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 Jackson Pollock (1912 - 1956). L’inconscient en Action. 




 




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Jackson Pollock (1912-1956). L’inconscient en Action. 

Jackson Pollock, expressionnisme abstrait, école de New york, dripping, all over. 

Jackson Pollock, est un peintre américain, c’est l’un des principaux représentants de l’expressionnisme abstrait, il est membre de l’école de New York. Il pratique le dripping et le all-over, termes que nous allons expliquer et sa démarche privilégie l’expression spontanée de l’individu dans l’acte de peindre. 

Il est impossible de traiter de Pollock sans faire référence à Hans Hartung et à Georges Mathieu car l’expressionnisme abstrait c’est aussi manifesté en l’Europe sous le nom d’abstraction lyrique ou art informel marqués par l’absence de structures organisées.

Il y a énormément de similitudes dans la finesse de la ligne, la fluidité et l’aspect général des œuvres entre Pollock, Hartung et Mathieu. De plus les dates sont similaires. La première grande exposition personnelle de Hans Hartung a lieu à la galerie Lydia Conti, à Paris, en 1947. C’est aussi en 1947, que Georges Mathieu s’installe à Paris et contribue à donner naissance à l’abstraction lyrique. La célèbre toile N° 5, de Pollock a été peinte en 1948 tout comme N° 1A. 

Il est évident que ces artistes se sont influencés mutuellement et d’ailleurs Georges Mathieu déclarait en 1949 que Jackson Pollock était le plus grand peintre américain vivant. 

Pour Hans Hartung sa peinture abstraite reflète fidèlement sa conception de la représentation du réel : une expression libre et pure doit transcender la réalité. Sa méthode repose essentiellement sur des coups de pinceau très vifs, la rapidité dans le processus créatif étant, selon lui, « une nécessité spirituelle ».

En 1947, Georges Mathieu, autodidacte, donne naissance à l’abstraction lyrique, 
Cette peinture spontanée et gestuelle, influencée par la calligraphie extrême-orientale, et très proche de l’action painting américaine. Doué d’une rapidité d’exécution stupéfiante, fondée sur des automatismes, il réalise à partir des années cinquante toute une série de grandes compositions exécutées en public, souvent en moins de trente minutes.

Le centre du mouvement expressionniste abstrait se situe à New York, d’où sa désignation d’ École de New York. Même si les aspects de ce courant sont aussi nombreux que les peintres qui le suivent, 2 grandes tendances s’en dégagent : l’action painting et le color field painting. Les artistes du premier groupe s’attachent à la texture et à la consistance de la peinture ainsi qu’aux gestes de l’artiste, alors que les peintres du second groupe insistent sur l’unification de la couleur et de la forme. Pollock est le peintre par excellence de l’action painting. Il verse ou asperge la toile de couleur et effectue ensuite des lignes entrelacées qui semblent s’étendre en des arabesques sans fin. Peinture de l’instinct, de l’énergie créatrice, à la gestualité spontanée, l’action painting, terme proposé en 1952 par le critique américain Harold Rosenberg, privilégie non pas l’image mais l’action de peindre sans idée préconçue du résultat final.. 

L’expérience de l’exécution de l’œuvre devient le thème même de celle-ci. Il est surtout question, en effet, du hasard opérant dans les gestes de l’artiste manipulant une peinture fluide en des gestes rapides et incontrôlés dont les œuvres de Pollock sont un parfait exemple. Surtout dans le dripping. 
Le mot dripping vient de l’anglais drop goutte. Il consiste à projeter partout (all over) la couleur sur la toile, généralement de très grand format et posée à même le sol, avec des pots de peinture percés, ou appliquée avec des bâtons, des baguettes, des brosses…

La technique du all over, c’est à dire de peindre sur la totalité de l’espace pictural implique l’absence de figure et de point focal. C’est donc par la seule expression de la matière picturale que l’artiste doit aller au plus profond de l’émotion, et libérer son inconscient en pratiquant l’automatisme gestuel, dans son investissement corporel. 
Le peintre de l’action painting est le visionnaire de sa réalité intérieure, celui qui donne forme à l’informe de son inconscient, par l’action painting, l’artiste devient une figure romantique. 

Né à Cody (Wyoming), Jackson Pollock passe sa jeunesse en Arizona et en Californie. En 1928, il entreprend d’étudier la peinture et s’inscrit à la Manual Arts High School de Los Angeles. Il découvre New York en 1930 et suit les cours à l’Art Students League de Thomas Hart Benton, qui lui apportera son soutien au cours de toute la décennie. C’est alors que naît sa curiosité pour les muralistes mexicains José Clemente Orozco et Diego Rivera. Leurs fresques vont lui donner le goût des grands formats.

Jackson Pollock est influencé par diverses expériences. Enfant, il assiste à un rituel des indiens Navajos. Lorsqu’un membre de la tribu est malade les Navajos peignent avec du sable, des pollens, des pétales ou de la farine. Les peintures sont exécutées au sol et sont cernées par un cadre ou gardien. Le membre de la communauté qui est soigné vient se placer au milieu de la peinture. Puis l’œuvre est détruite, elle sert à frotter le malade puis est jetée loin du village. Selon cette conception, c'est l'action de réaliser la peinture et non l'objet qui est essentiel. C’est aussi l’action de réaliser l’œuvre qui guérit le malade et non la peinture elle même. 

L'expression action painting tient compte de cette référence.
De plus Pollock et son psychanalyste Joseph Henderson, un psychanalyste formé directement auprès de Carl Gustav Jung, se passionnent tous 2 pour l'art primitif.
Avec Henderson Pollock interprète ses œuvres comme s’il s’agissait de rêves et ils évoquent beaucoup les sculptures indiennes. L’art primitif utilise des archétypes puissants reliés à l’inconscient collectif dans la conception de C.G Jung de l’inconscient. On retrouve des figures totémiques dans certaines toiles de Pollock, The She-Wolf (1943). 

Pollock revendique l’influence du cubisme car il a vu des dessins préparatoires du Guernica de Picasso, des toiles de Joan Miró mais aussi su surréalisme en voyant des tableaux automatiques d’André Masson. Les toiles de Pollock vers 1938 sont entre cubisme (pour la forme) et surréalisme (pour le sujet). 

On le voit la naissance du style de Pollock est le résultat de bien des paramètres. 

De plus, certainement avec l’aide de son psychanalyste Pollock prend conscience du processus du refoulement et de l’effacement progressif de la conscience de certains souvenirs. Il n’hésite pas à déclarer qu’il produit des couches de peinture pour dissimuler certaines formes, en ce sens son œuvre devient presque une thérapie publique. Pour ne pas influencer le spectateur il remplace les titres par des numéros ou parfois la toile est baptisée après plusieurs visites, selon l’interprétation des spectateurs. 
En 1951, Pollock commence à dessiner sur les toiles avec des seringues, puis se met à expérimenter des effets de nappe de peinture épaisse ou fluide, des frottis, et se joue des fusions entre matières : c'est ce que l'on voit dans The Deep (1953).
Mais surtout il se renouvelle sans cesse, son style n’est jamais figé. Dans la même années, 1953, il produit des toiles totalement différentes. 
Vers 1951 sa production prend une nouvelle direction car il est confronté au problème de la figuration. Pollock réintroduit dans les lacis de dripping, désormais noirs, des figures humaines. (Echo. 1953). 
L' impact de l’œuvre de Pollock a été considérablement amplifié après la 
diffusion du film de Hans Namuth, en particulier dans les écoles d'arts des 
États-Unis, dans les années 1950. 
« Je ne tends pratiquement jamais ma toile avant de peindre. Je préfère clouer ma toile non tendue au mur ou au sol. J'ai besoin de la résistance d'une surface dure. Au sol je suis plus à l'aise. Je me sens plus proche du tableau, j'en fais d'avantage partie; car de cette façon, je peux marcher tout autour, travailler à partir des 4 côtés et être littéralement dans le tableau. C'est une méthode semblable à celle des 
peintres Indiens de l'Ouest qui travaillent sur le sable. » 
« Quand je suis dans mon tableau, je ne suis pas conscient de ce que je fais. 
C'est seulement après une espèce de temps de prise de connaissance que je 
vois ce que j'ai voulu faire. Je n'ai pas peur d'effectuer des changements, 
de détruire l'image, etc., parce qu'un tableau a sa vie propre. J'essaie de la 
laisser émerger. C'est seulement quand je perds le contact avec le tableau que le résultat est chaotique. Autrement, il y a harmonie totale, un échange facile, 
et le tableau est réussi.»

Jackson Pollock a réalisé plus de 700 œuvres.

Il meurt à l’âge de 44 ans dans un accident d’automobile à The Springs le 11 août 1956.

Ce n'est qu'à partir de la mort de Pollock que son travail commence à porter ses fruits. Le mythe de l'artiste au destin tragique qui a su correspondre à l'espace américain, à sa vitesse et à son énergie, ce mythe fait croître la demande. Vendue en novembre 2006 pour la somme de 140 millions de dollars, la toile N°5, peinte en 1948, fait partie des œuvres les plus chères de tous les temps.