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Salut Nazi : Un Salut souvent Fâcheux
… mais parfois Étonnant ! 

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Un Salut souvent Fâcheux… mais parfois Étonnant !

Dans son ouvrage « Survivre », 524 pages, Éditions Pluriel, 1979, Bruno Bettelheim, s’il pose bien sûr le problème de la survivance, aborde aussi d’autres thèmes, l’autonomie et l’aliénation ainsi que la manière employée par une dictature pour anéantir la liberté du citoyen et l’avilir. En fait l’ouvrage est une suite d’essais publiés aux États Unis en 1952, 1960, 62 et 76. Juif, Bruno Bettelheim a connu les camps de l’intérieur, un an à Dachau et Buchenwald et son œil de scientifique, de psychiatre et de psychanalyste décrit divers processus qu’il a vu à l’œuvre dans les camps au cours des situations extrêmes lorsque justement les limites extrêmes sont franchies. Mais Bettelheim a aussi vécut en Allemagne durant la montée du nazisme et il décrit précisément les réactions de ses compatriotes devant les agissements des barbares. Le souvenir de certains passages de cet ouvrage nous a poussé à nous intéresser au salut Fasciste et Hitlérien. Certaines choses nous ont intriguées, nous avons visionnés des heures de vidéo pour vérifier diverses théories. Le résultat de cette étude est ici…

En Allemagne le salut hitlérien existe dés la naissance du parti, bien avant la prise du pouvoir. Comme bien des symboles de l’idéologie Nazie il est inspiré de l’Ave César des Romains qui est le salut du citoyen ou du militaire au dictateur suprême. Habile et avisé César s’attribue des pouvoirs sans partage, mais toujours dans le respect de la légalité : il prend soin de se faire octroyer soit la dictature (49 av. J.-C., et 47 av. J.-C.), soit le consulat (48 et 46), soit les deux fonctions simultanément (45 et 44) pour une période d’abord limitée, 10 ans en 46 av. J.-C., puis à vie, 44 av. J.-C.
Un bon exemple du Salut romain est représenté par David dans Le Serment des Horaces. (1784). Le Salut Nazis est bien un Serment de fidélité et de soumission d’abord au Parti et ensuite au Führer… le Salut consiste à lever le bras droit et à crier : « Heil Hitler ! ».
Bettelheim fait remarquer qu’au moyen-âge le despote dispose de système d’espionnage bien moins sophistiqués que ceux de l’époque moderne. A cette époque l’opposant n’est pas facile à repérer. Le sujet est toujours d’actualité et l’ont sait aujourd’hui que les moyens d’influencer les pensées de tous sont illimités dans une société des médias mais que les moyens de contrôle le sont aussi ! Tout ceci donne à la dictature moderne la possibilité d’affirmer que ses sujets sont libres de penser ce qu’ils veulent tout en les contraignant d’adopter les convictions souhaitées par le système. Le salut hitlérien nous fournit un excellent exemple du fonctionnement de certains de ces mécanismes. Ce salut a été délibérément introduit par le régime pour que chaque fois que les gens se rencontrent dans les endroits publics ou privés il soit facile de reconnaître ceux qui restent fidèles à l’ancienne façon « démocratique » d’accueillir leurs amis. Pour les nazis saluer plusieurs fois par jour est une manière de s’affirmer et d’affirmer leur puissance. Chaque fois que le nazis lève la main son moi est renforcé. Pour l’opposant au régime le salut a exactement l’effet contraire. En fait le non nazis a le choix entre 2 attitudes, soit il se pose en ennemi du régime en refusant de faire le salut et dans ce cas il s’expose a être persécuté et bien souvent éliminé, soit il feint de croire à quelque chose qu’il réprouve et qu’il méprise en secret. Dans ce cas il en vient à se duper lui-même et par ce fait il perd sa propre estime. Chaque fois qu’un opposant rencontre une connaissance il vit une expérience qui déchire son moi et affaiblit son intégration. Le salut coupe en deux le moi de l’opposant ! Dans les images toute la foule salue. Où sont les opposants ? invisibles ! Pourtant tout le monde sait qu’il y en a …
Cette image est une des rares où un opposant se manifeste. Si les circonstances obligent l’opposant à faire le salut hitlérien il se sent immédiatement traître à ses idées les plus chères puisqu’en saluant il affirme sa fidélité et son admiration envers le Führer, une personne qu’il hait. D’un autre coté saluer est la seule manière de ne pas se faire arrêter par la Gestapo car les gens sont fortement encouragés à dénoncer ceux qui ne saluaient pas aux autorités. En fait celui qui refusait de saluer se mettait en danger lui-même mais aussi ceux qui n’auraient pas voulut le dénoncer. Encore une fois sur les images tout le monde fait le salut mais personne, opposant ou militant, n’a vraiment le choix ! Les images où l’ont voit des prêtres faire le salut nazis ont quelque chose de profondément écœurant. Le salut est une manière d ‘aliéner l’esprit de résistance et la possibilité de s’opposer ouvertement. Ce signe de reconnaissance lorsqu’il devient obligatoire est une manière d’avilir l’individu et permet de nier sa liberté de conscience et d’expression. Tout le monde doit être dans le moule. On remarque 2 attitudes différentes chez Adolf Hitler ou Benito Mussolini. Lorsque le dictateur salue la foule ou les troupes militaires il a le bras bien tendu vers l’avant, il fait le salut classique. Ce geste est évidemment très masculin et il symbolise le phallus masculin dressé, synonyme de la prise de pouvoir de l’homme sur la femme et du masculin pénétrant le féminin. Lorsque le dictateur répond au salut, soit de la foule, soit des troupes militaires son geste est inversé ! Ceci est valable pour Hitler comme pour Mussolini, en réponse au salut des tiers les dictateurs répondent en symbolisant la matrice féminine ! Le poignet est cassé, le geste est inversé, en réponse aux milliers de phallus dressés leur réponse devient le symbole de l’organe sexuel féminin. La main dressée vient parfaitement recouvrir la main cassée. Les geste sont à mettre en parallèle. Et les dictateurs sont les seuls à faire le geste de cette manière… Concernant Mussolini il faut préciser qu’au départ (1922 – 23 ) ni son geste ni sa tenue n’ont rien à voir avec Hitler. En fait il est plus près de Staline que d’Adolf. C’est seulement après avoir vu Hitler qu’il va tout changer. (1936).
Le seul dictateur à avoir conservé le salut traditionnel en toute circonstance est aussi le seul à être mort de vieillesse. Francisco Franco.
Selon les circonstances le geste d’Hitler change et ce qu’il apparaît clairement dans les images c’est que c’est le contexte qui influence le Führer. En fait plus il y a de la foule et plus le geste se casse vers l’arrière et plus le poignet se tord lorsque le geste vient en réponse à des Nazis qui le saluent.
Freud avait pour habitude de comparer les forces instinctives contenues dans l’inconscient à une vaste retenue d’eau, comme celle que contient un barrage hydraulique. Sous l’effet de l’émotion il arrive que la pression soit trop forte et que le barrage puisse céder… Et lorsque qu’il est submergé par l’émotion le chef d’un Reich qui devait durer 1000 ans montre son côté féminin… Alors avis à tous les nasillons et autres amateurs de quenelles. Au fond de vous-mêmes si vous vous sentez un peu masculins il serait peut - être fâcheux de vous identifier à quelqu’un qui exprime autant sa féminité. N’es-ce pas ? Hitler une folle ? Mais ça va faire fureur ce truc ...Sourire….