English Website



 

Toutes les Analyses



Salvador Dali.  Le Visage du Grand Masturbateur. (1929).

 Surréalisme









Laisser un commentaire ou un avis.  




Vidéo : Salvador Dali. Le Visage du Grand Masturbateur.



Envoyer cette page à un(e) ami(e) 

 Accueil     Newsletter   Mouvements  Peintres  Genres  Techniques   Histoire   Musées  Expositions   Galeries   Artistes    Jeux    Annonces    Boutique  Contactez-nous   Qui sommes nous ?   Liens 




Laisser un commentaire ou un avis.  



Salvador Dali. Le Visage du Grand Masturbateur. (1929).

La toile a été peinte en 1929 peu après la rencontre de Dali avec Gala. C’est une forme récurrente, elle revient souvent dans l’œuvre du peintre (dans Le Portrait de Paul Eluard, dans L’Énigme du Désir, dans Persistance de la Mémoire notamment), un peu comme un rêve ou un cauchemar qui se renouvelle. La toile est autobiographique par les éléments qui la compose. A droite c’est bien le visage de Gala que l’on reconnaît. En bas, sous la forme, un homme enlace une femme dont le corps est fait de pierre. Ce sont les parents de l’artiste, son père avec qui il est brouillé et sa mère, décédée à l’époque, ce qui explique pourquoi elle est représentée un peu comme une stèle funèbre. Dali a toujours affirmé être resté vierge avant de rencontrer Gala, qui est de 10 ans son aînée. Auparavant durant une longue période de relations étranges avec Federico García Lorca au cours de laquelle nombre de ses toiles suggèrent la masturbation et l’homosexualité Dali a très peur des femmes. 
Le tableau illustre et est révélateur d’un grand principe que Freud avait découvert, au niveau des pulsions Éros et Thanatos sont extrêmement proches. Les symboles sexuels et les allusions sont assez évidents et nombreux dans l’œuvre, il n’est nul besoin de les expliquer. 
Les insectes, fourmis et sauterelle, eux symbolisent la mort. Les insectes comme la fourmi qui rampe sur terre et qui vivent dans la terre, qui ne viennent à la surface que pour dérober de la nourriture à l’homme et qui le plus souvent se nourrissent de cadavres ont un symbolisme assez lugubre. C’est encore pire pour la sauterelle. D’abord Dali avoue que depuis son enfance cet insecte l'a toujours terrorisé. Ensuite n’oublions pas que la sauterelle est la 8ème plaie d’Égypte dans la bible. D’ailleurs parmi les 10 plaies 3 concernent des insectes. Outre les sauterelles dans la 3ème plaie la poussière du sol se change en d’innombrables moustiques et dans la 4ème des taons pénètrent dans toutes les maisons du pays. Une des particularités génétique des sauterelles est que lorsque la nourriture est abondante elle vit seule. Mais dés que la nourriture vient à manquer les sauterelles se regroupent par millions et dévastent les cultures entraînant des famines et la mort des humains. Pourquoi autant de proximité entre Éros et Thanatos ? Le désir et la sexualité mettent l’homme au contact des sentiments de maternité et de paternité or il est impossible de penser à notre descendance sans penser à notre propre fin. En contemplant ses enfants, la seule chose qui va rester de lui, l’humain prend conscience de son impermanence. 

La ligne d’horizon est très basse. Le point de vue du spectateur se situe juste 
au-dessus du centre géométrique du tableau. 

L’artiste utilise 3 points naturels d’intérêts. Le visage de Gala et la fleur sont sur le point supérieur droit. La sauterelle occupe la ligne de force inférieure entre 2 points naturels d’intérêts, à droite se trouve aussi, à l’arrière plan, les parents du peintre. 

De haut en bas les couleurs deviennent plus chaudes. Les zones les plus sombres sont réservées au ciel en haut de l’œuvre et à l’arrière plan en bas. 

L’œuvre est construite sur la diagonale montante de gauche à droite. Symboliquement cette ligne représente le désir du peintre qui est aussi figuré par le pistil de la fleur. Dali évoque ce qu’il ne peut représenter. 


Détails : 

La jambe de l’homme est blessée, du sang s’écoule. La blessure se répercute sur le visage de Gala dont les veines sont apparentes. C’est une blessure affective de Dali. 

Les fourmis se trouvent sur le corps de la sauterelle. De là elles se répandent sur le visage au - dessus. En dessous se trouve le couple formé par son père enlaçant une femme de pierre. Dali a perdu sa mère relativement jeune, de plus son père se remarie avec la sœur de celle-ci, donc sa tante. Mariage que Dali mettra pas mal de temps à digérer. 

Cette silhouette qui s’éloigne seule représente Paul Eluard. En 1929 Eluard et Gala viennent rendre visite à Dali à Figueras. C’est le coup de foudre entre Gala et Dali. Eluard retourne seul à Paris, Gala ne quittera plus jamais Dali. Encore plus loin sur la ligne d’horizon, en tout petit, on devine un adulte qui tient un enfant par la main. Gala et Eluard ont une fille : Cécile. C’est eux qui sont représenté au loin. Un peu en guise de consolation pour Eluard. 

Lumière : La toile est éclairée d’en haut à droite. 

Couleurs : Contrastes entre couleurs chaudes et froides.

Toiles similaires : 

Salvador Dali. Portrait de Paul Eluard. 1929.

Salvador Dali. L’ Énigme du Désir. 1929.

Salvador Dali. Persistance de la Mémoire. 1932.