Jean Auguste Dominique Ingres. (1780 – 1867). 


   
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Les Peintres








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Jean Auguste Dominique Ingres. (1780 – 1867).

Peintre et dessinateur néo-classique né à Montauban, Ingres est tout d’abord formé par son père sculpteur et peintre qui lui apprend le dessin et le violon. C’est un enfant précoce et doué, dés l’âge de 11 ans il étudie aux Beaux Arts de Toulouse avant d’entrer en 1797 à l’atelier de Jacques Louis David à Paris. En 1801 il remporte le premier Grand Prix de Rome avec Les Ambassadeurs d’Agamemnon sous la Tente d’Achille. Ingres étudie les enluminures médiévales afin d’améliorer sa technique au dessin. Les portraits qu’il réalise à cette époque, Autoportrait (1804) et Le Portrait de L’Empereur (1806) lui valent une réputation de peintre néo-gothique maniériste. Progressivement il se libère du style de David en étudiant la peinture médiévale. Il cherche à combiner la forme idéale et le naturel. Il parvient à résoudre ce conflit lors de son séjour à Rome à partir de 1806. Sous l’influence de Raphaël il prend conscience qu’il doit être en premier lieu fidèle au modèle avant de rechercher un idéal de beauté. Les portraits de cette période, Monsieur Marcotte d’Argenteuil (1810), lui donnent la réputation d’être le meilleur dessinateur de l’école française. Dans ses dessins Ingres se contente de tracer fermement les contours avec un minimum de zones ombrées et, en général, il n’y a pas d’arrière plan. Ses dons pour le dessin sont prodigieux. 
La toile Œdipe Explique l'énigme du Sphinx, (1808) inspirée d'un sujet mythologique, représente Œdipe face au Sphinx devant Thèbes et donne l'occasion au peintre de traiter un nu dans la tradition de l'art classique. La figure d'Œdipe, lisse et d'une perfection presque irréelle, est caractéristique de la manière développée par Ingres dans ses toiles. L’influence de Raphaël apparaît également dans ses nombreux portraits à la mine de plomb. De cette période romaine date Jupiter et Thétis (1811), toile très mal reçue par le public de l’époque mais déjà caractéristique de son style, et la Grande Odalisque (1814), ce nu orientaliste est une commande de la reine de Naples. Allongée sur un lit, l'odalisque est une esclave au service des femmes du sultan. Le tableau provoque un scandale non à cause de la nudité de la femme mais le dos de l’esclave est anormalement allongé, en fait sa colonne vertébrale possède 3 vertèbres de trop. Plus tard, Ingres peint également une Odalisque à l'esclave. 
La position est inversée et les problèmes d’anatomie ne se posent pas. 
Les portraits de cette époque sont souvent des commandes, les sujets sont mythologiques, historiques et parfois aussi anecdotiques. Ils témoignent d’une grande fidélité par rapport aux faits comme Virgile Lisant l’Enéide Devant Auguste (1812) ou Le Pape Pie VII Assistant à une Messe à la Chapelle Sixtine (1814). Ingres séjourne 4 ans à Florence et regagne la France où sa toile Le Vœu de Louis XIII (1824) obtient un magnifique succès. 
Durant 10 ans il forme dans son atelier parisien de nombreux peintres notamment Théodore Chassériau et Hippolyte Flandrin.
Il persévère dans sa voie héritée de la tradition de Dürer, Holbein et de Raphaël, son classicisme s’oppose au courant romantique représenté par Delacroix et Géricault. Les œuvres de David lui paraissent artificielles et surtout dénuées de naturel. Ingres devient membre de l’institut en 1825 et professeur aux Beaux Arts de Paris en 1829 (puis directeur en 1853). En 1827 pour décorer le plafond de la salle Clarac du Musée du Louvre il réalise l’Apothéose d’Homère. Entre 1835 et 1841 il séjourne à Rome en tant que directeur de la Villa Médicis. Durant 7 ans il étudie encore l’œuvre de Raphaël et devient passionné de peinture des vases antiques. Son style devient plus objectif et sec, les couleurs sont plus froides : Antiochos et Stratonice (1840). A son retour en France il réalise la fresque de L’Âge d’Or (1843-1847) pour le château de Dampierre à la demande du Duc de Luynes. Le travail reste inachevé car les nus d’Ingres choquent la pruderie de ses contemporains. 
Le nu a toujours possédé une grande importance pour cet artiste qui recherche la perfection. Ingres ne s’attache pas à l’aspect organique et fonctionnel des corps qu’il peint mais plutôt à la représentation de valeurs spirituelles : Le Bain Turc (1862) cette toile est réalisée alors que le peintre a 82 ans... 
Ingres est promu commandeur de la Légion d'honneur en 1845. Lors de l'Exposition universelle de 1855, il se voit décerner une médaille d'or. Outre ses nombreuses peintures décoratives, ou encore ses cartons de vitraux pour la chapelle royale de Dreux, les portraits d'Ingres marquent l'évolution du genre. Ses qualités de dessinateur son acuité psychologique et la précision du trait en font en effet un portraitiste de grand talent. Les multiples Portraits de la Famille Rivière (1805 - 1806), Mr. Bertin (1832), Mme Moitessier (1851), la Comtesse d’Haussonville (1845), la Princesse de Broglie (1853) témoignent de ses aptitudes à représenter avec une grande minutie la physionomie humaine.
À sa mort en 1867, il lègue la majeure partie de son œuvre à la ville de Montauban qui crée le Musée Ingres. 
Considéré comme un peintre classique, Ingres est plus difficile à cataloguer que ne l’ont considéré ses contemporains. Il est en réalité l’initiateur d’un courant artistique que l’on nomme après lui l’ingrisme. De nombreux artistes, dans la seconde moitié du 19ème siècle, parmi lesquels Edgar Degas, Pierre-Auguste Renoir, dont on connaît la période ingresque ou sèche de 1883 à 1890 : Les Grandes Baigneuses (1887), puis Henri Matisse et Pablo Picasso au 20ème siècle, se sont inspirés de son œuvre.