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Otto Dix. Rue de Prague. (1920).  Expressionnisme. 

En ligne le 02.03.2014. 



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Otto Dix. Rue de Prague. (1920).  Expressionnisme. Vidéo La Bataille de La Somme. 

La rue de Prague est l’artère principale de Dresde, ville de l'Est de l'Allemagne, sur l'Elbe, capitale de la Saxe, à proximité de la frontière avec la République tchèque.
Otto Dix a longtemps vécu à Dresde où il a été professeur à l’ Académie jusqu’en 1933. À partir de 1920, Otto Dix participe aux expositions de la Sécession de Dresde, et adhère au groupe Dada (Première Foire internationale dada, 1920). Il utilise des motifs et des couleurs violentes. Dans ses toiles et ses collages. Il décrit la réalité sociale contemporaine et les conséquences de la 1ère guerre mondiale et surtout la perte de la dignité des hommes blessés au front comme ici, et aussi dans Le Marchand d’Allumettes.1920. (Voir l’onglet similaire). La figure centrale de cet homme infirme et désarticulé est poignante. Otto Dix a participé à la guerre de 14 – 18 qu’il a beaucoup représenté dans ses œuvres (Triptyque La Guerre). Il ressent ce qu’ont ressenti des millions d’êtres humains, durant la guerre l’homme devient un jouet, une marionnette et c’est justement ce qu’évoque cet ancien combattant au centre, un pantin désarticulé. Mais l’artiste va plus loin la main d’un passant au premier plan est aussi figurée comme étant en en bois. La petite fille devant la vitrine ressemble à une poupée. Dans la vitrine des perruques des prothèses l’homme a perdu sa dimension humaine devant la guerre il demeure un objet. Il est nié et il ne lui reste plus qu’à accuser et à dénoncer. C’est ce que fait l’artiste comme le faisait le cadavre pendu à l’arbre qui pointait du doigt le carnage dans le triptyque de la guerre. Dans le journal il est écrit : « Les juifs dehors ». Dix perçoit déjà dans l’antisémitisme, les futurs dérapages, la rancœur et la haine qui conduiront à la seconde guerre mondiale. Dix n’a pas eu de chance avec la guerre il a participé aux deux. Et la ville de Dresde non plus. Dans la nuit du 13 au 14 février 1945, les bombes lâchées par 800 bombardiers alliés font 35 000 morts et détruisirent 80% de la ville sans que personne ne sache trop pourquoi. Comme Hambourg Dresde a sans doute payé pour les ravages des V1 et des V2 sur Londres. Dresde est en grande partie reconstruite après la Seconde Guerre mondiale.

L’œil est tout de suite attiré par cette silhouette étrange au centre. Le point de vue du spectateur est situé sur son visage qui semble aveugle. Ce n’est qu’ensuite que le spectateur prend conscience de la vitrine et du trottoir et du fait que le personnage au premier plan est représenté en raccourci dans une perspective étonnante. 

Les 2 anciens combattants sont sur les 4 points naturels d’intérêt. 

1/3 de l’espace pictural pour la vitrine et le mur. 2/3 pour le trottoir.

Bien que les personnages soient dans des situations peu enviables la toile est construite sur la diagonale ascendante. C’est un paradoxe car normalement la diagonale qui conviendrait est la diagonale descendante qui induit l’idée de chute et de déchéance. Le peintre semble vouloir désorienter l’œil du spectateur et le mettre en déséquilibre. On ressent bien cette émotion si l’on fixe longtemps le tableau. 
La position de l’homme au centre n’est pas normale ni naturelle, il ressemble à un pantin désarticulé. L’angle de sa tête avec son corps est irréel. Le mutilé au premier plan doit normalement tomber et ne peut pas circuler ainsi. L’artiste veut induire un vertige spatial pour traduire le trouble émotionnel. L’œuvre suscite vite un malaise . 


Détails : 

La main du passant est elle aussi en bois ! 
La guerre déshumanise la société. Le journal déclare : « les juifs dehors ! », ceci annonce la prochaine guerre. 

Comment tenir debout avec des jambes dans cette position ? C’est seulement possible s’il s’agit d’un objet donc d’une poupée. 

L’homme tronc est décoré de la croix de guerre. Il doit normalement tomber en arrière et ne peut pas circuler dans cette position inconfortable. 

Avec 4 membres en bois cet homme est plus proche de la marionnette que de l’être humain. L’angle de sa tête avec son corps le laisse apparaître comme totalement désarticulé. Otto Dix déclarait : « J'ai eu le sentiment, en voyant les tableaux peints jusque-là, qu'un côté de la réalité n'était pas encore représenté, à savoir la laideur ».
L’ Artiste sait exactement ce qu’il fait. 

Lumière : 

L’œuvre est éclairée de la gauche. 

Couleurs : Contraste entre couleurs chaudes et froides, complémentaires. 

Toiles similaires : 

Otto Dix : La Guerre. (1929-32). Triptyque. 

Otto Dix. Les Joueurs de Skat. 1920.

Otto Dix : Le Marchand d’Allumettes. 1921.