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Jérôme Bosch. (1450-1516). Le Jardin des Délices, (1480-1490). Triptyque.  






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Voir Aussi : Bosch Code. Jérôme Bosch, étude du langage pictural.


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Jérôme Bosch. (1450-1516). Le Jardin des Délices, (1480-1490). Triptyque. 

Fermé : 1,94 m x 1,95 m. Ouvert : 4,14 m x 1,95 m. Panneau central : 2,20 x 1,95 m. Volets latéraux : 97 cm x 1,95m. 
Jheronymus van Aken, surnomé Hieronymus Bosch (Jérôme Bosch), est issu d’une famille originaire de Nimègue, installée à Bois-le-Duc (en néerlandais, s’ertogenbosch) : son père, Anthonius van Aken, était peintre, comme grand-père, Jan van Aken.
Jérôme Bosch, son patronyme, vient donc du nom de sa ville natale. Il, épouse en 1478, Aleit Vanden Mervenne, une riche aristocrate et devient membre de la confrérie de Notre-Dame, association religieuse et caritative vouée à la vénération de la Vierge, il acquiert ainsi ses entrées parmi les notables de Bois-le-Duc et voit les commandes affluer. Sa renommée auprès des cours d’Europe est immédiate. Tout d’abord auprès de l’empereur Maximilien Ier, puis ses enfants Philippe le Beau et Marguerite d’Autriche, ou encore Henri de Nassau, qui sont ses plus illustres commanditaires. Le titre de l’œuvre Le Jardin des délices est le titre actuel, le titre original a été perdu. Aucune toile du peintre n’est datée. On a longtemps cru que ce triptyque était une toile de maturité (après 1500) mais en fait la datation fondée sur l’étude des cernes concentriques annuels de croissance des arbres montre qu’ il s’agit d’une œuvre précoce (1480-90). 
Jérôme Bosch est le contemporain de Martin Luther, (1483-1546), au Pays Bas et en Allemagne les idées de la réforme font leur chemin. 
Triptyque fermé : 1,94 m x 1,95 m.
Il s’agit de la Création du Monde, la terre est une demi-sphère coiffée d’un globe oculaire. La vie semble venir du ciel où les éléments sont déchainés. Sur le panneau gauche la construction semble en cours, le panneau droit montre un monde déjà achevé. En haut à gauche, un personnage est assis dans une trouée de nuage, il tient un livre. C’est le créateur. 2 phrases sont inscrites en lettres gothiques dorées en haut de chaque panneau. Le volet gauche porte les inscriptions Ipse dixit et facta sunt, et le volet droit Ipse mandavit et creata sunt. Ces vers proviennent des psaumes d’Isaïe: « Lui parle, ceci est. Lui commande, ceci existe », ce qui renvoi à la Genèse : « Dieu dit : Que la lumière soit! Et la lumière fut » (Genèse 1-3).
On interprète le moment comme le 3eme jour de la Création, lorsqu’une « buée fertile » féconde le monde minéral et permet l’émergence des premiers végétaux. 
Ou aussi le moment où les eaux du déluge sont en train de se retirer. Le rayon de lumière est l'arc-en-ciel symbolisant la nouvelle alliance entre Dieu et les hommes, la promesse que le Déluge n'aura plus lieu.
Triptyque ouvert : 4,14 m x 1,95 m.
On connait de Jérôme Bosch d’autres triptyques. Le Triptyque du Chariot de Foin (1500-02), 2 Triptyques du Jugement Dernier (1504 – 1508) et un diptyque : l’Enfer et le Paradis (1510).Dans chaque œuvre Il y a une chronologie et un sens de lecture,
il n’existe pas d’unité de temps et d’espace comme par exemple dans le triptyque de Rubens l’Érection de Croix (clic pour voir l’analyse) où l’action se situe au même endroit et au même moment. Chez Bosch le passé est à gauche le présent au centre et le futur à droite. Le thème du triptyque est le Salut (ou la damnation), les préoccupations sont morales, spirituelles et religieuses mais la manière du peintre renvoie au fantastique si bien que son œuvre ferra le régal des peintres surréalistes.
L’iconographie de l’époque renvoie aux monstres, aux animaux démesurés et à des scènes cauchemardesque et ce à des fins d’avertissement. La grande ironie c’est que ce que Bosch décrit pour le dénoncer serra utilisé pour être sublimé par d’autres peintres 4 siècles plus tard. Les 3 panneaux possèdent un sens vus ensembles mais aussi un sens vus séparément. Donc chaque panneau gauche, centre et droit est analysé. 
Le point de vue est le même pour chaque panneau. La ligne d’horizon se situe au même endroit. 

Triptyque ouvert la règle des tiers divise l’œuvre en 9 scènes différentes, en réalité on en compte bien plus. Prés des points naturels d’intérêt se trouvent les deux tours en haut du panneau central qui reflètent l’harmonie, la culture, et l’équilibre. Les points naturels d’intérêt du bas sont situés sur des scènes qui évoquent les plaisirs charnels, les symboles sont essentiellement sexuels. Sur le panneau central le haut évoque l’esprit le bas la chair. 
La lecture de l’œuvre doit se faire de gauche à droite. Dans le passé le Paradis, dans le présent le monde et la vie actuelle, dans le futur l’enfer. Sur chaque panneau l’action se déroule au bord de divers plan d’eau, fontaines de jouvence, rivière ou bassin des plaisirs et fleuve de l’enfer. L’eau source de vie est aussi source des pulsions et des perversions. 
Les 3 panneaux sont construits sur les diagonales ascendantes. Sur chaque panneau des lignes directrices séparent les différentes scènes les unes des autres. 
Il s’agit ici, au paradis, du moment où le créateur présente Eve à Adam. 
Au premier plan du panneau central une foule de personnages dénudés, dans des postures osées, évoquant une sexualité effrénée, renvoie directement au chaos de l’enfer. 
L’architecture des tours à l’arrière plan évoque l’harmonie du paradis. 
Voici au milieu des tortures la représentation symbolique des organes génitaux masculins. Le phallus est un couteau, les testicules des oreilles immenses. Ce genre de représentation se produit dans les rêves, l’inconscient associe souvent pénis et couteau. Cette association est violente car au sens propre un couteau ne sert pas toujours à faire du bien. Pour les testicules en forme d’oreille on se doute bien que quelqu’un écoute et l’on devine vite qui. 
Lumière : 
Les 3 panneaux sont éclairés par une lumière venant de gauche. 
Sur le panneau central et le panneau de droite, l’enfer, les différentes scènes sont éclairés sous des angles différents. 
Couleurs : Opposition entre couleurs froides et couleurs chaudes.
Harmonie et Contraste.
Le report des couleurs utilisées pour élaborer la toile sur le cercle chromatique indique une opposition entre couleurs froides et couleurs chaudes.. 
Toiles Similaires : 
Jérôme Bosch. Triptyque du Chariot de Foin. (1490).
Même ordre chronologique dans ce triptyque du Chariot de Foin, à gauche le paradis, l’arbre le serpent et la pomme, Adam et Eve chassé de l’Eden. Au centre la foule tumultueuse qui se dirige vers l’enfer, tout en essayant de tirer profit de la vie et où toutes les perversions et les principaux vices sont représentés. A droite les tortures et les tourments de l’enfer où l’homme est puni pour ses péchés par des créatures cagoulées et hybrides mi hommes, mi bêtes. 
Jérôme Bosch. Triptyque du Dernier Jugement. (1500). 
Dans ce triptyque sur le panneau gauche au premier plan Adam et Eve sont à genou devant le créateur, la scène centrale s’organise autour d’un bassin et à l’arrière plan se trouve une tour au centre et des anges dans le ciel. Sur le panneau central le créateur domine la scène en haut avec à ses cotés les anges et les saints, le panneau central est violent, proche de l’enfer les hommes sont enfermés dans des fûts avant d’être jugés. Dans l’enfer à droite les hommes qui ont fauté sont emmenés 
vers une tour dans un chaudron pour y être châtié. A l’arrière plan du paradis et du panneau central des étendues d’eau à l’arrière plan de l’enfer le feu. 

Jérôme Bosch. Triptyque du Dernier Jugement. (1504 - 08). 

Par rapport au premier triptyque du Dernier Jugement la palette du peintre est plus riche, plus claire, le contraste entre couleurs chaudes et froides est accentué. Le panneau gauche, le paradis, est vraiment différent. Le thème est le même que le panneau gauche du Chariot de Foin. Le créateur est présent au premier plan avec Adam et Eve et au milieu du ciel à l’arrière plan. Le panneau central et l’enfer sont encore plus violents, les humains sont très tourmentés, ils sont enfermés dans des cages, des fûts ou des chaudrons. Les tortures sont physiques et certaines images ou postures sont assez indécentes. 


Panneau de gauche : 97 cm x 1,95m. Le Paradis. 

Sur ce panneau, Bosch représente le Paradis où se tiennent le créateur, Ève et Adam. Au centre la fontaine de la Connaissance et l’arbre du Bien et du Mal annoncent la faute originelle. L’aspect de cet univers est relativement serein, les anomalies sont encore douces et l’équilibre semble régner, certains animaux ont un aspect étrange mais ils n'affectent pas le corps humain. On admet que ce panneau représente le moment où Dieu présente Ève, tirée du corps d'Adam endormi. Un arbre exotique, mi palmier, mi bananier se trouve à la gauche de la scène. De vastes étendues vierges de présence humaine, sont constituées de prairies et d'animaux fabuleux pour l’époque. (Éléphant, licorne, girafe, crocodile marchant debout). Des animaux difformes ou possédants des anomalies émergent des étendues d'eau. Au premier plan et au centre sur la droite. L’arrière plan est constitué d’oiseaux et d’édifices à l’architecture fantastique mais équilibrée et harmonieuse. On retrouvera des tours du même type sur le panneau central qui sont le rappel de celles-ci. Les couleurs chaudes dominent. La seule couleur froide, le bleu est réservé au ciel l’arrière plan et à l’eau. 

Le point de vue du spectateur se situe à peu près au centre au niveau de la fontaine.
Le ciel occupe une partie réduite en haut de la toile. 
Le groupe au premier plan est encadré par 2 points naturels d’intérêt. 
La fontaine de la connaissance est située sur le centre géographique du panneau. 
Les lignes de force horizontales délimitent à peu près l’espace pictural de chaque scène. 

L’œuvre est construite sur la diagonale ascendante. Des lignes délimitent les contours des différents plans successifs qui sont soit des paysages, soit des scènes avec des êtres humains ou des animaux. Une majorité de formes se dressent vers le ciel. 
Détails :
Au premier plan certains animaux sont reconnaissables, d’autres moins. Les oiseaux (paon, pies, etc.….) ne posent pas de problème, de même pour le chat tenant une souris. Dans et au bord du bassin les animaux semblent hybrides, un oiseau avec une tête de batracien, un poisson nageant sur le dos avec des nageoires qui pourraient devenir des ailes, une licorne immergée…Comme dans l’inconscient l’eau semble être source de pulsions et de diverses déformations que l’homme ne connaît que par les rêves. 

Au milieu du bassin central, sur un îlot, se dresse la fontaine de la connaissance. Sa forme est harmonieuse et d’une esthétique recherchée, elle est entourée d’oiseaux, symboles des idées. Sa couleur est la même que le vêtement du créateur au premier plan signe de sagesse et de vérité. 

A coté du bassin, sur la droite se trouve l’arbre de la tentation. Tout est en place, l’arbre, les pommes, le serpent. Divers animaux rampants sortent de l’eau et se dirigent sous l’arbre. Sombre présage. 

A l’arrière plan se trouvent de grandes tours peuplées d’oiseux au milieu des arbres. Il s’agit de l’allégorie du monde de l’esprit. Contrairement à tout ce qui se trouve sur le devant, elles sont aériennes et ont peu de rapport avec le monde matériel mais symbolisent le monde spirituel. 
Lumière : 
Les différentes scènes sont éclairées par une lumière qui vient de la gauche. 
Couleurs : 
Harmonie entre couleurs chaudes.
Harmonie et Contraste. Le report des couleurs utilisées pour élaborer la toile sur le cercle chromatique indique une harmonie entre couleurs chaudes.
Toiles Similaires : 
Jérôme Bosch. Triptyque du Chariot de Foin. (1490). Panneau gauche. 

Le panneau est plus sombre, au premier plan Adam et Ève sont chassés du paradis. 
Le créateur est au milieu du ciel parmi une nuée d’anges. A l’arrière plan.
La création d’Ève est en dessous. Au centre la scène de la tentation avec l’arbre la pomme et le serpent. Mis à part quelques oiseaux pas d’animaux fantastiques sur ce panneau. 
Jérôme Bosch. Triptyque du Dernier Jugement. (1500). Panneau gauche.
Au premier plan Adam et Ève sont unis par le créateur. 
A gauche ils semblent jouer au jeu de la tentation. Au milieu du bassin la fontaine de la connaissance est remplacée par une tente flottant sur une barque. Elle semble être un lieu de plaisir. A l’arrière plan une tour à l’architecture semblable à une cathédrale (les premières cathédrales ont été construites entre le 10ème et le 13ème siècle) est entourée de personnages semblant s’amuser et jouer. 
Jérôme Bosch. Triptyque du Dernier Jugement. (1504 - 08). Panneau gauche.

Sur ce panneau la chronologie se déroule de bas en haut dans une longue plaine bordée d’arbres. La création d’Ève est en bas au premier plan, la tentation est au milieu, Adam et Ève sont chassés du paradis un peu plus loin. Le créateur domine les scènes au milieu des nuages dans un halo de lumière. Les anges sont dessous. Ce panneau où la dominante est le vert est coloré de teintes bien plus claires. 
Panneau central : 2,20 x 1,95 m. Le Jardin des délices. 

Cet enchevêtrement de corps nus au bord de l’eau, les poses lascives des personnages, contiennent en germe bien des œuvres futures, les auteurs s’en sont certainement inspirés. Ingres avec son Bain Turc (1862), Renoir et Les Grandes Baigneuses (1887), ainsi que celles de Cézanne en 1900. Cette multitude de corps nus dans des poses obscène et sans aucune équivoque sème le trouble. Ce malaise est amplifié par la présence de fruits gigantesques (rappel de la pomme d’Ève) et une grande promiscuité avec des animaux de toute nature. Poissons, fruits de mer, cochons, ces animaux sont le symbole des pulsions humaines les plus bestiales. A aucun moment l’acte sexuel n’est représenté mais simplement suggéré. Certaines poses et attitudes, certains symboles ne laissent planer aucuns doutes. Il s’agit bien du jardin des plaisirs et des délices mais ne serait-il pas aussi le jardin de la damnation ? La chute de l’homme est un thème très en vogue à cette époque. Le bassin central peut être considéré comme un bassin de jouvence mais la ronde infernale qui se déroule à son pourtour, où des personnages nus chevauchent toute sorte d’animaux ressemble à un sabbat. Le seul signe d’harmonie se trouve à l’arrière plan où les 5 tours rappellent les tours du paradis. Les plaisirs représentés surtout au premier plan, évoquent une humanité dépourvue de conscience morale. La fontaine de Jouvence et l’œuf, symbole de l’enfance, suggèrent l’état originel, alors que le reste de la composition est consacré aux vices, annoncés par une armée d’hommes-poissons. Dans la partie médiane, des cavaliers accompagnés d’animaux (les vices) entourent un bassin (la lascivité) dans lequel se baignent des femmes blanches et noires (la tentation). Le registre inférieur représente le lac et le jardin de l’amour. Des couples s’y enlacent ou dévorent des fruits, symboles sexuels. La bulle de cristal craquelée et le papillon évoque l’inconstance, les coquilles de moules l’accouplement, l’adultère et homosexualité sont fortement suggérés, le hibou et le martin-pêcheur sont les symboles de la mort et du péché.
La ligne d’horion est haute, le point de vue du spectateur est un peu plus bas. Mais l’œil est tout de suite attiré vers le fourmillement et la frénésie du premier plan. 
Les lignes de force délimitent à peu près les différentes scènes. Prés des 2 points naturels d’intérêt supérieur la ronde macabre autour du bassin de jouvence. Prés des 2 points inférieurs des scènes de débauche et de luxure. 
Au premier plan on dénombre plus de 120 personnages différents sans compter les animaux. On peut parler d’une multitude. Une centaine dans la ronde et à l’intérieur du bassin au second plan. Une cinquantaine à l’arrière plan. Plus on s’éloigne de premier plan et moins les humains sont nombreux. Dans les airs il n’y a que des êtres hybrides, des oiseux et des anges. 
Le panneau est construit sur la diagonale ascendante. Il pourrait donc constituer une sorte l’apologie des plaisirs charnels. Le détail va révéler que ce n’est pas le cas. Et le 3eme panneau serra encore plus clair. Les lignes directrices délimitent l’espace pour les différentes scènes. Malgré le nombre très élevé de personnages et d’animaux l’œuvre reste lisible grâce à ses lignes qui séparent et clarifient l’action. Pourtant au premier plan un sentiment de chaos et de désordre domine car contrairement au second plan où la ronde est bien organisée, au premier plan les personnages sont disséminés dans tous les sens et de tous les cotés. Comme certains sont dans des positions scabreuses, la tête en bas ou sont entremêlés, la confusion règne et semble voulue par l’artiste. 
Il s’agit ici de l’évocation de la prostitution, l’endroit, la tente, est clos, en bas les hommes négocient avec le souteneur en haut les femmes sont à disposition. Il y a une file d’attente et certains personnages se trouvent dans des positions scabreuses. 
2 couples au moins sont en train de se délecter des fruits défendus. Ceci fait allusion à une sexualité de groupe. Au dessous l’image de l’oiseau dominant des bras tenant des fruits est une allusion claire au péché et à la mort.
Le couple dans la bulle évoque les relations physiques éphémères. A gauche avec une idylle entre homme et oiseau à droite avec des oiseaux sur les parties génitales il est question de bestialité et de relations avec les animaux. L’image du bas de l’homme avec le rat évoque la torture et déjà les tourments de l’enfer. 
Le groupe tenant une fraise géante est aussi un allusion à une sexualité de groupe encore plus élargie. Au loin un homme s’approche avidement d’une sirène, une biche vient lécher le dos d’un homme nu, humains et animaux veulent s’accoupler et fusionner. Nos instinct les plus bas ne sont-ils pas la preuve de notre bestialité ? 
Le panneau central est éclairé par une lumière venant de gauche.
Chaque scène est éclairée selon un angle différent.
Couleurs : Opposition entre couleurs froides et couleurs chaudes. Opposition entre couleurs complémentaires.
Toiles similaires : 
Jérôme Bosch. Triptyque du Chariot de Foin. (1490). Panneau central. 
Sur ce panneau l’humanité est en route vers l’enfer. Au premier plan à droite des hommes d’église festoient et vivent dans l’opulence, le vœu de pauvreté est oublié. 
Le chariot est trainé par des hommes poissons et des êtres hybrides maléfiques. 
Au dessus du foin l’humanité pactise avec les forces du mal au grand désespoir d’un ange qui regarde le créateur dont l’attitude semble signifier : je n’y peux rien. De hauts dignitaires du clergé suivent le chariot et semblent forts satisfaits. Sur son passage le chariot écrase les pauvres et les faibles. 
Jérôme Bosch. Triptyque du Dernier Jugement. (1500).Panneau central. 

L’humanité n’est plus en route vers l’enfer, elle s’y trouve. 
C’est l’apocalypse comme dans le dernier livre du Nouveau Testament qui annonce la fin des temps et le jugement dernier. Le mot apocalypse vient du verbe grec apocaluptein qui signifie « retirer le voile », en ce sens l’apocalypse est une révélation. Le but est de dévoiler le sens de l'Histoire en adressant un avertissement qui est un appel à la conversion et à la fidélité. Pour la méthode, il s’agit d’effrayer, de monter les différents vices et leurs châtiments. Dans le ciel de chaque coté du créateur les anges sonnent les trompettes. En dessous le ciel est en feu, sur ce panneau les scènes sont surréalistes, les êtres sont difformes et hybrides, tout n’est que torture et punition corporelle. Le monde n’est que violence et les scènes sont cauchemardesques. 
Jérôme Bosch. Triptyque du Dernier Jugement. (1504 - 08). Panneau central. 
Ce panneau est de la même nature que le précédant, c’est l’apocalypse. L’artiste a simplement accentué le contraste des couleurs entre le monde céleste et le premier plan. Le monde est en plein chaos. Du milieu du panneau à la ligne d’horizon tout est enfeu. Le premier plan est le détail de ce qu’il se passe. Supplices, sanctions, souffrance physique, perversité, sadisme, sacrifice, répression. L’humanité n’est pas simplement tourmentée elle est déjà sanctionnée comme elle le serra en enfer. 
Panneau de droite : 97 cm x 1,95m. L’Enfer.

L’enfer est un déchainement de fureur à l’arrière plan. Les édifices sont en flamme, devant eux une multitude est exterminée. Par le feu, la corde, l’épée, les corps sont écartelés et déchirés. En avant plan l’artiste dénonce les arts, (musique) la science, les charlatans, le jeu et l’église. 
Les animaux ne cherchent plus à s’accoupler avec les humains, ils dévorent leurs corps avec avidité. Certaines scènes peuvent être jugée cocasses, d’autres moins… 
Au premier plan à droite là où sur le panneau central se trouvait des hommes d’église ripaillant, une truie s’intéresse de très près à un homme, sa coiffe est celle d’une religieuse … Sur son trône la créature en train de dévorer des corps humains et de les évacuer en dessous, coiffée d’un chaudron comme d’une toge, rappelle l’image du pape. Le jeu et la luxure sont aussi mis à mal sur la gauche. La table de jeu renversée, les cartes, le dé, les femmes dénudées au milieu des épées et des cœurs transpercés font de ce panneau un violente charge subversive envers certains travers que l’artiste semble ne pas supporter. 
La ligne d’horizon est haute, le point de vue du spectateur se situe juste en dessous.
Le panneau induit une idée de chute dans l’abîme, les scènes et les personnages sont instables. 

Les lignes de force horizontales découpent le panneau en 3 grandes scènes.
Prés des points naturels d’intérêt, en haut le déchirement des corps, en bas les attaques contre les arts, la science et l’église. 

L’œuvre est divisée en 3 grandes parties : au premier plan la dénonciation de certains vices du monde, au second plan, la punition et les tortures physiques, à l’arrière plan la représentation du monde en pleine apocalypse. Le découpage suit à peu prés les lignes de force horizontales. 
Bien que le panneau exprime l’idée d’un grand désordre les différents plans sont séparés par des lignes directrices claires. 

Détails : 
La table de jeu est renversé, les cartes sont à terre, le joueur recouvert par une créature mi rongeur mi poisson ne peut pas les ramasser, son corps est transpercé par une épée et sa main par une dague. L a serveuse tient une cruche avec un dé sur la tête. Les personnages ont des couteaux ou des épées plantés dans le dos ou dans la gorge. On reconnait l’ancêtre du backgammon brandit par des bras sombres, le tric trac ou je jacquet. 
Coiffée d’un chaudron comme d’une toge, cette créature à la tête d’oiseau sur son trône évoque un évêque, un archevêque ou même le pape. Il faut bien se souvenir qu’à l’époque l’église perçoit des impôts et des taxes. 

Cet homme qui semble être un écrivain est en mauvaise posture. La truie qui lui tend sa plume possède la coiffe d’une religieuse. Allusion directe à la censure pratiquée par l’église. 
Les musiciens sont suppliciés sur leurs instruments. De la musique est souvent jouée durant les fêtes et sur les lieux de débauche. La science est aussi malmenée elle fait concurrence au pouvoir divin. 
Cette partie de l’œuvre est le lieu des supplices. Les corps sont déchirés, écartelés, les oreilles coupées, on pend, on assourdit les oreilles avec une gigantesque cornemuse. Ce sont des démons hybrides qui organisent et pratiquent la damnation. 
Lumière : 
Chaque scène de l’enfer est éclairée selon un angle différent. 

Couleurs : 

Opposition entre couleurs froides et couleurs chaudes. 
Toiles similaires : 

Jérôme Bosch. Triptyque du Chariot de Foin. (1490). Panneau de droite. L’Enfer.

Le ciel reflète le feu au loin. Des créatures aux têtes d’animaux emmènent les hommes sur le lieu du supplice. Elles portent des capuchons rouges ou des cagoules noires ce qui correspond à l’image de la mort. Les corps semblent devoir être entreposés dans une tour qui est en construction. Un peu partout disséminés sur le panneau des oiseaux regardent la scène attentivement. 
Jérôme Bosch. Triptyque du Dernier Jugement. (1500). Panneau de droite. L’Enfer.
Le ciel est un brasier. La tour est achevée. Les humains sont emmenés vers la tour dans un chaudron ce qui ne laisse planer aucun doute sur leur sort. Au premier plan, autour du bassin de multiples bras et jambes, un homme est ingurgité par une créature mi oiseau mi poisson. Au centre les hommes sont soumis et chevauchés par des bêtes et des êtres hybrides. 
Jérôme Bosch. Triptyque du Dernier Jugement. (1504 - 08). Panneau de droite. L’Enfer. 
Au loin les tours semblent cracher du feu comme des volcans. 
Les tortures et les punitions sont multiples, les humains sont soit jetés dans des trous, soit pris pour cible par des archers, soit écartelés la tête en bas ou transpercés de part en part. Sur ce panneau tout ce qui est vert est de nature démoniaque.