Les Sulfureux Césars du film « Séraphine ».



   
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Les Sulfureux Césars du film « Séraphine ».

En 2008 Le film « Séraphine » de Martin Provost est un franc succès avec plus de 845 000 entrées. Ce film a le mérite de faire découvrir cette artiste trop méconnue du grand public. L’interprétation de Yolande Moreau est remarquable cette comédienne de talent c’est totalement investi dans son personnage. 

L’année suivante, en 2009, le film obtient 7 Césars : c’est un triomphe ! 

Yolande Moreau est meilleure actrice, le film de Martin Provost est le meilleur film, de plus il obtient aussi les césars du meilleur scénario original de la photographie, des décors et des costumes. 

Mais en septembre 2009, le film est assigné pour plagiat par Alain Vircondelet, historien d’art et son éditeur Albin Michel, auteur en 1984 d'une thèse d'État sur Séraphine Louis, mais aussi d'un roman intitulé Séraphine de Senlis, édité en 1986 puis réécrit en 2008 sous le titre : « Séraphine : de la peinture à la folie ».
Pour l'écrivain, le long-métrage est un plagiat de ses oeuvres, il réclame, avec son éditeur Albin Michel, 600.000 € de dommages et intérêts à la production du film, TS Productions, et au réalisateur scénariste.
Selon eux, de nombreux passages de Séraphine sont la reproduction servile de passages du roman publié.

L'affaire est plaidée en octobre 2010 devant le tribunal de grande instance de Paris. Le jugement rendu condamne le producteur et le scénariste pour plagiat : 

" En reproduisant neuf passages de cette oeuvre dans la première version du scénario du film Séraphine sans autorisation préalable, la société TS Productions et M. Martin Provost ont commis des actes de contrefaçon " estime la cour, qui condamne producteur et scénariste à payer 25.000 euros à Alain Vircondelet " en réparation de l'atteinte portée à son droit moral d'auteur ", mais également 25.000 euros à Albin Michel "en réparation de l'atteinte à ses droits patrimoniaux ".
Par ailleurs, ils doivent verser 6.000 euros à l'auteur et 6.000 euros à son éditeur, au titre des frais de justice. 
Sans oublier la " publication du jugement dans trois journaux ou magazines au choix des demandeurs, dans la limite de 3.500 euros HT par insertion, aux frais des producteurs et scénariste. "

Un exemple : " Quand il y a des fleurs qui poussent ainsi, je sens que des choses douces, ma mère, coulent en moi. C’est comme vous diriez du miel, des liqueurs chaudes qui se glissent le long de tout mon être. Je me dis alors que Dieu m’aime. Il est là en moi, il est comme un amoureux avec moi, il se coule en moi." (A.Vircondelet, p.69).

" Quand il y a des arbres qui poussent ainsi, je sens des choses que je ne pourrais pas vous expliquer. C’est comme vous diriez du miel, des liqueurs chaudes. Je me dis alors que Dieu m’aime, il est comme un amoureux avec moi. " (M. Provost, scénario, p. 74)

Un autre exemple : " Mais figurez-vous, Séraphine, que derrière vos beaux bouquets, il y a des choses que je distingue à peine, et qui me font peur. C’est comme ici, on dirait tout à coup que vos feuilles ont été blessées, déchiquetées par un couteau, le cœur de vos fleurs, on dirait qu’il est tranché dans le vif, que du sang en coule. (A.Vircondelet, p. 70)

"On dirait que derrière vos bouquets, il y a des choses bizarres, des choses qui me font peur. On dirait que vos feuilles ont été blessées, déchiquetées par un couteau, que du sang va couler..."(M. Provost, scénario, p. 81)

Alain Vircondelet estime qu’il y a quantité d’autres éléments qui ont été pillés dans son œuvre, des phrases mais également des scènes qu’il a inventées et qui ont été reprises dans le scénario original de Martin Provost.
Maître Christophe Bigot lors de l’audience, avait noté " une contrefaçon absolument caractérisée ", avec " des reprises au mot pour mot de l’ouvrage ", soit " 35 occurrences de contrefaçon ".

Après coup on doit se demander si les césars du meilleur film et du meilleur scénario original attribués à Martin Provost ne doivent pas lui être retirés… 

Mais le plus grand scandale n’est pas là ! 

Et Séraphine allez-vous nous demander ? 

Séraphine Louis dite Séraphine de Senlis est morte de faim à 78 ans le 11 décembre 1942 à l'annexe de l'hôpital à Villers-sous-Erquery, dans le dénuement et les dures conditions des asiles sous l'Occupation allemande. 

Son dossier porte la mention : « cueille de l'herbe pour manger la nuit, mange des détritus », ce qui prouve bien qu’elle est morte de faim… 

Et bien Séraphine sans argent et sans famille est enterrée dans le carré des indigents, c’est à dire la fosse commune, du cimetière de Clermont-de-l'Oise. 

Pourtant au Musée de Senlis ont peut admirer ses œuvres. Et l’entrée est à 3 €.
A la disparition de la sœur de Wilhem Uhde, critique d’art et collectionneur, découvreur et soutient de Séraphine, celle-ci lègue à la ville le Bouquet de fleurs et l’Arbre de vie de Séraphine. En 1988 4 toiles de Séraphine sont achetées par le musée, qui se spécialise quelque peu dans l’art naïf avec aussi des toiles d’André Bauchant, Camille Bombois, Louis Vivin et Henri Rousseau. 

Et vous pensez que ces gens vont lui offrir une tombe ? 

Ces gens vont vous répondre qu’elle est née à Arsy (Oise) et morte à Villers-sous-Erquery. Pourtant elle est connue dans le monde entier sous le nom de Séraphine Louis ou Séraphine de Senlis… 

Elle qui souhaitait un enterrement de première classe, avec des « Messieurs en brassard, de la musique à la messe », et l’inscription de l’épitaphe suivante sur la dalle de sa tombe : « Ici repose Séraphine Louis, sans rivale, et attendant la résurrection bienheureuse ».

C’est dire comment sont considérés les artistes vivants ou morts au pays des droits de l’homme, car le droit de l’homme n’est pas celui des morts, les morts n’ont plus de droits s’ils sont sans famille et l’ont peut gagner beaucoup d’argent avec un film-plagiat ou en montrant leurs œuvres sans rien partager avec personne… 

Et la morale dans tout ceci ? 

Car le talent qui le possède au final, le musée, le réalisateur-copieur ou l’artiste peintre ? 

Et malheureusement il existe d’autres cas. 

En 1880 Alfred Sisley (1839 –1899) se fixe non loin de Moret-sur-Loing et bien sûr il va peindre Moret et les alentours…Durant les dernières années de sa vie (1897-1899) la santé de Sisley décline : il souffre de crises de rhumatismes très douloureuses. Le 8 octobre 1898, il perd sa femme : c'est le coup de grâce. Sa santé se dégrade de plus en plus. Il n'a plus la force de se battre contre le cancer de la gorge qui le ronge. La fin de sa vie est un véritable calvaire. Surtout il souffre du froid et de la faim car il n'a plus d'argent n'ayant rien vendu depuis bien longtemps... 
Il décède le 29 janvier 1899 chez lui et est enterré au cimetière de Moret le 1er février. Seuls Renoir, Monet et Adolphe Tavernier sont venus de Paris.
En 1900, un an après seulement sa mort lors de la vente Tavernier, le comte Isaac de Camondo achète l’inondation à Marly pour la somme de 43 000 francs, alors que la toile a été vendue à l'origine par l’artiste simplement 180 francs !! 
En 1911 il est le premier artiste impressionniste à recevoir l’hommage d’un monument commémoratif dans sa ville de Moret.
C'est peu dire que de dire que les artistes sont reconnus après leur mort... 
Atteint de tuberculose, Modigliani meurt dans la misère le 14 janvier 1920, à l’âge de 36 ans. Son épouse se suicide le lendemain, laissant Jeanne, leur fille de 14 mois. L’œuvre très personnelle de Modigliani a été définitivement consacrée lors de la biennale de Venise en 1930.
Concernant la ville d'Arles toutes les expositions pour 2014 sont réservés aux artistes arlésiens, car c'est bien connu c'est un arlésien qui a fait la renommée d'Arles en peinture. VAN GOGH !!
Évitez donc ces lieux à l'avenir, Senlis, Arles... car ils n'ont pas de mémoire et c'est la mémoire qui fait de nous des êtres sensibles, généreux ayant parfois un peu d'esprit...