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Émile Betsellère. (1847-1880). L'oublié. 1872. 
Huile sur toile - Hauteur : 1.23 m Largeur : 2 m.
Musée Bonnat. Bayonne. 

Clacissisme









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Vidéo : L’unification de l’Allemagne (1850-1871) (Carte animée).





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Émile Betsellère. (1847-1880). L'oublié. 1872. 

Huile sur toile - Hauteur : 1.23 m Largeur : 2 m.
Musée Bonnat. Bayonne. 

Émile Betsellère est un peintre académique, de formation classique. L’Académie impériale est dirigée à l’époque par Alexandre Cabanel. La toile exprime la solitude et l’isolement d’un soldat abandonné à un sort funeste, suggéré par bien des éléments de l’œuvre, mais aussi par la composition. 
Pour l’armée Française la guerre franco-allemande de 1870-1871 n’est qu’une succession de défaites. Les Français sont vaincus lors des batailles de Wissembourg (4 août), de Reichschoffen et Froeschwiller (6 août). Le 12 août, Napoléon III confie le commandement suprême à Bazaine. Mais après plusieurs défaites à Borny (14 août), Vionville (15 août), Rezonville et Gravelotte (16 août), puis Saint-Privat (18 août), il se replie sur Metz, assiégé par deux unités allemandes. Mac Mahon se porte à son secours avec l’armée reconstituée. Cependant, le 30 août, les Allemands surprennent les Français à Beaumont et Mac Mahon se replie sur Sedan. A Sedan le 1er septembre 1870, devant la situation désespérée, Napoléon III fait hisser le drapeau blanc. Il se rend avec ses 83 000 hommes, marquant l’effondrement de l’Empire.
Après la défaite de Metz (27 octobre, où Bazaine se rend avec 177 000 soldats), puis celle de Beaune-la-Rolande (28 novembre), l’échec des armées de la Loire devant Orléans (3 et 4 décembre 1870) force à abandonner l’espoir de libérer Paris. Tour à tour, les autres armées françaises sont vaincues : la deuxième armée de la Loire de Chanzy dans la Sarthe (11 décembre) ; l’armée de l’Est, se replie sur la Suisse (17 décembre) ; enfin, après la victoire de Bapaume (3 janvier), l’armée du Nord de Faidherbe échoue devant Saint-Quentin le 19 janvier 1871. 

Le point de vue du spectateur se situe un peu au-dessus de la ligne d’horizon. Trajet du regard. 1/ Le regard est tout d’abord attiré par le visage du personnage. 2/ Puis il explore les détails de la scène au premier plan. 3/ Dans un 3ème temps le spectateur prend conscience que la scène est une situation qui possède un cadre.

Le corps du soldat est placé sur 3 points naturels d’intérêt. 
Son visage est proche du point naturel d’intérêt supérieur droit.
Son bras est sur le point naturel d’intérêt inférieur droit.
Funeste présage, un corbeau plane dans le ciel au-dessus du point naturel d’intérêt supérieur gauche. 
Sur le point naturel d’intérêt inférieur gauche une scène sinistre, un cheval est allongé, mort, le second semble perdu et contemple le canon renversé qu’il était chargé de transporter. 

Les repères spatio-temporels. 
Imaginons que la ligne jaune pointillée symbolise le temps. Ce qui est à gauche, derrière le modèle, est le passé, ce qui se trouve à droite, devant le modèle, est le futur. Les yeux fermés du soldat se trouvent à moins d’un tiers du bord droit qui symbolise la fin de sa vie. La main droite du jeune garçon se trouve à un peu plus du dixième de ce même bord droit. Si l’espace pictural symbolise le temps le modèle est proche de la fin de sa vie.
Le cadrage du modèle indique exactement quelle est sa situation dans le temps. 

Bien que le sujet se soit redressé la toile est construite sur la grande diagonale descendante de gauche à droite. En composition cette diagonale est utilisée pour induire l’idée de chute et de déchéance. Beaucoup de lignes directrices vont dans ce sens. Les zones de couleur rouge, couleur du sang, seule couleur chaude, qui symbolise ici la souffrance physique, sont disséminées le long de cette diagonale descendante. 

Détails : 

Son visage montre que le sujet est jeune. Bien jeune pour faire la guerre et bien trop jeune pour mourir. Ce choix de l’artiste n’est pas un hasard. 

Les corbeaux sont là, proches. La sinistre réputation de ces oiseaux, et leur symbolique, vient justement de leur fréquentation des champs de bataille. 

Au loin un immense incendie témoigne de la bataille. A l’avant plan la scène avec les 2 chevaux et le canon renversé dégage une infinie tristesse. 

Sur la droite, des voyageurs ou des soldats continuent leur route, indifférents. Ceci renforce encore la sensation d’abandon. Le champ de bataille est blanc, recouvert de neige. Cette couleur et le froid qu’elle sous-entend représentent la mort dans l’inconscient collectif. Dans bien des cultures de l’humanité la couleur du deuil n’est pas le noir mais le blanc qui symbolise la pureté mais aussi la fin de la vie. 

Lumière : La neige est bien plus blanche devant le soldat que derrière. Comme si une source lumineuse intense et blanche se trouvait devant lui. Entrer dans la lumière signifie mourir. Dans les rêves ainsi que dans les récits des personnes ayant vécu une expérience extrême de mort physique il est toujours question, depuis toujours, d’une grande lumière blanche. 


Couleurs : 
Contraste entre couleurs chaudes et froides.

Harmonie et contraste.
Contraste entre couleurs chaudes et froides. 

Toiles Similaires : 

Joseph Ferdinand Boissard de Boisdenier : 
Episode de la Retraite de Moscou. 1835.

Adolph Northen (1828–1876). La Retraite de Russie. 

Emanuel Leuze : Washington Traversant Le Delawarre. 1851.