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Chaim Soutine. (1893-1943). 

Une Jeune Anglaise. 1934. Huile sur toile. 

 Expressionnisme




 


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Chaim Soutine. (1893-1943). Une Jeune Anglaise. 1934. Huile sur toile. 

Le portrait pour Soutine est un genre vraiment spécial. Il se plait à représenter tout ce qui déformé, vieux, horrible et malade. Même ici, où il s’agit d’une caricature, on ne peut pas dire que le sujet soit mis en valeur. Mais l’artiste a poussé le bouchon beaucoup plus loin. 
Il peint de nombreuses natures mortes avec des coqs, poulets, dindes, et autres volailles, lièvres, lapins et surtout la raie en hommage à Chardin qu’il admire. Soutine choisit lui-même les bêtes sur les étals, puis les laisse faisander avant de les peindre, indifférent à la puanteur. De même en hommage à son Maître Rembrandt il représente plusieurs fois un Bœuf écorché. Il se fait livrer de la Villette un bœuf entier et l’arrose de sang frais avant de le peindre. Soutine est obsédé par la décomposition de la chair qui déclenche chez lui l’angoisse et l’épouvante devant la mort. Il cherche à représenter cette frayeur et son expressionnisme devient désespéré. C’est ce qu’il faut voir dans les portraits, l’épouvante du peintre devant la déformation des chairs, par la maladie l’âge ou l’alcool, l’accentuation des rides et des défauts du visage et la chair représentée comme en train de se décomposer. 
La marque du temps sur le visage de l’homme qui de toute façon n’est que de passage. 
Son obsession picturale est certainement traumatique et peut être thérapeutique.
Étrangement plusieurs observateurs déclareront au sujet des modèles de Soutine qu’ils ressemblent aux portraits peint par l’artiste 20 ou 30 ans plus tard. Une fois que le temps aura laissé son empreinte sur leurs visages. 
En contemplant certains portrait de Bacon on a bien l’impression que le modèle est en pleine putréfaction, cette idée de peindre ainsi Bacon l’a trouvé chez Soutine.
Il faut dire que le style du peintre, sa manière de sculpter les couleurs et de les mélanger sur la toile se prête bien à ce type de représentation. A l’origine il y a certainement le tabou juif de la représentation humaine en peinture. Soutine racontait avoir été battu par son père lorsqu’il le surprenait, enfant, en train de dessiner. Celui qui a vécut la plus grande partie de sa vie dans la plus extrême misère se plaît à représenter les misérables sans aucune complaisance, bien au contraire. 

Le point de vue du spectateur se situe à peu près au centre de la toile. 

Le modèle se trouve au centre de la composition mais son épaule gauche est bien plus basse que son épaule droite. La pose est donc légèrement inclinée. Le peintre a certainement demandé à son modèle de croiser les jambes. Le genou droit se trouve au-dessus du gauche, ce qui explique l’inclinaison. Il lui a demandé aussi de regarder vers la droite et de faire la moue. Cette pose se prête à la caricature. 

La veste rouge du sujet se détache d’un fond jaune orangé relativement neutre. L’attention du spectateur se concentre sur la jeune fille. 

La pose inclinée, la moue du visage (bouche et sourcils), le regard dirigé dans le sens inverse de la composition font de ce portrait une caricature plus qu’un reflet fidèle du sujet. 
C’est l’expression du visage plus que sa beauté qui compte pour le peintre. 


Détails : 

Pour la veste l’artiste utilise de larges touches très épaisses. 

A l’inverse pour le chemisier l’artiste travaille par de petites touches, comme souvent dans les portraits de Soutine les couleurs s’imbriquent les unes dans les autres. 

Les détails du visage sont plus esquissés que dessinés, à la manière des impressionnistes. 

Lumière : Le sujet est éclairé de face, la lumière provient de la droite. 

Couleurs : Harmonie entre couleurs chaudes.

Toiles similaires : 

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Chaim Soutine. (1893-1943). Jeune Femme à la Blouse Blanche. 1923.