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Otto Dix. Métropolis. (la Grande Ville). (1927-28). Expressionnisme. Triptyque. Nouvelle objectivité.

En ligne le 16.02.2014. 



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Otto Dix. Métropolis.(la Grande Ville). (1927-28). Expressionnisme. Triptyque. Nouvelle objectivité.


La Nouvelle Objectivité (1918-1930) est un courant artistique apparu en Allemagne dans les années 1920 et qui succède à l'expressionnisme dont il découle par bien des aspects. Ce mouvement réunit des artistes et intellectuels qui ont fortement pris conscience de leur responsabilité politique et de leur devoir contestataire. La Nouvelle Objectivité se caractérise par une volonté de représenter le réel sans fard. Entre jugement et constat, elle présente un miroir à la société malsaine et corrompue de l'après-guerre. Une vision idyllique des années 20 se souvient surtout d’une époque du plaisir. C’est le jazz, les cabarets, Sydney Bechet, le strass et les paillettes. Mais ce n'est qu'une façade. L'envers du décor, c'est la réalité cruelle et sordide d'une époque contre laquelle vont s'engager les artistes. Cette réalité, Otto Dix la représente en 1928 à travers ce triptyque en opposant le luxe des bourgeois de la république de Weimar au milieu des prostitués et des mutilés de guerre. Dix montre que le corps et la sexualité sont des valeurs marchandes dans un monde où tout s’achète. Les grandes villes sont le domaine du plaisir mais aussi l’enfer sur terre. C’est la nouvelle objectivité esthétique de l’ Allemagne des années 20.On peint la réalité sociale de façon objective et détachée pour mettre en avant l’absurdité des grandes villes. Liés à la République de Weimar, les artistes de la Nouvelle Objectivité seront nombreux à être pointés du doigt comme « artistes dégénérés » par le régime nazi. C'est pourquoi le mouvement s'éteint en 1933, avec l'arrivée d'Hitler au pouvoir. De nombreux artistes choisissent alors l'exil.


Sur les panneaux extérieurs le point de vue du spectateur est bien plus bas. On sent la volonté de faire monter le regard du spectateur puis de le faire descendre. 

Les lignes de force mettent en évidence la musique et l’orchestre du coté gauche les spectateurs du coté droit proches des 4 points naturels d’intérêt. 

2 mondes se côtoient mais ne se mélangent pas. Des corps inconciliables s’affrontent du regard. Des blessés de guerre diminués, amputés des jambes ou gisant sur le pavé sont toisé par des prostitués. Les laissés-pour-compte de la société, les corps détruits par la guerre, regardent défiler les objets sexuels. 
Il y a des limites franches et nettes à gauche et à droite entre les 2 univers. 
Représenter une cohabitation entre l’univers du plaisir charnel et celui de la souffrance est une forte provocation dans le but d’une violente critique sociale. 

Sur le panneau gauche les lignes directrices montent violemment comme sur le panneau du triptyque de La Guerre. Le panneau est construit sur la diagonale ascendante. Sur les panneaux suivants la majorité les lignes descendent. De plus en plus brutalement de la gauche vers la droite. Si Leibniz déclare : « nous sommes automates dans la plus grande partie de nos actions », Sartre répond : « Un jugement est l’acte transcendantal d’un être libre. Ainsi, être vu me constitue comme un être sans défense pour une liberté qui n’est pas ma liberté. » 

Détails : 

Ce genre de mutilation des jambes est présent dans bien d’autres toiles d’ Otto Dix. 
Rue de Prague (1920) ou Le Marchand D’ Allumettes ( 1921).

Représenté sans prothèse cet invalide permet au peintre de gravir un pallier dans l’horreur. Otto Dix déclarait : « J'ai eu le sentiment, en voyant les tableaux peints jusque-là, qu'un côté de la réalité n'était pas encore représenté, à savoir la laideur ».

Une date apparaît : le 19 octobre 1928. Le jour ou Poincaré et Churchill, à Paris discutent du montant des réparations dues par l’ Allemagne pour la guerre de 14/18.
Ce n’est pas un hasard et de fait la toile annonce la prochaine guerre. Otto Dix a participé aux 2 ! 

Les visages trop maquillés sont vulgaires. La Prostitution est proche de la vulgarité. Comme la sexualité débridée l’est de l’instinct de mort. 


Lumière : 

L’œuvre est éclairée de la gauche. Le panneau central est de loin le plus lumineux. 

Couleurs : Contraste entre couleurs chaudes et froides, complémentaires. 

Toiles similaires : 

Otto Dix : Rue de Prague. 1920. 

Otto Dix : La Guerre. (1929-32). Triptyque.1920. 

Otto Dix : Le Marchand d’Allumettes. 1921.