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Mashup, court-métrages et effets spéciaux, 
l’avant garde du Cinéma. En ligne le 20.06.2016.



Mashup Shy'm. Tamara danse ! 

 

 

 

Aujourd’hui vidéastes et cinéastes traitent 
les images et les éléments numériques 
exactement comme les DJ traitaient les sons 
dans les années 80-90. 

ils réalisent des mashups. 

Ces mélanges d’images, de sons et d’effets spéciaux, 
participent à cet art du recyclage à l’instar 
du Sample des DJ et des Loops des programmeurs, 
les images tournées par d’autres 
sont réutilisées dans des clips qui possèdent 
des atmosphères différentes des œuvres originales. 

Le mot mashup peut être traduit en français 
par purée mais le mot mélange convient mieux. 

HELL’S CLUB. Antonio Maria Da Silva. AMDS FILMS.

Il existe un endroit où tous les personnages fictifs 
se réunissent. Un endroit en dehors du temps, 
en dehors de toute logique, cet endroit 
est connu sous le nom de Hell’s club, 
mais ce club n'est pas un endroit sûr…

Plein écran :

Antonio Maria Da Silva dans Hell’s Club 
réunit les personnages des films cultes dans 
une discothèque à l’ambiance un peu 
baroque et assez surréaliste. 

Ainsi le Tom Cruise de mission impossible 
dévisage son double beaucoup plus jeune 
de cocktail de manière incrédule, Terminator 
côtoie les personnages de star war, Al Pacino 
croise De Niro dans ce qui devient une nouvelle 
œuvre avec une atmosphère propre 
et un nouveau scénario.

Il existe tout un monde entre le Travolta 
de Grease et celui de Pulp Fiction… 

Dans Hell’s Club 2, une autre nuit, la Sigourney 
Weawer d’Alien est accompagnée 
du Harrisson Ford d’Indiana Jones 
dans un cocktail très surréaliste, 
différents James Bond se succèdent jusqu’à ce 
que les Aliens attaquent … 

La pratique de ce mélange de genre 
est rassurante car le spectateur 
connaît les films et reconnaît les scènes. 


HELL’S CLUB 2. ANOTHER NIGHT. (Une autre nuit)
Antonio Maria Da Silva. AMDS FILMS.

Plein écran :

Le mashup comme il est pratiqué ici 
est un état d’esprit lié à la nature 
même d'Internet, à son histoire, 
à ses usages et à ses pratiques. 

La matière première du mashup est l'information 
numérisée au sens large 
(vidéos, photos, musique et sons).

 L’endroit où se déroulent les mashups d’Antonio 
Maria Da Silva la discothèque Hell’s club, 
est important car il relie l’univers du Cinéma 
et celui de la musique avec ses usages 
du sampling et du remix. 

Beaucoup de réalisateurs utilisent le mashup 
pour rendre hommage à des films de genre comme 
la science fiction ou bien à d’autres réalisateurs 
qui les ont précédés. 




   C’est la démarche d’ Alexandre Gasulla avec : 
Jean-Pierre Jeunet - A Tribute. Hommage 
à l’univers de Jean Pierre Jeunet. 

Plein écran :

D’autre salue le travail de Quentin Tarantino. 

Plein écran :


Le réalisateur français Julien Lahmi a réalisé le site : 
Mashupcinema.com
, une encyclopédie 
du mashup et des films créés avec des images 
réalisées par d'autres 
où il présente ses sélections et 
ses propres réalisations. Voir. 

Au départ cette activité interactive est 
développée dans le monde du jeu vidéo 
par les mods qui permettent de modifier 
les personnages et les aspects 
d'un jeu par le joueur lui-même.

Les courts métrages d'animation numérique 
comme ces derniers sont aussi surnommés 
les machinimas (contraction de machine, 
cinéma et animation).

Au Cinéma, issu du court-métrage, le mashup 
et les effets spéciaux ont leur histoire. 

En 1980 le réalisateur polonais 
Zbigniew Rybczynski réalise Tango

Tango est une véritable bombe dans le 
milieu du court-métrage, en 1983 il obtient 
l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation. 

Tango peut être considéré comme l’ancêtre 
du maschup, ou son précurseur, et pourtant 
1980 ce n’est pas encore l’ère numérique. 

En fait la force de Tango c’est que Rybczynski 
en 1980 fait déjà du numérique 
avant le numérique, 
en utilisant des boucles et des petites scènes 
sans aucun rapport les unes avec les autres 
et qui se répètent à l’infini… 

Tango.(1980). Zbigniew Rybczynski. 
Oscar du meilleur court-métrage 
d'animation en 1983. 

Plein écran :

Sur fond d’une musique lancinante de Tango 
des personnages vont et viennent à l’écran 
et le spectateur, intrigué au départ, 
se demande véritablement 
ce qu’il se passe et où l’on veut en venir. 

L’utilisation de boucles et la répétition 
de petites scènes qui se répètent 
induisent vite un malaise 
car les personnages font ce qu’ils ont 
à faire et ne s’occupent pas des autres. 

Les scènes n’ont aucun rapport entre 
elles et il s’instaure un climat de 
déshumanisation que l’on rencontre 
aussi malheureusement dans la vraie vie. 

Passons sur la dimension surréaliste 
de cette œuvre qui est pourtant réelle 
et constatons à la réflexion que notre 
cerveau ou celui d’un créateur peuvent 
être aussi emmenés à fonctionner ainsi. 

Comment s’enchaîne les idées les 
unes avec les autres ? A quelle vitesse ? 

Quel rapport ont elles entre elles ? 

Dans certaines circonstances notre cerveau 
fonctionne comme dans Tango, 
notre pensée n’est pas toujours maîtrisée, 
nous ne contrôlons pas toujours tout, 
un peu comme dans un rêve et ce sujet 
et cette prise de conscience 
peuvent vite devenir une source d’angoisse. 

Ainsi si l’idée d’une vie sans humanité est 
suggérée dans Tango l’idée de la mort apparaît aussi. 

Et au fond que fait un créateur ou un artiste 
si ce n’est lutter contre la mort et l’oubli… 

Véritable visionnaire, Zbigniew Rybczynski 
invente dans Tango l’art des effets spéciaux. 

Né en 1949 il devient ensuite professeur 
de cinématographie et de cinéma numérique. 
Actuellement il mène des recherches 
sur la technique d'incrustation : le Chroma Key, 
ou écran vert/bleu chez Ultimatte Corporation. 

Le numérique est devenu la dernière 
avancée du cinéma et le trucage 
et l’utilisation des effets spéciaux révolutionne 
totalement l’art du cinéma. 

Mais ce constat ne doit pas nous nous 
empêcher d’évoquer l’historique 
et si nous pouvons 
vous montrer les conséquences nous ne vous 
épargnerons pas l’origine de ces idées 
et l’histoire de la pensée et 
de la réflexion sur l’image et le cinéma.

En 1929 Luis Bunuel, réalise 
Un Chien Andalou
, écrit par Salvador Dali. 

A l’époque ce mini film est totalement 
d’avant garde. Il expérimente la force 
de l’image et cherche dès le début 
à choquer le spectateur.

Bunuel et Dali inventent le fantastique 
au cinéma dans la dimension du film d’horreur. 

Le récit est totalement désarticulé par 
des changements rapides 
de lieux et par des sous titres 
qui indiquent des sauts temporels 
de plusieurs années en avant ou en arrière. 

Les deux principaux personnages, l'homme 
et la femme, paraissent parfois former 
un couple heureux, mais ils sont aussi 
ensablés vivants et la proie d’ insectes. 

On retrouve donc les vieux démons de 
Dali
qui hantent ces toiles, 
à commencer par les fourmis


Luis Bunuel, Salvador Dali. Un Chien Andalou. 1929. 

Plein écran :


L'étrangeté de l'ensemble est 
délibérément onirique, selon le principe 
surréaliste défini par André Breton 
dans son Manifeste du surréalisme. 

Dans Un chien andalou, rêve et réalité 
sont deux tensions complémentaires 
souvent en lutte : « Je crois à la résolution 
future de ces deux états, en apparence 
si contradictoires, que sont le rêve 
et la réalité, en une sorte de réalité 
absolue, une surréalité… » 
André Breton. 

De nos jours l’utilisation des effets spéciaux 
est le prétexte pour évoquer des univers 
un peu plus gais et clairs qui nous font sourire. 

Ainsi voyez comment Barnaby Roper dans 
Scratch-N-Sniff suggère, non sans humour, 
une certaine pensée érotique en utilisant 
le montage et les effets spéciaux. 

Scratch-N-Sniff. Barnaby Roper. 2016. 

Plein écran :

 

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