Pablo Picasso. (1881-1973). 


   

Les Peintres

Vidéo : Picasso l'inventaire d'une vie.

Musée Picasso Paris, une collection revisitée.

Vidéo : Les engagements de Picasso.(52 mn).

Le Mystère Picasso.

La Vie et l' oeuvre de Picasso. Chronologie interactive par le Musée Picasso de Barcelone.
Clic sur les toiles pour voir les commentaires et explications (en anglais ou espagnol).

Toile analysée : Pablo Picaso. Le Vieux Guitariste. (1903). Période Bleue.











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Pablo Picasso. (1881-1973). 

C’est l’artiste « moderne » le plus connu et le plus complet du XXe siècle. Espagnol, né à Malaga, il pratique tous les modes d’expression artistique, peinture, sculpture, gravure, céramique et il est aussi écrivain. Il sait s’adapter aux tendances du moment, les précéder, les susciter ou les influencer. C’est le pionnier de l’art moderne. André Malraux le désigne comme : « la plus grande entreprise de destruction et de création de formes de notre temps ».
Fils d’un professeur de dessin José Ruiz Blasco et de Maria Picasso ses dons sont précoces et son père les reconnaît très vite. Jusqu’en 1898, il utilise le nom de son père, Ruiz, et le nom de jeune fille de sa mère, Picasso, pour signer ses créations. Après 1901 il abandonne « Ruiz » et utilise uniquement le nom de jeune fille de sa mère. Il est admis à 16 ans aux Beaux Arts de Madrid mais il est plus souvent au musée du Prado qu’en cours. Sa grande toile académique Science et Charité (1897) où son père joue le rôle d’un médecin auprès d’une religieuse, d’un enfant et d’une femme malade, reflète sa formation classique et son ancrage catalan. 
Entre 1900 et 1902, Picasso effectue 3 voyages à Paris, puis s’y établit en 1904.Il y découvre les œuvres de Théophile-Alexandre Steinlen, Honoré Daumier, Edgar Degas et Henri de Toulouse Lautrec dont on sent l’influence dans le Moulin de la Galette (1900). C’est le début de sa période bleue. Il abandonne les tons flamboyants pour un camaïeu de bleus froids et donne plus de vigueur à son trait. Dans La Chambre bleue de Picasso (1901) on reconnait l’influence de Degas (Le Tub.1886). Cette période bleue est nommée ainsi en raison des teintes dominantes dans les œuvres exprimant la misère et la mort à la suite du suicide de son ami Carles Casagemas,les tableaux ont pour sujet des aveugles, des musiciens, des mendiants, des alcooliques et des prostituées aux corps allongés qui rappellent le style maniériste du Greco. Trois toiles sont très caractéristiques de cette période, La Buveuse d’Absinthe (1901), la Buveuse Assoupie (1902), La Vie (1903). Peu après s’être installé à Paris dans l’immeuble du Bateau-lavoir, Picasso rencontre Fernande Olivier, la première de ses compagnes à influencer son style, ses thèmes et l’ambiance de ses œuvres. Sa palette devient rose et rouge. Les années 1905 et 1906 constituent la période rose, qui est une peinture sentimentale, caractérisée par la suprématie du dessin sur la couleur. Un grand nombre de ses personnages est inspiré par le monde du cirque, comme les Saltimbanques (1905), L’Arlequin et L’acrobate, du Saltimbanque peuplent l’imaginaire du peintre. Les formes sont plus douces, les tons plus chauds, les détails surgissent. (Famille d’Acrobates au Singe) (1905). Acrobate à la Boule (1905), ou bien ce sont des portraits de femmes à leur toilette. (Toilette 1906). Surtout les toiles sont spontanées. (période rose) En 1907 Picasso rencontre Henri Matisse, dans le Portrait de Gertrude Stein (1906) qui annonce Les Demoiselles d’Avignon (1906-07) il traite le visage comme un masque, en transformant les masses en figures géométriques telles des sculptures superposées, comme dans les masques africains, Les Demoiselles d’Avignon (1906-07) est une toile radicale dans le traitement de la profondeur picturale. Celle-ci semble brisée. La perspective spatiale et la forme idéale du nu féminin sont renversées avec un éclatement des plans représentés simultanément sur la surface plane de la toile. 
Inspirés par le traitement du volume et de la forme chez Cézanne, Picasso et Georges Braque peignirent en étroite collaboration des toiles définies négativement par la critique comme « cubistes », car réduites à des schémas géométriques. Ils travaillèrent ensemble entre 1907 et 1914. Des Portraits assez atypiques : Ambroise Vollard, Daniel Kahnweiler. Picasso travaille aussi régulièrement avec André Derain et Juan Gris. 
Durant les mois d’été entre 1911 et 1913 à Céret et Avignon avec Georges Braque il se lance dans les collages (Feuille de Musique et Guitare) qui le font passer du cubisme analytique au cubisme synthétique. Dans un premier temps pour définir précisément les formes choisies, ils les réduisent à des ébauches géométriques, 
tout en multipliant sur le même plan les divers axes de vision établis par la perspective traditionnelle. Le fait pictural devient le sujet du tableau. Cette première phase du cubisme est appelée cubisme analytique. La toile : Le Poète (1911) est un parfait exemple du cubisme analytique. L’architecture des objets est totalement décomposée.
Le cubisme synthétique lui ne vise pas à décomposer l’objet pour l’extraire de la réalité mais à lier les éléments pour faciliter l’identification de l’objet comme dans la nature morte Cort. Les collages sont du cubisme synthétique car les morceaux de journaux, les papiers peints et les partitions musicales éloignent de l’abstraction pure en rétablissant un lien vers des objets concrets. Les collages de Picasso l’amènent à intégrer des effets décoratifs sur les œuvres et à utiliser des couleurs de plus en plus vives comme dans La Femme à la Guitare (1914). La caractéristique de Picasso est une simultanéité de styles souvent contradictoires. Il prend parfois ses distances par rapport au cubisme, Il revient à une forme plus classique tout en donnant à ses personnages des statures colossales (3 Femmes à la Fontaine 1921), les plis des tuniques évoquent des colonnes antiques.
Ou des œuvres inspirées par la mythologie comme Les Flûtes de Pan (1923). Il s’intéresse aux formes rondes même si parfois il retravaille sur des compositions dépourvues d’effets plastiques (La Guitare 1920). En 1922 il se rapproche des surréalistes et expose avec eux (La Danse 1925), les œuvres deviennent violentes montrant des créatures difformes, convulsives, prises d’une rage hystérique : Femme dans un Fauteuil (1927) et Baigneuse Assise (1930). 
L’influence des artistes surréalistes est incontestable dans cette volonté d’exposer de l’intérieur un enfer personnel. 
Plusieurs œuvres cubistes du début des années 1930, assez érotiques, marquées par des lignes courbes et harmonieuses, traduisent une nouvelle étape amoureuse chez Picasso, sa rencontre avec Marie Thérèse Walter, dont il eut une fille, Maya, en 1935. Marie Thérèse, est le modèle de la célèbre Jeune fille Devant une Glace (1932). Il voyage en Espagne et se passionne pour la tauromachie qui devient un de ses thèmes favoris (La Corrida 1934). Il réalise une série de gravures en 1935 : La Minotaurmarchie. La guerre civile espagnole le fait réagir dans Les Songes et Mensonges de Franco (1936). Républicain dés le début il devient en 1936 directeur du Prado. Le gouvernement espagnol, pour son pavillon de l’Exposition internationale, de Paris en 1937, commande à Picasso une grande composition murale. Il s’inspire alors d’un épisode de la guerre d’Espagne, le bombardement de la ville basque de Guernica par les avions allemands de la légion Condor, le 26 avril 1937. Achevé en moins de deux mois, Guernica ne représente pas directement l’événement. Picasso y symbolise plutôt l’horreur des conflits humains par l’emploi de formes exprimant l’éternelle cruauté : le taureau, le cheval agonisant, le guerrier tombant, la mère et son enfant mort, la femme emprisonnée dans un immeuble en flammes. La composition en triangles, qui rappelle celle des frontons des temples grecs ou des pignons romans, donne à l’œuvre sa dimension tragique. C’est une allégorie de la haine que compose là Picasso, un monument aux morts en noir et blanc.
La palette de Picasso devient plus sombre avec le début de la Seconde Guerre mondiale et la dénonciation de la déraison humaine demeure le sujet d’un grand nombre d’œuvres comme Le Charnier (1944-1945) ou Massacre en Corée1951 qui s’inspire de Goya. 

Alors qu’il faisait alterner les visions surréalistes et les abstractions figuratives à partir des années 40 sa manière de créer se stabilise. Il quitte paris pour la côte d’Azur et dans ses ateliers de Vallauris et d’Antibes il découvre la céramique , il sculpte , grave et dessine. Les couleurs sont vives, certains diront méditerranéennes. La maturité de son œuvre s’exprime à travers une toile comme Le Guitariste (1965). 
Auteur d'une œuvre riche de plus de 20 000 pièces, il s'essaie à tous les supports, lithographie, gravure sur linoléum, céramique, sculpture, affiche et peinture qui abordent autant de thèmes que de techniques, révélant une liberté créatrice exceptionnelle. Il reste jusqu’à sa mort le témoin de son temps, non conformiste, doté d’une formidable énergie créatrice qui fait de lui la figure de proue de tout l’art moderne.