English Website

 

Toutes les Analyses


Kani Alavi. C’est arrivé en Novembre. 1996. 
Fresque. Street Art. 10m x 4,50m.
En ligne le 7 octobre 2016.

Street Art 

Fresque             East Side Gallery         Best of Street Art 







Laisser un commentaire ou un avis.  


Kani Alavi : Site Web

Vidéo : Kani Alavi.


Plein Écran :

 

 


Envoyer cette page à un(e) ami(e)
 

 Accueil  Analyses  Newsletter   Mouvements  Peintres  Genres  Techniques   Histoire   Musées  Expositions   Galeries  Artistes    Jeux    Annonces    Boutique  Contactez-nous     Qui sommes nous ?    Liens  



Kani Alavi. C’est arrivé en Novembre. 1996. Fresque. Street Art. 10m x 4,50m. En ligne le 7 octobre 2016.

C’est arrivé le 9 novembre 1989, le mur qui sépare Berlin s’ouvre…

Depuis plus de 30 ans ce mur a divisé les familles, les amis et les amours. Il a été construit dans la nuit du 13 août 1961, à la frontière de Berlin-Est et de Berlin-Ouest sur ordre du gouvernement d'Erich Honecker pour faire cesser un exode Est Ouest qui affaiblit la RDA de l’époque. Ce qu’exprime clairement la fresque c’est que ce mur a cédé sous une pression humaine. Toute la partie haute de la composition est bleue, semblable à la mer contenue par une digue. Le flot des personnes est entraîné par le courant généré par l’aspiration de l’ouverture centrale. Hors, symboliquement, la mer c’est la vie, c’est une immense force vitale car la vie sur terre a commencé au fond des océans. 
En psychanalyse on a coutume de dire que l’eau est avant tout un symbole de l’inconscient ; tout comme celui ci, elle prend sa source dans l’obscurité. Elle jaillit du sein de la terre ou du rocher dissimulé. Comme l’énergie inconsciente, elle traverse les paysages de l’âme par de petits ou de grands cours d’eau ; devenue océan elle s’étend à l’infini. Mais il y a aussi un rapport avec le haut, car elle descend du ciel. Pour le simple et primitif entendement humain, elle est le grand événement qui apporte un élément céleste sous forme de pluie fécondante. Dans ce rapport de ciel et de transparence, l’eau est également une expression de l’esprit. C’est la raison pour laquelle l’homme se régénère en elle. Ce mur de béton de 47 km de long et de 4 m de haut n’a pas cédé de lui-même, il a cédé parce que les peuples et les individus aspirent à la liberté. Sa chute est la victoire de la liberté individuelle des personnes sur la folie et l’avidité des politiques absurdes des hommes. L’eau est aussi en psychanalyse un symbole fort de l’inconscient lui-même. Donc si Kani Alavi représente cette foule comme une marée humaine constituée au départ d’eau il fait référence à l’inconscient collectif du peuple allemand. Même séparé durant plus de 30 ans l’inconscient collectif du peuple allemand garde des références communes, une culture, une histoire et des valeurs communes dont le passé s’étend sur au moins 10 siècles, c’est à dire depuis la désintégration de l’empire carolingien. Il faut plus qu’un mur pour que les individus oublient. Et surtout il y a toujours eu la conscience en Allemagne d’être un peuple uni, spécifique et ne faisant qu’un depuis que Bismarck organise, sans l’Autriche, la Confédération de l’Allemagne du Nord, entrée en vigueur le 1er juillet 1867. On a souvent baptisé ce mur de mur de la honte, parce qu’il est le symbole que les vies personnelles n’ont aucune valeur lorsque l’avidité, les jeux de pouvoir et les dessins politiques décident à la place de la volonté individuelle des populations. 
Né en Iran en 1955, Kani Alavi est un artiste Germano Iranien. En 1979 il obtient un baccalauréat scientifique et s’établit à Berlin. Il étudie à l’école d’enseignement supérieur des arts chez Klaus Fußmann. En 1986 il étudie la communication visuelle à l’école d’enseignement supérieur des arts de Ludwig Thürmer. En 1990 il commence à réaliser des fresques sur les parois du mur de Berlin et en 1996 il devient initiateur du projet artistique de l’East Side Gallery à Berlin. En 2002 il réalise des fresques pour le jardin de sculpture de L’ONU à New York. En 2011 Kani Alavi reçoit la médaille de l'ordre du mérite de la République fédérale d'Allemagne pour avoir participé à la reconstruction de la plus grande galerie en plein d'air du monde : l’East Side Gallery. Ses œuvres sont exposées dans les plus grandes galeries allemandes, notamment à Berlin. 

Le point de vue du spectateur se situe au centre de la fresque, au milieu de la foule.
L’œuvre possède un sens de lecture. De haut en bas et de gauche à droite. Le regard suit cet écoulement d’eau en haut puis de personnes en bas.

Le cadrage est classique. Les 4 points naturels d’intérêt se situent au niveau des personnes. L’artiste insiste ainsi sur la dimension humaine et humaniste de son œuvre. 

Le bleu occupe plus d’un tiers de l’espace pictural. En haut il symbolise l’eau ou l’océan. 

Puis lorsqu’il devient apparent que le flot est constitué d’êtres humains, d’autres couleurs aparraîssent. (vert, jaune rouge).

La fresque est construite sur la grande diagonale descendante. En haut comme en bas une grande majorité des lignes directrices vont dans ce sens. 

Détails : 

Vers le haut les visages laissent apparaître beaucoup d’émotion. La forme ovale de certaine bouches évoque Le Cri d’Evard Munch. (1893).

A gauche on perçoit la mer ou l’océan formant des vagues. Symboliquement on peut interpréter cette représentation comme l’inconscient collectif du peuple allemand. 

Au bas de la fresque, une fois le mur passé, certains visages sont bien plus apaisés. 

Lumière : La lumière semble venir du haut. Outre les parties blanches du mur, des faisceaux de lumière aparraîssent au niveau des espaces où dominent les visages aux couleurs chaudes, rouges et roses. 

Couleur : Contraste entre couleurs froides et chaudes.