bien sur nous ne franchirons pas. 
On peut considérer les scènes de la vie quotidienne peintes sur les murs des 
tombeaux égyptiens comme les véritables ancêtres de la peinture de genre.
Comme après la mort, le défunt, en Égypte, continue à vivre dans l'au delà et est considéré comme bien vivant on le représente à ses occupations quotidiennes, en famille ou travaillant aux champs. On sait aujourd’hui beaucoup de chose sur le mode de vie de l’Égypte ancienne et on le doit aux fresques qui ornent les tombes et qui représentent, toujours en 2 D et de profil, l’agriculture, et même les vendanges, dans l’Égypte au temps des Pharaons. 
C'est sur les poteries que l'on retrouve des scènes de genre qui nous renseignent sur le mode de vie de la Grèce Antique. Les fresques qui ornent les tombes étrusques nous décrivent cette civilisation qui née et se développe au cours du Ier millénaire av. 
J.-C. Par exemple la tombe des Léopards à Tarquinia. Situé sur un éperon dans la vallée de la Marta, ce centre important de la civilisation étrusque contient de vastes nécropoles aux sépultures variées. Les chambres funéraires souterraines sont ornées de peintures de haute qualité qui présentent une évolution de l'art pictural étrusque du 6ème siècle av. J.-C. au 4ème siècle av. J.-C. 
C’est à cause de l’éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C. que nous avons une bonne connaissance de la peinture murale romaine. Pompéi, Herculanum, Stabies, Oplontis, ont conservé un trésor de fresques, regroupées en quatre styles, dont la classification a été étendue à l’ensemble de la peinture romaine.
Les fresques de Pompéi nous montrent les romain dans leur vie quotidienne même si comme à Herculanum les motifs sont parfois galants ou même érotiques. 

À la fin du Moyen Âge, la peinture de genre apparaît dans les calendriers religieux dont les illustrations, qui représentent les occupations saisonnières, sont incluses dans les manuscrits enluminés. Le Moyen Âge s’étend de 476, date de la chute de l’Empire romain d’Occident, à l’année 1492, marquée par la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Lorsque les moines se représentent eux-mêmes dans le scriptorium (salle du monastère où ils recopient les textes ) il s’agit bien ici de scène de genre. Il existe à la fin du Moyen Âge une culture morbide, une recrudescence des pratiques hérétiques et une contestation très forte de l’Église catholique. La Danse de La Mort est une allégorie qui ne peut être classée dans la peinture religieuse. Commandées par le duc de Berry, les enluminures des Très Riches Heures, réalisées par les frères de Limbourg entre 1413 et 1416, sont une source iconographique de choix sur la vie des campagnes médiévales. 
Au Moyen Âge toutes les scènes, non religieuses, qui traitent des musiciens ou des baladins sont des scènes de genre. 

En Italie, au début de la Renaissance, les peintres florentins, Ghirlandaio et Benozzo Gozzoli, et plus tard les Vénitiens Giorgione et Bassano, introduisent dans leurs tableaux religieux ou historiques des détails de l'époque (environnement, costumes, personnages) qui les rapprochèrent de la peinture de genre. D'une autre manière,
les scènes religieuses du Flamand Petrus Christus ont un caractère presque quotidien qui les rend également proches de la peinture de genre. 
16ème et 17ème siècles sont l’âge d’or de la scène de genre, en particulier chez les Flamands et les Hollandais. La peinture de genre prend véritablement son essor à cette époque. Déjà présente chez Pieter Bruegel l'Ancien et Pieter Aertsen, elle s'épanouit chez Jan Steen, David Teniers et Adriaen Brouwer. La vie quotidienne d'un pays n'avait jamais été aussi complètement dépeinte dans ses moindres détails que celle de la Hollande à cette période. Les grands maîtres, mais aussi les artistes les plus anodins, excellent dans cet art. Parmi les peintres de genre hollandais, communément appelés petits maîtres, on peut citer Gerard Terborch, Gabriel Metsu, Pieter de Hooch, Gérard Dou, Adriaen Van Ostade et Frans Hals à ses débuts. La peinture de genre chez Vermeer se caractérise par une réduction des éléments narratifs et une description très nette qui semble placer les objets au même plan que les personnages dans une vibrante vitalité. À la même époque, les peintres, italiens ou installés en Italie, héritiers du Caravage, traitent la peinture de genre de manière plus réaliste comme Bamboccio, dont les œuvres sont célèbres pour leur pittoresque. En France, chez Louis Le Nain, les sujets prennent l'allure de représentations solennelles, touchantes et d'une poésie mystérieuse. 
Les peintres baroques (1590-1790) surtout Murillo mais aussi Diego Vélasquez en Espagne deviennent témoins de leur temps, leur toiles sont pareilles à des clichés de journalistes. La peinture de genre, au départ genre mineur face à la peinture religieuse et la peinture d’histoire va devenir incontournable et surtout éclipser totalement ces 2 autres genres au point que tous les mouvements vont la pratiquer. 
Lorsque la peinture de genre devient galante et frivole on parle de Roccoco. 
Surtout en France et en Angleterre. Les toiles sont des tableaux d'alcôve où la sensualité possède l'insolence du naturel. Lorsque la scène de genre est dramatique elle devient romantisme, si il existe une pointe d’humour ou d’ironie elle devient caricature. La peinture de genre, auparavant genre mineur, engendre des sous-genres et parfois même des mouvements picturaux comme le Réalisme qui porte la scène de genre à son paroxysme. Car à l’époque de l'industrialisation naissante montrer des Glaneuses cassées en deux par l'effort pour quelques épis de blé peut être interprété comme une critique des conditions sociales. Mais les œuvres de l'artiste comme celles de Julien Dupré. (1851 - 1910), ne sont en fait qu'un témoignage, sans idéalisation ni effet de mise en scène. Par contre Vincent Van Gogh qui ne manque pas de générosité se présente à ses débuts comme peintre social et le peintre des pauvres gens. Sombres et presque monochromes, ces œuvres expriment avec rudesse la pauvreté et la misère de ces gens auxquels Van Gogh s’attache avec ferveur et exaltation. La toile emblématique de cette époque reste les Mangeurs de Pommes de terre. 1885. L’œuvre de Van Gogh va donner naissance à l’expressionnisme dont les peintres vont dénoncer la misère et l’absence d’égalité entre les hommes comme Heinrich Rudolf Zille , Käte Kollwitz, Ernst Ludwig Kirchner ou Georges Grosz. Les plus célèbres toiles des maîtres de l’impressionnisme sont des scènes de genre. La totalité des oeuvres de Toulouse Lautrec, hormis les portraits, sont des scènes de genre. Durant tout le 19ème siècle, la peinture de genre reste très en vogue, elle témoigne cependant parfois d'un certain académisme. On peut citer Jean Léon Gérôme et Jean Meissonier, pour la France, Thomas Hart Benton pour les États-Unis. Au 20ème siècle la peinture de genre devient critique sociale avec l’expressionnisme allemand. Les peintres dénoncent la société et ses vices. Les peintres surréalistes ne sont pas en reste avec leurs visions oniriques souvent morbides mais aussi ironiques. 

Aujourd’hui la scène de genre est toujours là, avec nous. Il y aura toujours un peintre ou un photographe pour représenter ses contemporains. Et surtout il y aura toujours un dessinateur pour illustrer sur papier ou sur écran les articles écrits et se moquer de l’actualité sans savoir si l’actualité et le dessin, dans l’avenir, restera caricature ou deviendra peinture d’histoire. Mais qu’importe puisque la peinture de genre à ce niveau là nous fait souvent sourire et même rire !