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Diego Velázquez. (1599 – 1660). Le Porteur d’eau de Séville. El Aguador. (1623). 105 cm × 80 cm. 
Huile sur toile. 
Peintre-analyse.com. Le 06.02.2015.

Art Baroque

L’importance des détails en peinture 
pour pouvoir expliquer une allégorie.

Cette œuvre ne serra pas présentée à l’exposition Diego Velázquez organisée par la Réunion des Musées Nationaux au Grand Palais du 25 Mars 2015 au 13 Juillet 2015. 

En effet la toile est conservée au musée de Wellington, dans le palais londonien de Apsley House. Elle a été offerte par Ferdinand VII, roi d'Espagne, au général Arthur Wellesley après la bataille de Waterloo en remerciement pour la libération de l'Espagne de l'empire napoléonien. Le 18 juin 2015 les Britanniques commémorent 
le bi-centenaire de la bataille de Waterloo. Donc ils ont refusé de prêter cette œuvre. 

En conséquence nous vous proposons l’analyse de cette toile majeure de l’artiste et qui n’a pas d’équivalent dans l’œuvre de Velázquez.

De plus cette toile illustre l’importance des détails en peinture 
pour pouvoir expliquer une allégorie.

Murillo.











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Diego Velázquez. (1599 – 1660). Le Porteur d’eau de Séville. El Aguador. (1623). 105 cm × 80 cm. Huile sur toile. 
Peintre-analyse.com. Le 06.02.2015.

Cette œuvre ne serra pas présentée à l’exposition Diego Velázquez organisée par la Réunion 
des Musées Nationaux au Grand Palais du 25 Mars 2015 au 13 Juillet 2015. En effet la toile est conservée 
au musée de Wellington, dans le palais londonien de Apsley House. Elle a été offerte par Ferdinand VII, 
roi d'Espagne, au général Arthur Wellesley après la bataille de Waterloo en remerciement pour 
la libération de l'Espagne de l'empire napoléonien. Le 18 juin 2015 les Britanniques commémorent 
le bi-centenaire de la bataille de Waterloo. Donc ils ont refusé de prêter cette œuvre. 
En conséquence nous vous proposons l’analyse de cette toile majeure de l’artiste et qui n’a 
pas d’équivalent dans l’œuvre de Velázquez.
De plus cette toile illustre l’importance des détails en peinture pour pouvoir expliquer une allégorie.

A l’âge de 10 ans Diego Velázquez entre dans l’atelier de Francisco de Herrera le vieux à Séville. Puis jusqu’en 1617 il travaille avec Francisco Pacheco. Bien que souvent considéré comme un peintre sans envergure et banal Pacheco sait exprimer un réalisme très direct. L’élève dépasse vite le maître et en 1617 Diego Velázquez est reçu maître. En 1618 il épouse la fille de Pacheco et ouvre son atelier en 1820. A Séville, Le Porteur d'Eau ou l'Aguador (marchand d'eau) était un personnage utile de la vie quotidienne. A cette époque bien entendu il n’y a pas d’eau courante. Les scènes de genre sans connotations religieuses ou mythologiques sont rares dans l’œuvre de Velázquez, célèbre surtout pour ses portraits. Le traitement de la lumière à la manière du Caravage (1571 – 1610) permet au peintre d’opposer dans sa composition le cristal du verre au grès de la jarre au premier plan mais aussi la peau lisse du jeune garçon et le visage ridé du porteur d’eau, beaucoup plus âgé. Au centre et à l’arrière plan il y a un adulte en train de boire. Ainsi comme la toile est une succession de 3 portraits à 3 âges différents de la vie beaucoup de commentateurs voient dans l’œuvre une allégorie de la vie et du temps qui passe. Nous verrons que l’allégorie est très poussée et qu’elle s’effectue à plusieurs niveaux. Mais surtout la toile est construire sur la grande diagonale descendante, les vêtements du porteur d’eau sont troués et en piteux état, la palette des couleurs est constituées surtout de tons qui vont du doré de l’orangé au marron. Ce sont les caractéristiques des œuvres d’un autre peintre sévillan. Bartolomé Esteban Murillo (1618-1682). Techniquement cette toile est la preuve de l’influence de Diego Velázquez sur Murillo. Lorsque 25 ans plus tard Murillo va se mettre à peintre les enfants des rues de Séville c’est cette toile qui l’inspire.
Sauf pour une chose, les enfants de Murillo, misérables, en guenille, ont toujours le sourire, ici non. Les personnages sont graves et mélancoliques. 
Lorsque l’eau s’écoule la vie s’écoule elle aussi, le temps passe et laisse ses marques, sur les parois de la jarre, sur les vêtements du porteur d’eau déchirés et sur son visage ridé. Devant la révélation de l’image de sa déchéance corporelle l’homme ne rit pas. 

Le point de vue du spectateur se situe entre les 2 visages du premier plan. 
Le regard peut soit monter vers le visage du porteur d’eau soit descendre vers le verre d’eau. 

Le visage du jeune garçon est sur le point naturel d’intérêt supérieur gauche. 
La Jarre et les mains des personnages sont sur les points naturels d’intérêt 
Inférieurs. 

La toile peut se lire à plusieurs niveau. 
En haut les 3 âges de la vie. 1 L’enfant. 2/ L’adulte. 3 / Le vieillard. 

A gauche, la paroi lisse de la cruche renvoie à la transparence du verre puis à la peau lisse de l’enfant. A droite, les sillons sur les parois de la jarre sont repris par les plis des vêtements et les rides du visage. 

La toile est construite sur les 2 grandes diagonales qui sont descendantes. 
Une grande majorité des lignes directrices plongent vers le bas. 
Les regards du porteur d’eau et du jeune garçon tombent vers le bas et le regard du spectateur suit la même direction. 
Une interprétation courante déclare que le verre d’eau serait la coupe de la connaissance que le vieil homme tendrait au jeune garçon. Dans ce cas vu la mine des 2 personnages cette connaissance n’est pas du tout réjouissante. 

Détails : 

Le visage du porteur d’eau est extrêmement marqué. Les rides du front sont nombreuses, les rides des joues et du cou sont profondes. 
Son faciès est triste et grave. Si la toile est une allégorie celle-ci n’est certainement pas optimiste. Comme le regard des deux personnages descend la clé de l’allégorie se situe au bas de la toile. 

La mine de l’enfant est totalement déconfite. L’expression de son visage laisse apparaître beaucoup de tristesse et de gravité. On dirait presque qu’il va pleurer. 
L’eau est symbole de vie, il n’y a pas de raison objective d’être triste lorsque l’on reçoit de l’eau et que l’on va boire. Mais si l’eau est aussi une allégorie du sang et des larmes qui doivent couler, et c’est ce qui est dit sur la paroi de la jarre, cette révélation provoque une émotion négative et une prise de conscience du caractère implacable de l’existence et de toutes les souffrances qui peuvent marquer une vie. 
Des gouttes d’eau s’écoulent sur les rebords du verre renvoyant aux gouttes qui s’écoulent sur la paroi de la jarre. 

La Jarre : Une allégorie de la condition humaine. 

Des gouttes d’eau s’écoulent sur la paroi de la jarre. Ces gouttes constituent une perte et elles renvoient aux autres gouttes, plus haut, glissant sur le rebord du verre. Elles évoquent les larmes qui devront couler des joues de l’homme. Comme Velázquez laisse apparaître du rouge sur la paroi de la jarre, le même rouge qu’il utilise sur les joues de l’enfant les gouttes symbolisent aussi du sang. Du sang et des larmes voici une allégorie de la condition humaine qui explique l’expression grave et affligé, totalement mélancolique et amère des visages du porteur d’eau et du jeune garçon. 


Lumière : 

La toile est éclairée d’en bas à gauche. Ce type d’éclairage popularisé par Le Caravage comme si un projecteur éclairait la scène sur le coté a tendance à dramatiser les œuvres qui se retrouvent situées entre lumière et pénombre. Ce qui a peu d’importance n’est pas éclairé. 

Couleurs.

Harmonie et contraste.

Harmonie entre couleurs chaudes.

Diego Velázquez. (1599 – 1660). Vieille Femme Faisant Frire des œufs. 1618.

Diego Velázquez. (1599 – 1660). Déjeuner de Paysans. 1622.

Diego Velázquez. (1599 – 1660). La Forge de Vulcain. (1630, Musée du Prado, Madrid).