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John Singer Sargent (1856–1925). 
Lady Agnew de Lochnaw. 1893. 
National Gallery of Scotland. 
Huile sur toile. 127 × 101 cm.

Classicisme

Voir aussi :  Promenade Matinale.

 







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Vidéo : John Singer Sargent.  

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John Singer Sargent (1856–1925). Lady Agnew de Lochnaw. 1893. National Gallery of Scotland. Huile sur toile. 127 × 101 cm.

Pour faire un bon portraitiste il faut un excellent dessinateur. 
La mère de John Singer Sargent est une bonne artiste amateur et son père, un illustrateur médical qualifié. Dés son plus jeune âge sa mère lui donne des carnets et l'encourage à dessiner lors de leurs voyages. Le jeune Sargent fait de son mieux sur ses dessins, il copie avec enthousiasme des images de navires et fait des esquisses détaillées de paysages.
A Paris de 1874 à 1878 il suit des cours de dessin qui comprennent l'anatomie et la perspective avec le portraitiste Carolus-Duran. Il apprend à la fois l'approche académique traditionnelle qui exige une grande rigueur dans le dessin et la couche de fond, mais aussi le travail alla prima, c’est à dire au pinceau, directement sur la toile. Cette approche s'appuie sur un choix judicieux des tons. Elle permet un épanouissement spontané de la couleur, sans que celle-ci ne soit liée au dessin de la sous-couche. Les meilleurs portraits de Sargent révèlent comme ici, la personnalité de ses clients. 
Sa méthode de travail est bien rodée. Après avoir obtenu une commande, suite à des négociations qu'il mène en personne, Sargent rend visite à son client pour voir où la peinture sera accrochée puis il visite la garde robe de son client pour lui choisir une tenue adéquate. Certains portraits sont réalisés au domicile du client, mais le plus souvent à son atelier, bien aménagé en meubles et matériel de fond qu'il choisit pour rendre le meilleur effet. Il requiert de son client entre 8 à 10 séances de poses. Sargent fait rarement usage de croquis, il préfère en général commencer à peindre directement à l'huile. En tant que portraitiste, le succès de Sargent est inégalé. Ses sujets sont à la fois anoblis et comme dotés d'une énergie particulière. Surtout on sent leur présence. Il a la précision d’Ingres et l’audace des couleurs de Raphaël. Rendre le brillant de la soie d’une manière parfaite dans un portrait n’est pas chose facile. Le regard pénétrant de Lady Agnew de Lochnaw dans ce portrait, son air à la fois détendu et cette espèce de langueur, qui vient peut être du fait qu’elle se remettait tout juste d’une grippe, montre la précision de Sargent et son don pour saisir l’aspect psychologique de ses personnages. Madame Gertrude Agnew (née Vernon) est née en 1865 et est décédée à Londres en avril 1932 après avoir longtemps souffert de diverses maladies et d’une santé relativement mauvaise. Gertrude est assise sur une Bergère française du 18ème siècle, le dos de la chaise courbe l’espace au premier plan et vient en contraste du mur à l’arrière plan drapé avec la soie chinoise de couleur bleue. La couleur du dos de la chaise rappelle celle de la robe de Mme Moitessier d’Ingres en 1856. 
Elle regarde directement et paisiblement le spectateur, son expression donne l'impression qu'elle participe à une conversation intime avec ceux qui observent la toile.
Une telle précision et une si grande délicatesse ne peut se trouver que chez Ingres, immense dessinateur que Sargent parvient à égaler ici. Beaucoup de critiques d’art considèrent qu’Ingres est le plus grand dessinateur et le plus grand portraitiste français de tous les temps. 

Le point de vue du spectateur est situé au niveau du visage du modèle. 

Trajet du regard.

1/ Le regard est tout d'abord attiré par le visage du modèle qui le regarde, 
2/ puis il remarque le dossier du fauteuil et les vêtements. 
3/ Dans un 3ème temps le spectateur s’intéresse à la décoration de l’arrière plan. 

Le modèle est centré. 

Lady Agnew se trouve sur les 4 points naturels d'intérêt, entourée des 4 lignes de force du tableau. Son visage est situé sur le tiers supérieur de la toile. 

Visage et vêtements. 

Les vêtements le corps du modèle et le fauteuil occupent 2/3 de l’espace pictural. Le visage du modèle et l’arrière plan 1/3. 


Les lignes. La majorité des lignes sont verticales ou obliques. 
Seul le visage du modèle est parfaitement ovale. 
La totalité des lignes concernant le fauteuil, l’arrière plan ou les vêtements ont pour but de faire ressortir la forme ovale du visage du modèle. Celui-ci est mis en valeur de telle sorte que la présence de Lady Agnew s’en trouve renforcée. 


Détails : 

Le visage de Lady Agnew de Lochnaw est représenté avec beaucoup de précision, de minutie et un grand réalisme. Notez la présence des ombres et des zones claires qui lui donnent tout son relief. 

Les couleurs du fauteuil rappellent celle de la robe de Mme Moitessier, le portrait réalisé par Ingres en 1856. Ce n’est pas un hasard, John Singer Sargent a souvent déclaré qu’il admirait Jean Auguste Dominique Ingres. Voici une manière discrète de lui rendre hommage. 

Rendre avec précision le brillant des vêtements et de la soie n’est pas chose facile. Voici comment Sargent utilise le blanc, avec parcimonie, en petites touches obliques sur les bords du tissu, en alternant zones claires et zones sombres. 

Lumière : 

Le modèle est éclairé de la gauche. 

Couleurs : Contraste entre couleurs chaudes et froides.

Harmonie et contraste : Contraste entre couleurs 
chaudes et froides.

Toiles Similaires : 

Ingres. Mme Moitessier. 1856. 

John Singer Sargent. Madame Henry White. 1883.

John Singer Sargent. Madame X (Madame Pierre Gautreau). 1884.

Ingres. Mme Moitessier. 1856.