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 Comprendre Victor Vasarely (1906 - 1997) et l'Art Optique. 
La relativité expliquée aux enfants.

En ligne le : 26.06.2016.

Voir aussi : Les Illusions d'optiques.




 

 



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Comprendre Victor Vasarely(1906-1997) et l’Op Art. 

La relativité expliquée aux enfants.

Les premières tentatives convaincantes pour réaliser l’un des plus vieux rêves de l’art occidental, celui de mettre l’art en mouvement, se produisent dans l’œuvre de Van Gogh qui parvient à faire vibrer sa touche et ses couleurs au point que le spectateur se demande si l’œuvre est vraiment immobile. Puis les mouvements futuristes (Giacomo Balla, Fortunato Depero, Bruno Munari) et constructivistes (Naum Gabo, Aleksandr Rodtchenko, László Moholy-Nagy), font l’éloge du monde moderne et de ses manifestations les plus saisissantes : le mouvement et la vitesse, la nature des matériaux et leurs propriétés constructives, l’art devient alors exact et le travail de l’artiste s’apparente au travail de l’ingénieur. 
L’art cinétique pour sa part se traduit par l’invention de structures suspendues, de constructions motorisées ou de dispositifs de projections lumineuses (Thomas Wilfred, Vladimir Baranoff-Rossiné, Ludwig Hirschfeld-Mack…). 

Victor Vasarely, inventeur de l’Op Art, abréviation de l’anglais optical art ou art optique, explore le mouvement virtuel par les seuls moyens du dynamisme optique des formes et des couleurs. L'art optique se fonde sur la connaissance de certains phénomènes perceptifs extrêmes, expérimentés dès la fin des années vingt par Josef Albers et ses étudiants du Bauhaus et par Victor Vasarely dans son travail d'avant-guerre. C'est autour de ce dernier et de la galerie Denise-René que se regroupent les premiers artistes de cette tendance, avec Jesús Raphael Soto, Yaacov Agam, Carlos Cruz-Diez, Luis Tomasello, Julio Le Parc, Yvaral. Bridget Riley et Jeffrey Steele en Grande-Bretagne, Richard Anuszkiewicz aux États-Unis, les membres des groupes « N » et « T » en Italie, du groupe « Zéro » en Allemagne, participent pleinement de cette tendance. Leurs recherches ont en commun de ne pas quitter le plan ou le relief en faible saillie, sur lequel ils expérimentent les phénomènes d'instabilité rétinienne engendrés par la superposition de trames, la répétition programmée de petites unités modulaires, et les contrastes de valeurs violents, notamment celui du blanc et du noir. Les œuvres réclament souvent la participation active du spectateur, ne serait-ce que par son simple déplacement. 

On a longtemps tenté de banaliser l’Op Art et le traiter comme un gadget ou une expression sans grande importance. Mais banaliser un mouvement qui s’appuie sur des lois de la physique et des découvertes scientifiques peut vite devenir une aberration ou un non-sens. 

Contrairement à ce que l’on peut croire les artistes de l’Op Art ne cherchent pas à susciter des illusions optiques mais plutôt à définir un nouvel espace intégralement optique à l’aide de moyens purement visuels (sans mouvement réel), tout ceci en utilisant un ensemble de formes géométriques, des combinaisons de couleurs qui crée dans l’œil du spectateur un mouvement en jouant sur le contraste simultané, le décalage et le mélange optique des couleurs. 

Quelle est la raison de cette démarche ? 

Né en Hongrie, Victor Vasarely en 1925, après son baccalauréat, entreprend des études de médecine à l’université de Budapest, elles vont durer 3 ans. De cette période, Vasarely garde une volonté de méthode, d’objectivité, de soif de connaissance proche du monde scientifique. 

A cette époque Entre 1915 et 1930, la physique est dominée par une nouvelle conception du caractère fondamental de la matière, la théorie quantique. Cette théorie utilise la notion de dualité onde-particule, déjà avancée par Einstein dans un article de 1917, exposant que la lumière présente les propriétés d’une particule mais aussi celles d’une onde. Elle se fonde en outre sur le principe d’incertitude, élaboré par le physicien allemand Heisenberg, stipulant qu’il est impossible de connaître en même temps certaines quantités physiques, par exemple la position et la vitesse d’une particule. 

La théorie quantique, qui remet en cause la notion de causalité en physique, ne sera jamais totalement acceptée par Einstein, qui refuse d’abandonner tout déterminisme : « Dieu ne joue pas aux dés avec le monde », affirme-t-il. Toutefois, il apporte sa contribution à cette théorie en étudiant le comportement des photons, faisant publier en 1924 un article du physicien indien Satyendranath Bose sur ce sujet. Collaborant avec ce dernier, il élabore la théorie statistique de Bose-Einstein, qui permet de décrire le comportement quantique des particules de spin entier appelées bosons. 

Vous êtes en train de vous dire : « Ouille ! Cela va devenir compliqué, voire ennuyeux ! ». Pas du tout ! Nous allons simplifier les choses et vous expliquer simplement ce qu’il se passe en respectant une chose : la vérité scientifique. 

Lorsque vous regardez une toile de Vasarely vous avez l’impression qu’elle bouge et pourtant ce n’est pas le cas. 

Que cherche à nous dire l’artiste ? 

Vous en ce moment lorsque vous lisez ces lignes es-ce que vous bougez ou es-ce que vous êtes immobile ? 

Si vous voyez votre animal de compagnie ou vos enfants courir dans le jardin, votre conjoint se déplacer dans la maison, vous vous dîtes : « eux ils bougent, moi je ne bouge pas ». 

Vous êtes sûrs ? 

Réfléchissez … 

Quittez des yeux un instant ce livre ou cet écran et regardez vos pieds. 
Ils ne bougent pas, ils sont statiques, donc vous ne bougez pas. 

Vous croyez ? 

Vos pieds reposent sur le sol de votre habitation qui elle-même repose sur la croûte terrestre. Nous savons que la croûte terrestre flotte sur du magma en fusion qui constitue l’essentiel de ce qui compose notre planète. Ceci explique la dérive des continents, les tremblements de terre, l’activité volcanique et bien des phénomènes réels que vos connaissez parfaitement.

Notre planète tourne sur elle-même ce qui explique pourquoi le soleil se lève le matin et se couche le soir, donc le jour et la nuit. De plus la terre tourne autour du soleil selon une orbite qui ressemble à une ellipse. Lorsque votre hémisphère est proche du soleil c’est l’été, lorsqu’il est plus loin c’est l’hiver. 

Le système solaire composé du soleil, qui est une étoile et de neuf planètes, dont la Terre n’est pas immobile dans notre galaxie, il se situe en bordure de la voie lactée, notre galaxie, mais il n’a pas toujours été là, il se déplace et il s’éloigne du centre de la galaxie. Notre galaxie elle-même se déplace rapidement, nous savons que les galaxies s’éloignent les unes des autres à une vitesse phénoménale et nous savons aussi que cette vitesse s’accélère. 

Donc reconsidérons le problème. Vous actuellement vous bougez ou vous ne bougez pas ? 

Supposons que je me situe à coté de vous. Je suis prêt à témoigner sous serment devant une cour de justice pour dire : « cette personne en ce moment ne bouge pas ». Et pourtant ? 

Si au lieu d’être à coté de vous je me situais dans l’espace je verrais la croûte terrestre bouger, la terre tourner sur elle-même, tourner autour du soleil, le système solaire qui se déplace et notre galaxie foncer dans l’univers et à ce moment mon avis serait différent. Tout est relatif. 

Et tout est relatif par rapport à l’endroit où l’on observe. Dans un TGV qui se déplace à 220 km/h vous pouvez être immobile si je suis le passager situé à coté de vous. Par contre si je regarde passer le train en bordure de la voie ferrée vous bougez très vite. 

Voilà ! Vous avez compris la relativité et personne n’a utilisé aucune formule mathématique. 

Revenons à Vasarely pour postuler que l’artiste cherche à nous dire que les choses bougent sans que nous nous en rendions compte, tout simplement parce que le mouvement est une des lois fondamentales de l’univers. 

N’oublions pas que Vasarely a fait des études de médecine et si vous avez quelques connaissances en biologie vous savez que si les choses bougent dans l’infiniment grand cela bouge aussi dans l’infiniment petit. En ce moment dans votre corps le sang circule, il se produit des divisions cellulaires partout, des neurones meurent et d’autres naissent… 
Les formes que l’on retrouve dans les toiles de l’Op Art, cercles et carrés se retrouvent dans l’infiniment grand et dans l’infiniment petit. Les galaxies ont souvent des formes en spirale et les cellules sont rondes. 

Le principe de symétrie présent dans pratiquement toutes les œuvres de l’Op Art existe dés le début de la vie lorsqu’une cellule se divise par le processus de mitose qui consiste en la division d’une cellule en deux cellules filles. Celles-ci sont génétiquement et morphologiquement identiques entre elles, et identiques à la cellule de départ, la mitose produit des clones de cellules. 
La méiose est le processus de division cellulaire nécessaire à la reproduction sexuée. À partir de cellules diploïdes c’est à dire des cellules contenant deux jeux de chromosomes, elle permet de former des cellules haploïdes (contenant un seul jeu de chromosomes). De plus, au cours de la méiose se produisent de nouvelles combinaisons de gènes, phénomène fondamental qui contribue à la variété des caractères parmi les membres d’une même espèce. Beaucoup de toiles de l’Op art contiennent des cercles (symbole féminin) et des carrés (symbole masculin) qui se combinent pour donner naissance au centre à de nouvelles formes en mouvement. Ces toiles peuvent symboliser la reproduction ou l’évolution des espèces. 

Alors à partir d’aujourd’hui vous allez regarder les toiles de Vasarely et de l’Op Art comme la représentation visuelle des lois de physique et de ce qu’il se passe dans l’infiniment grand et dans l’infiniment petit, et à coup sur vous n’aurez plus aucune envie de banaliser ce mouvement et penser qu’il n’a aucune importance. 

Vous allez simplement vous dire : « il y a des choses que je n’avais pas bien compris parce que personne ne me les avait clairement expliquées…. »