English Website



Le Baroque.

Vermeer

 

Toutes les Analyses



Jan Vermeer (1632-1675), La Jeune Fille à la Perle. (1665), 
ou  La Joconde du Nord. 








Laisser un commentaire ou un avis.
 



 


Envoyer cette page à un(e) ami(e) 

 Accueil     Newsletter   Mouvements  Peintres  Genres  Techniques   Histoire   Musées  Expositions   Galeries   Artistes    Jeux    Annonces    Boutique   Contactez-nous     Qui sommes nous ?   Liens 





Jan Vermeer (1632-1675), La Jeune Fille à la Perle. (1665), huile sur toile, 46,5 x 40 cm. La Joconde du Nord. 

L’œuvre est aussi appelée : La Joconde du Nord en référence à Léonard de Vinci et à Mona Lisa mais cette Joconde là est bien moins sage et beaucoup plus sensuelle. 
On peut disserter durant des heures sur le brillant des yeux, les lèvres humides, les accessoires, le turban et la perle, le sentiment de présence qui se dégage de la toile, la précision presque photographique de la touche du peintre, l’essentiel n’est pas là. 
L’essentiel vient de la sensation d’intimité qui se tisse entre le modèle et le spectateur lorsque celui-ci regarde le tableau. 
Peu de portraits parviennent à un tel degré de proximité entre spectateur et sujet représenté. Le regard est d’une pénétration presque violente et tenace. La jeune fille à la perle est là, près de nous, en dehors du temps, au-delà des siècles….
Le tableau a été restauré en 1994, nous verrons que les reflets et la lumière jouent un rôle important, bien des parties du visage et des accessoires sont représentés de manière à accrocher un maximum de lumière. Sur les lèvres humides et au milieu des yeux on devine le reflet d’une fenêtre… 

Le point de vue du spectateur se situe au niveau des yeux du modèle. Les yeux dans les yeux c’est ainsi que la jeune fille à la perle nous regarde. 
L’œil gauche est placé sur la ligne de force correspondante. Les 4 points naturels d’intérêt encerclent la totalité du visage. Le milieu du visage coïncide avec le centre géographique de l’œuvre. 
En mettant en évidence les zones qui reflètent le plus la lumière on constate que les parties gauches du visage, du turban et des vêtements sont concernées. En positionnant le modèle de trois quart et tourné vers la source d’éclairage le peintre accentue les zones de reflet et le contraste entre les zones claires et les zones sombres. 
Le tableau est construit sur la diagonale ascendante. Coiffé du turban le visage n’est pas rond mais ovale et légèrement penché. 
Détails : 
Aux commissures de la bouche on perçoit 2 points humides. Les lèvres sont humectées, elles accrochent la lumière on peut y deviner ainsi que dans les yeux et la perle le reflet d’une fenêtre. 
Le regard nous fixe avec intensité. Dans chaque œil la source de la lumière apparaît.
Le modèle peut être idéalisé et ne pas exister réellement, mais il peur aussi s’agir de Maria la fille cadette de Vermeer qui avait entre 12 et 13 ans en 1665. 
A l’époque le turban est un accessoire peu utilisé dans les portraits. On connaît un portrait de Michael Sweerts : Le Jeune Homme au turban tenant un bouquet (1656) et un autoportrait présumé de Jan Van Eyck : L'Homme au Turban Rouge (1433) ou 
l’Autoportrait en Costume Oriental de Rembrandt (1631).
La perle est un objet ambivalent, elle est symbole de chasteté et de pureté dans la tradition biblique, mais, dans les vanités de l’époque elle signifie aussi luxure et péché. 
Celle-ci agit comme un miroir, elle reflète la lumière de la fenêtre à gauche et la blancheur du col vers le bas. 
La lumière est naturelle, elle provient de la gauche, le modèle est éclairé comme par le faisceau d’un projecteur. 
Couleur : 
Harmonie et contraste.
Contrastes entre couleurs froides et chaudes. Contrastes entre complémentaires.

Toiles Similaires : 
Jan Vermeer. Portrait d’une jeune femme. (1666). 

Même posture pour ce portrait réalisé un an plus tard. Mêmes accessoires perle et turban aussi, pourtant le modèle est moins expressif et surtout beaucoup moins agréable à regarder. 

Jean-Auguste Dominique Ingres. Portrait de la Comtesse de Larue. (1812).

Ingres est un immense dessinateur son acuité psychologique et la précision de son trait en font en effet un portraitiste de grand talent. Il représente avec minutie la physionomie humaine. Deux siècles sont passés, le turban est devenu un voile, un collier vient compléter la perle (bien plus petite) de l’oreille. La posture est plus de face. 
Camille Corot. La Femme à la Perle. (1869).

La posture est identique à celle de Mona Lisa de Vinci. Les mains sont croisées. Le costume est sobre. Le modèle regarde le spectateur d'une manière mélancolique, la perle est portée sur le front et il y a une bague à la main droite, les doigts sont extrêmement longs.