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 Le Luminisme en Belgique. Les Peintres Luministes Belges.

En ligne le : 04.09.2016.





 

 



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Le Luminisme en Belgique. Les Peintres Luministes belges.

L’impressionnisme, à travers le monde, a donné naissance à divers mouvements dérivés, en Belgique, il se transforme en luminisme qui est un ajustement spécifiquement belge de ce concept d’origine française.

Paradoxalement on peut dire que Le néo-impressionnisme a atteint la Belgique avant l'impressionnisme. Le pointillisme et la tradition flamande de fidélité à la nature, l’utilisation de couleurs pleines de lumière proche du fauvisme sont les caractéristiques du luminisme belge.

Les luministes désirent réaliser des toiles définies et organisées, ils restent fidèles à la vérité, à l’exactitude, à la beauté de l’effet des couleurs et à leur luminosité mais ils veulent garder un dessin précis, habile et authentique. Cela se traduit par des paysages aux contours précis mais aussi par la volonté de donner un certain relief à la nature.

On peut considérer le luminisme en Belgique comme une forme d’impressionnisme qui se concentre sur les effets de lumière. Le luminisme belge combine une touche délicate, fine, parfois fractionnée et une palette ensoleillée. Les formes se détachent dans un brouillard de lumière et sont exécutées à petits coups de pinceau saccadés. La différence essentielle avec l'impressionnisme français demeure dans la grande part de réalisme et de naturalisme qui sont toujours présents dans la plupart des œuvres. Émile Claus est la figure de proue du luminisme, il exalte les couleurs ensoleillées mais il n’utilise pas les tons improvisateurs de l’esquisse. Plus tardif que l’impressionnisme le luminisme intègre les acquis du post impressionnisme, certaines toiles sont de facture totalement pointilliste et certains peintres utilisent les couleurs du fauvisme. 

Leur chef de file, Émile Claus est un peintre assez atypique, il possède plusieurs manières de peindre. Excellent dessinateur il peut avoir une touche précise et rendre des détails d’une extrême finesse : Matin d'Octobre sur la Rivière Lys, Rencontre sur un Pont, mais il sait aussi adopter la manière divisionniste, comme on le voit dans La Moisson. Le divisionnisme d’Émile Claus est très proche de celui de Camille Pissarro et bien différent du pointillisme de Seurat qui utilise des milliers de points très sérés ou de Paul Signac dont les couleurs sont souvent proches du fauvisme. Techniquement ce divisionnisme est celui de Pissarro mais les couleurs utilisées sont celles de Vincent Van Gogh durant la période qu’il a passée à Arles. Des toiles divisionnistes d’Émile Claus : Jeunes paysannes marchant sur les bords de la Lys, utilisent la palette de Pissarro. Ou parfois aussi celle de Matisse. C’est une forme de génie de savoir s’inspirer de chaque peintre dans ce qu’il possède de meilleur. 

Pourtant avec le temps les peintres luministes ont été un peu oubliés et un siècle plus tard leur renommée internationale s’est estompée. Reconnus et admirés surtout en Belgique et en Flandre, Ils sont peu connus sur le marché international de l’Art. Il est difficile de soutenir la comparaison avec l’immense et universelle renommée de l’Impressionnisme, surtout le monde de l’art est opaque et injuste, souvent dominé par de grands intérêts financiers, le mot luminisme et le peintre Émile Claus sont souvent absents de bons nombres d’encyclopédies ou des dictionnaires de la peinture, si bien que l’on peut affirmer que les peintres luministes belges sont les grands oubliés de l’histoire de l’Art. En parler un peu aujourd’hui ce n’est que leur rendre justice. 

Les peintres Luministes belges ou hollandais sont à peu près une trentaine. Nous allons vous les présenter par ordre alphabétique puis nous tenterons d’expliquer pourquoi la critique, les marchands, les galeries, les musées, surtout en France, les ont négligés et oubliés et pourquoi leur notoriété est restée seulement cantonné à la Belgique… 

Anna Boch (1848-1936) est tout d’abord impressionniste, Célèbre surtout pour avoir acheté le tableau de Vincent Van Gogh La Vigne Rouge (1888) en 1890 lorsque l’œuvre est exposée à Bruxelles au salon des Vingt pour 400 Francs, ce qui fait d’elle la seule cliente de Vincent de son vivant, c’est une collectionneuse avertie. Elle maîtrise parfaitement l’esquisse, elle sait aussi utiliser un divisionnisme très serré mais petit à petit ses œuvres et ses couleurs se rapprochent du Fauvisme. La toile de Vincent La Vigne Rouge peinte en 1888 annonce le Fauvisme dont le premier salon aura lieu en 1905. 
Anna De Weert (1867-1950) nous dévoile un impressionnisme proche de Renoir ou Monet. 
Juliette Wytsman (1866-1925) sait peindre les fleurs et les détails de la nature à la perfection, sa touche est légère et précise. 
Jenny Montigny (1875-1937) est proche d’Émile Claus, elle réalise des œuvres à la touche semblable de celles d’Armand Guillaumin mais aussi des paysages dont les couleurs sont apparentées au Fauvisme. 
Évariste Carpentier (1845-1922) est un peintre prolifique, ses toiles vont du pur impressionnisme au parfait naturalisme, il cherche à émouvoir avec des sujets qui représentent la vie à la campagne remplie d’enfants et d’animaux de la ferme. 
Incontestable chef de file du mouvement Émile Claus (1849-1924), bien qu’assez méconnu hors de Belgique, est le peintre qui possède le plus de notoriété chez les Luministes. Ami de Pissarro, de Cézanne et de Monet son œuvre est le reflet du mouvement. A la fois impressionniste, divisionniste et naturaliste on dit de lui qu’il met le soleil en bouteille. 
Louis Clesse (1889-1961) est un de ceux qui savent faire la synthèse entre l’impressionnisme et le Fauvisme. 
Lucien Frank (1857-1920) parvient à mettre énormément de lumière dans des toiles réalistes. 
Franz Gailliard (1861-1932), comme James Ensor, représente surtout les scènes du Carnaval de Bruxelles, ses toiles montre le rapport entre celui-ci et la Mort. La Place Sainte Gudule.1890.
L’œuvre d’Alfred Hazledine (1876-1957) est un compromis judicieux entre Fauvisme et Impressionnisme.
Les couleurs d’Adriaan Joseph Heymans (1839-1921) sont le plus souvent de véritables surprises. 
Modest Huys (1874-1932) navigue entre la touche de Van Gogh et celle de Signac.
Marcel Jefferys (1872-1924) aime les reflets de la nature dans l’eau. 
Paul Mathieu (1872-1932) semble hésiter entre divisionnisme et Fauvisme mais ses toiles sont lumineuses. 
José Wolff (1885-1964) adopte la touche de Cézanne et des formes quasi géométriques.
De nombreux peintres ont essayés d’imiter la touche de Renoir durant sa période nacrée, rarement avec autant de succès que Léon De Smet (1881-1966) dans Roze Harmonie (1912), la toile a été vendue 645.294 € le 4 février 2015 chez Sotheby’s à Londres.
Pierre Thévenet (1870-1937) réalise des paysages d’une clarté saisissante. 
Richard Heintz (1871-1929) et Rodolphe De Saegher (1871-1941) à la manière des impressionnistes peignent lever ou coucher de soleil.
Guillaume Van Strydonck (1861-1937) adopte la manière impressionniste ou un style réaliste.
Dans la représentation des détails la touche de Ferdinand Willaert (1861-1938) fait merveille. 
Enfin Rodolphe Wytsman (1860-1927) sait peintre dans un style impressionniste des paysages regorgeant de lumière, mais il sait aussi utiliser les couleurs du Fauvisme pour leur donner une atmosphère particulière. 

La première guerre mondiale, et des bouleversements terribles, ont contrarié la carrière de ces peintres de la lumière. La Belgique étant occupée beaucoup se sont exilés à Londres. 
Comme on le voit les peintres Luministes on réalisé la synthèse entre plusieurs mouvements picturaux différents. Impressionnisme, Divisionnisme, Fauvisme, Naturalisme, Réalisme. Les toiles sont souvent très éloignées les unes des autres. Un même peintre peut produire des œuvres totalement différentes ce qui ne fait qu’accroître la confusion. Comble de malheur, 
les peintres de la seconde génération de l’Hudson River School, aux États Unis, entre 1850 et 1870, approchent eux aussi la peinture de paysage avec un réalisme clair. Ils se concentrent sur les effets de lumière et d’atmosphère et eux aussi se font appeler les Luministes. Ce sont les Luministes Américains, la figure de proue de cette génération est le seul élève de Cole, Frederick Edwin. Church (1826-1900). 
Souvenons-nous aussi que la majorité des artistes impressionnistes qui ne disposaient pas d’une fortune personnelle, ou qui n’ont pas gagné à la loterie nationale, comme Armand Guillaumin, ont tous connus, même Claude Monet, de graves difficultés financières tout simplement parce qu’ils ne parvenaient pas à vendre leurs toiles. La 1ère Exposition Impressionniste a lieu chez Nadar du 15 avril au 15 mai 1874. 30 artistes y participent.
Toute la presse les ridiculise. On peut lire dans le Figaro notamment : «On vient d'ouvrir une exposition qu'on dit être de peinture 5 ou 6 aliénés, dont une femme, (Berthe Morisot) s'y sont donnés rendez-vous. Ces soi-disant artistes prennent des toiles, de la couleur et des brosses, jettent au hasard quelques tons et signent le tout. » La presse française ne parle d’eux que pour s’en moquer.
C’est lentement que les artistes impressionnistes vont parvenir à acquérir la faveur du public et c’est surtout grâce à l'aide du marchand d'art Paul Durand-Ruel, qui organise une exposition à Londres et surtout à New York en 1886 qui est le premier grand succès des impressionnistes. Mais cette réussite ne profite pas à tous : en 1898 Alfred Sisley vend une toile de la série de l’Inondation à Marly pour 180 francs. Il vit dans la misère. Son épouse tombe malade et meurt le 8 octobre 1898. Atteint d’une grave maladie comme l’on dit aujourd’hui il meurt le 29 janvier 1899 dans le froid et la faim et dans des souffrances atroces. Sa correspondance en témoigne. Un an après sa mort en 1900 la toile qu’il avait vendue 180 francs est achetée 43 000 Francs, somme colossale à l’époque.
Souvenons-aussi que Vincent Van Gogh, à part la Vigne Rouge vendue à Anna Boch n’a jamais rien vendu de son vivant. 
Entre 1874 et 1899 quelques collectionneurs judicieux ont acheté des chefs-d’œuvre impressionnistes pour une bouchée de pain. La presse et la critique ont-ils voulut compenser leur manque de discernement ? Toujours est-il que le mouvement impressionniste qui n'a duré qu'une dizaine d'années et qui a totalement bouleversé le marché de l’Art a toujours dominé le marché, sa cote n’a cessé de monter jusqu’à nos jours. Les peintres qui sont venus ensuite ont tous souffert. Heureusement durant cette période propice Anna Boch, collectionneuse avertie a réuni une importante collection d’œuvres impressionnistes. Après sa disparition cette collection a été vendue aux enchères, selon ses volontés, et l'argent a servi à payer la retraite de ses amis les artistes Luministes pauvres. 

Les toiles des Luministes Belges, artistes oubliés par l’histoire de l’Art, peuvent être vues en Belgique : Au Musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles, au Musée des beaux-arts de Liège, au Musée Groeninge à Bruges, au Musée de Deinze et du Pays de la Lys, au Musée des Beaux Arts de Gand, au Musée royal des beaux-arts à Anvers, à Saint-Josse-ten-Noode au Musée Charlier, au Musée d'Ixelles, 
au Musée des beaux-arts de Tournai.