English Website

La Photographie.

Toutes les Analyses


Lignes, formes et couleurs. Les Maîtres de la photographie de Paysage. 





 

Vidéo : Lignes, formes et couleurs. Les Maîtres de la photographie de Paysage. 

 


 


Laisser un commentaire ou un avis.  


Envoyer cette page à un(e) ami(e)
 

 
Accueil 
 Analyses  Newsletter   Mouvements  Peintres  Genres  Techniques   Histoire   Musées  Expositions   Galeries   Artistes    Jeux    Annonces    Boutique Contactez-nous     Qui sommes nous ?    Liens  




Laisser un commentaire ou un avis.  


Lignes, formes et couleurs. Les Maîtres de la photographie de Paysage. 

Bien souvent c’est à l’occasion d’un voyage au bout du monde que la personne décide d’investir dans un appareil photographique et d’immortaliser les paysages d’un pays lointain. Le paysage est le plus souvent l’occasion et le motif des débuts en photographie. Le mot paysage est bien imprécis et désigne des sujets parfois forts différents. Même si l’on comprend vite ce qui différencie la montagne et la plaine, la végétation luxuriante du désert, le calme du lac à la frénésie des océans. Un paysage peut être un vaste panorama ou un petit coin de nature. Le seul point commun c’est que le paysage est un domaine de la photographie où le photographe est totalement à la merci de la lumière. Impossible d’orienter un paysage, vous devez attendre que la lumière prenne le bon angle ou abandonner votre projet. Quelle est la bonne lumière pour un paysage ? C’est celle qui révèle les qualités que vous trouvez intéressante dans une scène spécifique. Ce peut être la lumière douce et floue du crépuscule ou de l’aurore ou bien la lumière dure et sèche de midi dans un désert. Les brusques changements des conditions de lumière peuvent révéler le caractère dramatique ou fantastique d’une scène. C’est pour cette raison que de nombreux photographes de paysage préfèrent travailler tôt le matin ou tard le soir lorsque le soleil est bas dans le ciel, diffusant une lumière directionnelle qui crée des ombres longues et va souligner les lignes et les formes et donner aux couleurs des tonalités inhabituelles et des contours plus prononcés. De plus il faut ajouter qu’il y a quand même des endroits sur terre où l’on peut raisonnablement se demander s’il ne s’agit pas d’une autre planète. Les lignes les formes et les couleurs deviennent tellement exceptionnelles que l’effet de surprise pour le spectateur est immense. Mais même sans photographier ces endroits qui relèvent de l’exception un même paysage change de signification selon le point de vue et le cadrage. Selon les filtres de couleur utilisés, selon qu’il y ait ou non un premier plan, selon que des êtres vivants, hommes ou animaux, sont apparents sur l’image. Mais pour mériter la photographie un paysage doit cependant présenter des caractéristiques qui doivent être mises en valeur et servir de base à la composition. Vous devez construire des images graphiquement solides, capables de capter et de retenir l’attention du spectateur et proposant une atmosphère psychologique en accord avec votre pensée et vos sentiments en tant que créateur. Il est impératif de savoir cadrer. Vous devez tracer mentalement les lignes de force de l’image (selon la règle des tiers) et placer les points sur lesquels vous désirer attirer l’attention sur les points naturels d’intérêt. Vous devez choisir un point de vue tel que les divers éléments soient disposés agréablement les uns par rapport aux autres. La nature et les hommes font parfois bien les choses mais pas toujours. Entre les différentes composantes d’un paysage il existe souvent des relations harmonieuses que vous devez mettre en valeur. Soyez attentif aux lignes, aux formes et aux couleurs en prenant conscience que c’est la lumière qui va leur donner un relief bien particulier. Vous devez être sensibles aux différentes harmonies et stopper votre voiture par exemple lorsque vous êtes saisi par la beauté d’un site qu’un virage de la route vient de vous révéler. Surtout ne laissez pas passer certains moments parce qu’il est probable que vous ne les retrouverez pas facilement. Souvent c’est le point de vue que vous adoptez qui va vous permettre de faire ressortir l’intérêt d’un site. C’est pour cette raison que les photographies prises en altitude ont souvent beaucoup de force, c’est un point de vue auquel nous ne sommes pas habitués. Mais l’intérêt d’une photographie n’est pas directement lié à l’importance géographique, historique ou touristique d’un sujet. Pour le photographe une humble maison au pied d’une montagne est un sujet aussi intéressant que les Pyramides. Parfois même le détail d’une scène peut fournir un remarquable sujet. L’opposition ou la juxtaposition de lignes de couleur ou de lignes harmonieuses peuvent parfois motiver une image. Et pour bien construire votre image s’il est impossible de déplacer les éléments du paysage pour les faire entrer de force dans le cadrage vous pouvez toutefois changer d’objectif pour faire varier les dimensions relatives des motifs, l’échelonnement des plans, la position des lignes et des formes, la convergence ou la divergence des lignes fuyantes horizontales ou verticales en fonction de la distance focale utilisée. Un premier plan bien choisi, caractéristique de la nature du paysage, donne une impression de relief, sert d’élément de comparaison ou d’échelle et donne de la profondeur à vos images. Pour obtenir une asymétrie de la composition en général on évite de placer l’horizon en plein milieu, à moins que la symétrie ne soit le thème central de votre composition. S’il y a plusieurs thèmes dans votre image l’un doit dominer les autres de façon évidente, bien que les images à étages contenant plusieurs thèmes soient rares elles existent et elles sont difficiles à réaliser. Plusieurs méthodes sont possibles pour déplacer la ligne d’horizon dans le cadrage. Vous pouvez incliner l’axe optique de l’appareil en plongée ou en contre-plongée. 
Vous pouvez également laisser l’appareil horizontal et élever ou abaisser le point de vue ce qui modifie considérablement le rendu et la perspective d’une scène. Si pour n’importe quelle raison c’est impossible vous pouvez recadrer votre image sans incliner l’appareil en utilisant un objectif grand angle décentrable. L’agencement des lignes dominantes évoque selon le cas, le calme, l’élévation de la pensée, le mouvement, la féminité, la virilité… Souvent c’est de manière instinctive qu’un paysage de bord de mer où les horizontales dominent s’inscrivent dans la largeur du format alors qu’une montagne aux sommets vertigineux se cadre avec plus de force dans la hauteur du format. Le paysage est par sa nature un sujet à 3 dimensions et la même dimension, la profondeur, peut à elle seule suggérer l’échelonnement des plans parfois jusqu’à l’horizon. Pour accentuer la sensation de relief vous aurez souvent besoin d’un premier plan. Souvent les plans deviennent de plus en plus imprécis en se rapprochant de l’horizon, sauf si l’atmosphère est parfaitement limpide. Cette image réalisée avec un super grand angle (15 mm) permet d’obtenir une composition puissante, nette du premier plan à l’infini. 
Selon la saison, l’heure, l’atmosphère ou la position géographique du lieu où l’on opère la nature de l’éclairage peut varier considérablement. Le soleil brillant dans une atmosphère pure donne des couleurs vives et saturées, des valeurs contrastées, des ombres denses à moins que le sol ne réfléchisse la lumière (sable, neige, sel, eau), les ombres ont des contours nets. Le soleil voilé par de légers nuages blancs atténue sensiblement le contraste et diminue la vivacité des couleurs. Les ombres ont un contour adouci et bien détaillé. Si le ciel est gris et légèrement couvert les couleurs sont désaturées et le contraste général est faible. 
D’une manière générale les meilleurs résultats sont obtenus avec un soleil légèrement voilé ou brillant. Le ciel gris, très couvert donne des couleurs ternes et un manque de contraste qui retire toute sensation de relief aux images. 
Le soir ou le matin la lumière est jaune-orangé, ceci donne aux images des tonalités chaudes. 
Une brume légère ou des fumées industrielles colorent aussi la lumière du soleil avec souvent une dominante bleue à cause de l’absorption des radiations les plus élevées du spectre solaire par la vapeur d’eau en suspension dans l’atmosphère. 
Les différentes directions de la lumière modifient les couleurs et le contraste. Lorsque le soleil est situé derrière l’appareil les couleurs sont justes et le bleu du ciel est bien saturé. Le paysage peut manquer de relief car tous ses plans reçoivent le même éclairement. De plus l’ombre du photographe risque de se projeter sur le sol au premier plan. Lorsque le soleil est de 3 quarts avant les images sont bien modelées et agréablement contrastées, la sensation de volume est bien traduite et les plans du paysage bien échelonnés. Cet éclairage classique convient dans de nombreux cas même s’il n’est pas original. Lorsque le soleil se trouve sur le côté l’éclairage possède un effet dominant moins habituel pour un paysage. Par beau temps le contraste risque d’être élevé mais il suffit de ne pas inclure de zones d’ombres trop importantes dans le cadrage. Les couleurs sont assourdies mais peuvent être harmonieuses. 
Lorsque le soleil est en semi-contre-jour, soit de 3 quarts arrière, l’éclairage est parfait pour un paysage peu accidenté, les zones d’ombres sont peu importantes sauf si le soleil est bas sur l’horizon. Par beau temps le contraste général est augmenté et il se produit une forte désaturation des couleurs. Si l’atmosphère est un peu brumeuse ces effets sont moins marqués. Vous obtiendrez une image sombre avec des hautes lumières détaillées si vous posez pour les hautes lumières. En posant pour les ombres, au contraire, ce sont les hautes lumières qui seront surexposées tandis que les zones sombres seront bien détaillées. En plein contre jour, lorsque le soleil se trouve dans le champ embrasé par l’objectif en général le disque lumineux est beaucoup trop lumineux pour être enregistré correctement en même temps que les autres éléments du paysage. Donc soit vous attendez que le soleil se cache derrière un obstacle naturel vertical de la composition (arbre, bâtiment) soit vous réalisez un montage de 2 images (objectifs de 200mm et 28mm ici) soit vous attendez que l’atmosphère devienne nébuleuse à cause de la brume ou du brouillard. Le plein contre-jour donne des images très contrastées où seuls les éléments se découpant sur le ciel sont représentés par des silhouettes noires. En posant largement on aura quelques détails dans les ombres, en surexposant les hautes lumières feront un halo lumineux rongeant le contour des objets. 
N’oubliez jamais que les lignes et les formes composent le rythme de vos images. Un bon dessinateur parvient à évoquer n’importe quel objet, n’importe quel mouvement avec quelques lignes droites ou courbes ou une simple arabesque. Les lignes sont la véritable ossature de l’image. Certaines lignes d’un sujet sont essentielles et elles le caractérisent, les rails d’une ligne de chemin de fer, la ligne d’horizon qui sépare ce qui appartient à la terre de ce qui constitue le ciel, de manière symbolique elle évoque l’infini puisque toutes les lignes horizontales y convergent. Il existe également des lignes qui enveloppent les contours, les formes, qui séparent les nuances de couleurs ou l’ombre de la lumière. Les lignes courbes évoquent la féminité, la douceur, les lignes droites représentent la virilité et la rigueur. Les horizontales suggèrent le calme, le repos alors que les verticales répétées inspirent des sentiments de grandeur ou d’élévation spirituelle. Les lignes obliques évoquent le mouvement et les lignes entrecroisées ne peuvent suggérer que l’agitation fébrile et désordonnée. Le rapport des lignes entre elles et leur répétition dans la surface de l’image crée le rythme qui peut être égal et monochrome ou au contraire accéléré, par l’effet de perspective par exemple. Un élément de l’image qu’il ne faut pas oublier est la couleur. Dans l’image les différentes teintes ne précisent pas seulement les limites et la nature des objets. Elles établissent également des rapports entre elles que l’on appelle harmonie si ces teintes s’associent ou contraste si elles s’opposent. On doit tenir compte des nuances colorées pour créer un ensemble harmonieux et/ou agréablement contrasté. Jouer avec les couleurs ne consiste pas forcément à associer des couleurs saturées contrastant vivement comme des complémentaires par exemple. Les couleurs prennent plus d’importance et se marient plus agréablement lorsqu’elles sont discrètes et nuancées, d’une subtilité parfois envoûtante. Vous pouvez jouer sur de multiples harmonies et de multiples contrastes proches les uns des autres dans une même image. 

Photos : 

Vitali Hantsevich.

Eastlyn Bright Tolle.