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Georges de La Tour. Le Tricheur à l'As de Carreau. (1635).




 





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Tableau à la loupe. Zoom.

 

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Georges de La Tour. Le Tricheur à l'As de Carreau. (1635).

Voici une scène de genre qui se veut morale et qui est aussi en fait une vanité.
Cette toile est une mise en garde contre les plaisirs du vin, du jeu et de la luxure.
Le fond sombre, l’éclairage, le jeu des regards, la situation, nous interpellent et semble nous dire : Attention ! 
Il est assez aisé d’imaginer le scénario qui se joue devant nous. Le jeune homme à droite, isolé sur la toile, a été attiré à cette table de jeu par les charmes de la courtisane au centre, celle-ci regarde la servante comme pour lui dire : « enivre le ! », en servant elle observe le jeune bourgeois richement vêtu pour savoir s’il ne se doute de rien. Au premier plan le tricheur sort de sa ceinture un as qu’il va ajouter à son jeu. Des pièces d’or sont sur la table, le vin, le décolleté des femmes, le jeu, la cadrage resserré, les regards, l’attitude du tricheur qui semble nous prendre pour témoin, l’artiste demande au spectateur si il est d’accord et l’implique directement dans cette filouterie qui est entrain de se dérouler sous ses yeux. 

Les personnages sont vus de face et l’espace est assez limité. 
L’arrière plan est sombre pour ne pas distraire l’attention du spectateur qui doit se concentrer sur la scène. 

Les 3 complices sont situés sur le 4 points naturels d’intérêt du tableau. 
Leur proie est très isolée. 

On distingue 2 camps : Celui des 3 comparses en train de comploter et celui du jeune homme qui va être escroqué. 
Les 3 personnages de gauche sont en contact, presque à se toucher, par contre il y existe un réel espace entre la victime et la courtisane. 

Les Regards : 

Les Regards s’entrecroisent, le jeune homme regarde le jeu et la carte qui va être jouée.
La courtisane regarde la servante semblant lui demander de servir le vin copieusement, celle-ci observe le jeune homme du coin de l’œil au cas ou il se douterait de quelque chose, le tricheur pour détourner l’attention de son geste indélicat regarde le spectateur et semble le prendre à témoin. 

Il y a presque contact entre le doigt de la courtisane et le bras droit du tricheur, 
ce geste évoque leur complicité. Un bracelet de perle se trouve au poignet de la jeune femme. 

Détail assez cocasse, une frange de l’habit du tricheur désigne son geste malhonnête. Ce n’est pas du tout un hasard. 

Bracelet, collier, boucles d’oreilles, parure des cheveux, la courtisane est couverte de perles. La perle est symbole de luxure, 
elle est ronde donc évoque la rondeur féminine et blanche comme les parties corporelles les plus intimes. 

L’habit du jeune homme est richement décoré. 

Lumière : 

Fidèle au Caravage Georges de la Tour éclaire la scène et ses personnages d’un violent faisceau lumineux qui provient 
du dos du tricheur sur la gauche de l’œuvre. 
Ceci a deux effets, cela dramatise le sujet et renforce la présence des protagonistes. 

Couleurs : Harmonie entre couleurs chaudes , contraste entre complémentaires.

Toiles similaires : 

Le Caravage : Les Tricheurs. (1595).

Peinte par le Caravage en 1595 voici la toile qui est le modèle du tableau de Georges de La Tour. On y retrouve le cadrage resserré, 
le geste du tricheur qui passe sa main dans son dos, le même type d’éclairage qui met les personnages dans la lumière. 
Le comparse se situe à coté de la proie et cherche à la distraire. Chez Le Caravage il n’y a pas d’allusion au vin ni à la luxure. 
Simplement un avertissement concernant le jeu et l’argent. 

Georges de La Tour : La Diseuse de Bonne Aventure. (1635). 

Dans la diseuse de Bonne Aventure durant que celle-ci lit les lignes de la main du personnage, 
deux acolytes le détroussent de chaque coté. Dans cette scène il y a 4 comparses et la proie se trouve 
littéralement encerclée. Le jeune homme semble absent et subjugué, sa naïveté frappe le spectateur. 
La laideur de la diseuse de bonne aventure est accentuée, elle symbolise le mal et le spectateur peut le lire sur son visage. 

La Diseuse de Bonne Aventure. Le Caravage. (1597.) 

Cette toile du Caravage utilise le cadrage resserré et la lumière dirigée sur les modèles pour faire entrer le spectateur dans l’œuvre. 
Elle dénonce la crédulité, les fausses prédictions, la mystification et une séduction calculatrice. Par contre il n’y a pas de vol. 
On comprend que Georges de La Tour a repris les thèmes du Caravage en les accentuant. 
Dans le tricheur au jeu il ajoute le vin et la luxure dans la diseuse de bonne aventure à la naïveté il ajoute le vol. 
Une manière de bien faire comprendre au spectateur que les vices vont souvent par paire et que le mal a souvent 
tendance à se regrouper pour duper les gens honnêtes.