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Art et Fresques. Histoire de la Fresque dans l’Art.




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Histoire de la Fresque dans l’Art.

Au tout début de l’histoire de l’Art la fresque est déjà là… 

Dans l’histoire de l’humanité l’Art fait son apparition au paléolithique supérieur, sur tous les continents, sous forme de gravures ou de peintures pariétales (du latin paries, paroi.) Bien que l’art développé en Europe occidentale soit le plus connu, au travers des célèbres fresques des grottes Chauvet, Lascaux, Altamira ou Niaux, le même type de créations fait son apparition sur les autres continents. En Australie, par exemple, on a découvert des fresques aborigènes datés de plus de 40 000 ans. Les peintures de Pedra Furada, au Brésil, remontent à 12 000 ans, peut-être même 17 000 ans…
Cet Art consiste en un art rupestre, sous la forme de peintures, de dessins et de gravures. Qualifié à tort d' « art des cavernes », alors que certaines gravures apparaissent également sur des rochers à l'air libre ou sur les parois d'abris-sous-roche, en général à l'entrée des grottes proprement dites. Bien que l'art paléolithique soit présent dans le monde entier, il est plus abondant en Europe occidentale où il a été étudié et répertorié en premier : aussi, seule cette région du monde est en général considérée.

Mais de nombreuses œuvres d'art rupestre ont été découvertes également dans d'autres régions du monde, en Australie et en Indonésie (Bornéo), en Amérique du Sud, et en Afrique du Sud. 
Parmi les animaux, le cheval et le bison sont de loin les plus fréquents, bien que sur certains sites, d'autres espèces, tels le mammouth, le rhinocéros ou le cerf, prédominent. Les carnivores sont rares et les poissons comme les oiseaux sont beaucoup plus représentés dans l'art mobilier que dans l'art pariétal. 
Les œuvres non figuratives sont beaucoup plus abondantes que les représentations figuratives et posent des problèmes d'interprétation. Elles prennent diverses formes, du simple point ou trait à des constructions complexes ou de vastes panneaux de signes géométriques. Les signes peuvent être isolés dans une grotte, rassemblés sur des panneaux qui leur sont réservés ou étroitement associés à des images figuratives. Les motifs abstraits les plus simples sont nombreux et largement répandus. Les plus complexes sont extrêmement variés et limités dans l'espace. Ils ont pu constituer des symboles de distinction associés à des groupes de chasseurs.
L'art rupestre a d'abord été considéré comme purement décoratif. Mais au fur et à mesure des découvertes, il est apparu clairement que les thèmes et l’emplacement de ces œuvres relèvent d’une structure complexe qui demeure encore obscure : seules certaines espèces sont représentées ; peintures, dessins et gravures se trouvent souvent dans des lieux difficiles d'accès à l'intérieur des grottes 

Le Mot Fresque (de l'italien fresco, frais) désigne une technique artistique consistant à peindre à l'eau sur un mur enduit de mortier frais. À la Renaissance, on appelait la fresque buon fresco, par opposition à la technique du fresco secco, utilisée sur enduit sec.
Dans la fresque à l'italienne (buon fresco,) on pose le pigment sur la dernière d'une série de couches de plâtre superposées. Le peintre trace habituellement une ébauche, ou carton, sur l'avant-dernière couche. Les contours qui apparaissent sur le carton sont alors accentués à l'aide d'un coloris foncé. On étale ensuite progressivement du plâtre sur cette esquisse, en peignant au fur et à mesure, tant qu'il est humide. Lorsque le plâtre sèche, la chaux qu'il contient réagit chimiquement avec le dioxyde de carbone de l'air pour former du carbonate de calcium ; celui-ci constitue une pellicule qui couvre les couleurs et les lie au plâtre. Ce procédé confère aux teintes une luminosité particulière : les couleurs d'une fresque sont en général fines, translucides et claires, avec un aspect souvent crayeux. À la Renaissance furent mises au point de nouvelles méthodes, permettant de leur donner une plus grande opacité. Avec cette technique, la peinture doit être exécutée avec rapidité, et l'artiste doit connaître à l'avance le nombre de couches de peinture que le plâtre est susceptible d'absorber. En effet, un excès de peinture altère le support ; dans ce cas, il faut éliminer la partie mal exécutée, puis étaler à nouveau du plâtre pour pouvoir repeindre. Dans le fresco secco, on frotte le plâtre sec à la pierre ponce pour en retirer la croûte, puis on le mouille avec un mélange d'eau, de sable et de chaux. Utilisée dès l'Antiquité, cette technique était très répandue au Moyen Âge.

Dans l ‘Égypte ancienne si, pour la décoration des édifices religieux, on emploie principalement la sculpture en ronde-bosse, sous le Nouvel Empire, les peintures ont la préférence sur les parois des tombeaux privés. La nécropole de Thèbes fournit ainsi de précieux renseignements sur la lente évolution de la tradition artistique et sur l’histoire de cette période.
La peinture constitue pour les artistes un moyen d’expression beaucoup plus varié que la sculpture, en leur permettant de créer des tableaux colorés de la vie sur les bords du Nil. Les fresques dépeignent notamment le travail dans les ateliers royaux, avec des détails précis qui illustrent la fabrication de toutes sortes d’objets, des sculptures massives aux bijoux délicats, et décrivent également les rites funéraires, depuis la procession vers la tombe jusqu’aux dernières prières dédiées au défunt.
Scène de banquet funéraire Thèbes, XVIIIe dynastie (v. 1400 av. J.-C.)


En 1957, la fouille du tell de Çatal Höyük par le Britannique J. A. Mellaart, selon des méthodes modernes, a permis une meilleure connaissance de cette cité néolithique qui s’est épanouie en Anatolie méridionale (Turquie) au VIIe millénaire av. J.-C. Comme à Jéricho, les murs sont enduits de plâtre. Ce revêtement est appliqué si fréquemment que, dans une maison, on a pu compter 120 couches successives. Cette application, qui assure une hygiène certaine, son usage est encore courant dans les îles méditerranéennes et au Sahara, sert aussi de support à des fresques peintes à l’ocre rouge. Une de ces fresques, retrouvée dans un autel domestique, figure uniquement le plan de la cité. 

Voici le panneau latéral d'un sarcophage minoen polychrome réalisé aux environs de 1450 av. J.-C. et découvert sur le site d'Ayia Triadha. La scène centrale, bordée de frises décoratives, décrit un rite funéraire réunissant deux femmes occupées à faire des libations et trois hommes apportant des présents au défunt, représenté à l'extrême droite. Un joueur de lyre se tient au milieu du groupe.

La fresque Acrobates sur taureau provient de la salle du trône du palais de Cnossos (v. 1400 av. J.-C.), aujourd'hui conservée au musée archéologique d'Héraklion (Crète). Cnossos, en grec Knossós, est la principale ville de la civilisation minoenne, à 5 km environ de la côte nord de la Crète, près de la ville moderne d’Héraklion, qui connut son apogée pendant l’âge du bronze. La ville fut fondée avant 3000 av. J.-C. pendant le Minoen ancien. Un vaste palais y fut construit vers 2000 av. J.-C


La découverte en 1932 de la synagogue édifiée au IIIe siècle à Doura-Europos, en Syrie, permit d'effectuer de nombreuses avancées dans la connaissance de l'art juif. Les murs sont décorés de fresques, peuplées de figures humaines et d'animaux, illustrant des épisodes de l'Ancien Testament.

Si les Étrusques privilégient la fresque, les Romains font un grand emploi des deux techniques de décoration murale, notamment dans les villas des notables (mosaïques de Piazza Armerina, Sicile centrale ; fresques de la villa des Mystères, Pompéi) et dans les édifices publics, dont ils fixent les types (thermes, théâtres etc.).
Les romains inventent un ornement, les grotesques (Domus Aurea, Rome), qui rencontre un grand succès à la Renaissance et au début du XVIIIe siècle.

La peinture étrusque apparaît principalement sous forme de fresque sur pierre ou plâtre ornant les murs et les plafonds de tombes, en particulier à Tarquinia et autour de Clusium. Un petit nombre de panneaux peints a également été conservé. Dans les fresques de la période ancienne (VI –Ve siècle av. J.-C.), le trait est énergique, les couleurs nettes et éclatantes. Les figures sont stylisées, massives, et souvent soulignées de noir. Certaines fresques ont des sujets religieux : Caere (v. 550 av. J.-C.) ; d'autres sont tirés de la littérature grecque, comme les scènes de la vie d'Achille dans la tombe des Taureaux (530-520 av. J.-C.) à Tarquinia. Le Joueur de double flûte est une peinture murale (v. 470 av. J.-C.) de la tombe des Léopards à Tarquinia. Situé sur un éperon dans la vallée de la Marta (Latium), ce centre important de la civilisation étrusque contient de vastes nécropoles aux sépultures variées. 

Dans l’Art Grec les artistes peignent des tableaux de bois, éventuellement fixés aux murs et juxtaposés pour former de grandes compositions, mais aussi de véritables peintures murales. Aux procédés habituels de la détrempe (peinture à l'eau additionnée de colle) et de la fresque s'ajoutait l'encaustique, à base de cire et indélébile. 

Les mystères des bacchanales sont introduits à Rome au IIe siècle av. J.-C. Révélés par les fresques de la Villa des Mystères de Pompéi, ces rites issus des célébrations grecques promettent une nouvelle naissance à leurs adeptes, semblable à celle de Dionysos qui renaît à chaque printemps. La fresque représente 29 personnages dont Silène, le précepteur de Dionysos, ainsi que le dieu Pan. Le cérémonial s’achève dans une scène de flagellation d’une jeune fille à demi-nue.
Pompéi a été fondée vers 600 av. J.-C. par les Osques, la cité fut plus tard conquise par les Étrusques, puis par les Samnites. Le dictateur Sylla en fit une colonie romaine en 80 av. J.-C. La ville fut très endommagée par un violent tremblement de terre en 63 apr. J.-C. et fut totalement ensevelie en 79 apr. J.-C. lors d'une éruption du Vésuve, ainsi que les villes d'Herculanum et de Stabies. Pompéi ne disparut pas sous une coulée de boue, comme Herculanum, mais sous une couche de 4 à 6 m de cendres et de lapilli. L'éruption modifia également le cours de la Sarnus et souleva le front de mer, plaçant le fleuve et le rivage à une distance considérable des ruines de la ville actuellement visible.
Au-delà de la porte d'Herculanum, la villa des Mystères abrite toute une série de copies romaines inspirées de peintures grecques. Ces fresques retracent les étapes initiatiques de la femme aux mystères dionysiaques.
Nous avons une bonne connaissance de la peinture murale. L’éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C. a conservé à Pompéi, Herculanum, Stabies, Oplontis, un trésor de fresques, comme Le Joueur de cithare, regroupées en quatre styles, dont la classification a été étendue à l’ensemble de la peinture romaine.
A Rome les décors en stuc étaient courants dans les intérieurs ; ils couvraient les murs, mais surtout les voûtes. Des moulures divisent les surfaces en compartiments géométriques où prennent place des scènes mythologiques en relief ou peintes. Les reliefs étaient rehaussés des couleurs, de dorures, d’incrustations. La basilique de la Porte majeure à Rome (50 apr. J.-C.) conserve un ensemble de stucs d’un grand intérêt artistique.

Il existe à Ajanta, en Inde, un remarquable ensemble de 29 cavernes bouddhiques, comprenant 4 sanctuaires et 25 monastères, dans une falaise basaltique coudée, dominant une rivière au centre de l'Inde (Maharashtra). La plupart ont été excavées et décorées aux Ve et VIe siècles sous les Vakataka, dynastie apparentée aux Gupta. C'est un des plus beaux exemples de la peinture bouddhique indienne et le seul vestige subsistant de l'importante création picturale de l'époque Gupta, âge d'or de l'art indien. Ces peintures raffinées, exécutées à secco sur plusieurs couches d'enduit, illustrent des épisodes de la vie du Bouddha et de ses existences 
antérieures. Les couleurs vives et subtiles sont posées en aplats, sans ombres portées, comme si la lumière émanait des formes, modelées par de légers cernes colorés ou points juxtaposés.

Hangzhou (également Hang-Tcheou) est une ville du sud-est de la Chine, capitale de la province de Zhejiang, près de Shanghai. La proximité du lac de l'Ouest et le Xi hu, un site fameux comportant d'anciens tombeaux et monastères, ainsi que de nombreuses grottes ornées de fresques bouddhiques , en fait un lieu touristique.
Fondée vers 600 apr. J.-C., la ville a été fortifiée et reçut son nom actuel. Capitale des Cinq Dynasties (907-960), elle doit sa prospérité à son rôle dans le commerce de la soie. Sous la dynastie des Song du Sud (1127-1279), dont elle devint aussi la capitale, elle était un centre culturel célèbre.


Monte Albán est un site archéologique, centre de la civilisation Zapotèque au Mexique, il est situé sur un éperon surplombant la vallée de l'Oaxaca, à 11 km de la ville d'Oaxaca. Le site établi au sommet d'une colline artificiellement aplanie est constitué d'une place centrale de 22 ha et de deux grandes plates-formes au nord et au sud, l'ensemble est entouré de nombreuses terrasses et palais. Des pyramides, des temples, des passages souterrains, un observatoire et un jeu de balle y furent également découverts. L'un des édifices les plus anciens, le temple des Danzantes, abritait des stèles en bas-relief figurant des personnages longtemps assimilés à des danseurs mais qui pourraient en fait être les victimes de sacrifices humains. Des tombes voûtées et ornées de fresques, dont certaines sont parmi les plus belles du continent américain, témoignent de la puissance et de la richesse de cette culture. 
Le site de Bonampak, au sud est du Mexique, abrite des fresques mayas découvertes en 1946. Datant de 792 apr. J.-C., les peintures se déploient sur les murs et les voûtes d'un édifice de forme rectangulaire et décrivent une multitude de scènes et de personnages. L'ensemble, qui offre un précieux témoignage sur la vie quotidienne des Mayas de l'époque classique, est caractérisé par une grande volonté de réalisme et par l'emploi de couleurs éclatantes et variées.
Bonampak signifie « mur peint » en maya. Les fresques, dans lesquelles on distingue le rouge et le fameux bleu maya, recouvrent les murs intérieurs et les voûtes d'un petit bâtiment de trois pièces. Elles figurent le seigneur du lieu, représenté avec ses deux femmes, des enfants, des serviteurs, des danseurs et des musiciens, des assemblées de hauts dignitaires et de guerriers, des scènes de batailles, de sacrifices humains. Leur naturalisme en fait un élément important pour la connaissance des rites, de la vie quotidienne et de l'art mayas.

Fresque de l'Anastasis.
La Descente du Christ aux limbes, ou Anastasis, fut communément employée par les artistes byzantins pour illustrer la Résurrection du Christ. Le détail de la fresque, qui prend place dans l'abside d'une chapelle funéraire entièrement décorée de peintures murales, met en avant le dynamisme insufflé à la figure du Christ faisant sortir Adam des limbes. L'ensemble offre un bel exemple de la dernière phase de l'art byzantin, qui se développa sous le règne des Paléologues. Vers. 1310. Église de la Chora (aujourd'hui Kahriye Camii), Istanbul (Turquie).

Tibet. La construction des premiers temples remonte au milieu du VIIe siècle, avec notamment le Jokhang de Lhassa. Les édifices religieux, temples et monastères, sont imposants, grandes bâtisses de pierre à plusieurs étages, à toits plats, d'où les moines font résonner les longues trompes rituelles. À l'intérieur, le bois largement utilisé est admirablement mis en valeur, les poutres des plafonds, les chapiteaux des colonnes sont sculptés, peints de couleurs vives et harmonieuses, les lourdes portes sont rehaussées de motifs tantriques, et de serrures et poignées en métal forgé, finement ciselées. Les salles, chapelles et galeries, dont les murs sont le plus souvent décorés de fresques murales, abritent des icônes, des reliquaires et d’immenses bibliothèques. Les monastères du Tibet central comme ceux de Narthang, Gyantsé, et Jonang antérieurs au XVe siècle, ou ceux de Tashilumpo à Shigatsé, Drepung ou le Potala recèlent encore à ce jour des chefs-d'œuvre de l'art tibétain. 

Moyen Âge.
Corollaire d’un changement politique, l’édification des cathédrales marque un tournant. Les métiers s’organisent en corporations, instituant pour longtemps un système rigoureux d’organisation du travail. On rationalise les tâches en vue d’une efficacité et d’une rapidité d’exécution capable de satisfaire le dynamisme et le volume de la commande. À l’emploi de la fresque, prévalant à l’âge roman, succède un goût pour le vitrail à partir du XIIe siècle (cathédrale de Chartres). 


Giotto (1267-1337), peintre et architecte toscan.
Les fresques de la basilique San Francesco d’Assise 
Aux alentours de 1290, Giotto commence à travailler à Assise lorsque les franciscains lui passent la première d'une longue série de commandes. L’artiste entame alors la réalisation de ses premières œuvres pour l’église supérieure de la basilique San Francesco en peignant un ensemble de fresques illustrant les Récits de l’Ancien Testament et les Récits du Nouveau Testament. Ces premières compositions trahissent encore l’influence de Cimabue.
De 1292 à 1296 environ, Giotto prend en charge le cycle des Scènes de la vie de saint François ; 28 panneaux qui décorent les registres médians de l’église supérieure relatent l’histoire du franciscain d’après la Legenda maior de saint Bonaventure (rédigée entre 1260 et 1263), notamment l’Épreuve du feu devant le sultan, le célèbre Sermon aux Oiseaux et les Stigmates de saint François. Entre 1305 et 1308, Giotto travaille pour la troisième fois à Assise. Il exécute cette fois la décoration de l’église inférieure de la basilique avec l’aide de son atelier, notamment la chapelle San Nicola (Scènes de la vie de saint Nicolas) et sans doute le transept droit (Scènes de l’enfance du Christ). Entre 1315 et 1317, Giotto reçoit sa dernière commande à Assise, la décoration de la chapelle Santa Maria Maddalena dans l’église inférieure (Scènes de la vie de sainte Marie-Madeleine).
La qualité artistique de l’œuvre de Giotto à Assise a été saluée par des générations de critiques d’art et d’esthètes. 

À Padoue entre 1302 et 1305, Giotto s’attèle à la réalisation de fresques pour la basilique Sant’Antonio et pour la chapelle Scrovegni. Le second ensemble est l’une des réalisations les plus remarquables de l’artiste. Giotto y illustre des Scènes de la vie de Joachim et d’Anne, des Scènes de la vie de la Vierge et des Scènes de la vie du Christ (dont la Présentation du Christ, la Fuite en Égypte et l’Ascension). Son art de la composition, sa capacité à charger les scènes d’une exceptionnelle intensité dramatique sont alors à leur apogée. Giotto peuple ses fresques d’architectures qui rythment l’espace, lui confèrent sa profondeur et mettent en valeur le cœur dramatique de l’action. Il parvient à créer une correspondance et une superbe harmonie entre formes humaines et architecture. 

Commandé par le cardinal du même nom le polyptyque Stefaneschi a d'abord été placé au-dessus du maître-autel de la basilique Saint-Pierre de Rome. De grande dimension, il est peint sur les deux faces. Le volet central représente un Christ bénissant, le volet de gauche une Crucifixion de saint Pierre, et le volet de droite une Décollation de saint Paul.
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L’art de Giotto marque une étape cruciale dans l’histoire de la représentation picturale en Occident. Se détournant de l’influence byzantine, le peintre explore une nouvelle manière de représenter l’espace et introduit dans ses œuvres un sens du réel, du vivant, tout à fait inédit. Masaccio et plus tard Michel-Ange comptent parmi ceux chez qui les solutions proposées par le maître trouvent le plus grand écho.

Masaccio (1401 - 1428) est un peintre italien appartenant à la première génération du Quattrocento dont les innovations s'inscrivent dans la lignée des recherches entreprises, au siècle précédent, par Giotto sur la représentation spatiale et le naturalisme de la figuration. 
La toute première œuvre connue de Masaccio, le Triptyque de San Giovenale, datée de 1422 dénote l'influence de Brunelleschi et de Donatello que Masaccio considère comme ses vrais maîtres. En 1422 il rencontre Masolino da Panicale, un peintre déjà confirmé, avec qui il se lie d'amitié. Les deux hommes se rendent en 1423 à Rome et, à leur retour, ils décident d'une association qui durera jusqu'à la mort de Masaccio. Si les deux artistes ont parfois travaillé de concert, ils se sont plus généralement partagé la tâche, menant de front plusieurs chantiers. La collaboration de Masaccio et de Masolino prend toute son ampleur avec les fresques de la chapelle Brancacci de l'église Santa Maria del Carmine vers 1425 ; Masaccio y réalise ses œuvres les plus célèbres : Adam et Ève chassés du Paradis, le Paiement du tribut, le Baptême des néophytes, Saint Pierre faisant l'aumône, Saint Pierre guérissant les malades par son ombre, ainsi que la Résurrection du fils de Théophile et Saint Pierre en chaire, non terminés en 1428 et achevés cinquante ans plus tard par Filippino Lippi. La restauration de ces fresques a permis de retrouver les couleurs d’origine et une partie de la bande décorative.


Aux environs de 1431 Paolo Uccello (1397-1475) réalise pour le Cloître ver) de l’église Santa Maria Novella de Florence deux fresques prenant place dans deux lunettes, l’une abritant la Création des animaux et la Création d’Adam, l’autre la Création d’Ève et le Péché originel. Vers 1435, il est à Prato pour y réaliser les fresques de la chapelle de l’Assomption de la cathédrale : Scènes de la vie de la Vierge et Scènes de la vie de saint Stéphane.
En 1445, Paolo Uccello gagne Padoue, à la demande de son ami Donatello. Avec ce dernier, il décore la maison de la famille Vitaliani de fresques monumentales, dites des Géants, (aujourd’hui disparues), figurant des personnages illustres. De retour à Florence en 1447, l’artiste exécute des Scènes de la vie des saints Moines pour le cloître de l’église San Miniato al Monte.
Le talent de Paolo Uccello trouve l’une de ses plus hautes expressions dans les trois célèbres panneaux représentant la Bataille de San Romano peints pour le palais Medici-Riccardi de Florence, entre 1456 et 1460 
En 1460, Paolo Uccello peint Saint Georges et le dragon. Parmi ses autres œuvres d'importance citons également la Chasse nocturne (1468), animée d’un puissant effet de perspective, qui décrit avec bonheur l’agitation provoquée par la dispersion de la meute, la fuite des animaux et l’élan des cavaliers. Ces éléments répartis dans le registre inférieur du tableau selon un motif de frise contrastent puissamment avec le rythme répétitif des troncs d’arbres. 

Avec la série des fresques de l’Histoire de la vraie croix (1452-1459), inspirée de la Légende dorée de Jacques de Voragine, Piero della Francesca (1416 – 1492) atteint l’apogée de son art. L’artiste est appelé par le mécène humaniste Giovanni Bacci pour poursuivre la réalisation de ces peintures destinées à orner la chapelle principale du chœur de l’église San Francesco d’Arezzo. L’ensemble, organisé de façon symbolique et non chronologique, est marqué par l’exceptionnelle narrativité des compositions et par l’aspect géométrique conféré à la représentation de l’espace. Une fois encore le peintre, qui a retenu les leçons de son ancien maître Domenico Veneziano, y fait la preuve d’un sens de la couleur particulièrement subtil et y démontre une palette lumineuse et claire. Prennent notamment place, dans un décor architectural fourmillant de détails étudiés, l’épisode de la Visite de la reine de Saba au roi Salomon, celui du Songe de Constantin et l’Annonciation.
À la même époque, Piero della Francesca réalise la Résurrection du Christ (1458), œuvre d’une grande force spirituelle et d’une exceptionnelle solennité, tout entière dominée par la stature imposante du Sauveur.

Le surnom ghirlandaio (faiseur de guirlandes) provient directement de l'activité de Tommaso Bigordi, père de Domenico et orfèvre du XVe siècle, célèbre pour ses guirlandes d'argent destinées à des coiffes féminines.
Domenico di Tommaso di Currado Bigordi (1449-1494) est le membre le plus célèbre de la famille Ghirlandaio.
La Naissance de la Vierge Tirée des Scènes de la vie de la Vierge et de saint Jean-Baptiste est une fresque de Ghirlandaio qui orne la chapelle Tornabuoni de l'église Santa Maria Novella. L'espace, décoré à l'antique, est divisé en de multiples plans où prend place chacun des protagonistes de la scène : la rencontre biblique d'Anne et de Joachim est représentée en haut des marches de l'escalier à gauche, au premier plan une jeune fille verse de l'eau dans une jarre et s'apprête à baigner l'enfant Marie. Agenouillé à gauche de l'enfant, la nourrice tourne le visage vers la fille du commanditaire, Ludovica Tornabuoni, accompagnée de 4 femmes, sa suite. La parturiente est sur son lit à droite. Sous la frise en relief représentant une ronde d'enfants, on peut lire une inscription latine : Nativitas tua Dei genitrix Virgo gaudium annuntiavit universo mondo, « Ta naissance, Vierge et mère de Dieu, a proclamé la joie au monde entier ».
Domenico Ghirlandaio, dans sa fresque : l’Apparition de l’Ange à Zacharie dans le temple, représente des humanistes de la cour des Médicis. Cette fresque appartient à un ensemble de 7 scènes de la vie de saint Jean-Baptiste réalisé sur le mur droit de la chapelle centrale de l’église Santa Maria Novella de Florence.

Domenico Ghirlandaio, qui est l'un des plus grands maîtres de la peinture florentine et dirige un atelier renommé en compagnie de ses frères Benedetto et Davide, travaille également pendant quelque temps à Rome pour le pape Sixte IV. L'art de Domenico, son sens de l'observation et de la narration lui valent en outre la faveur des familles nobles de Florence dont il représente les membres en costumes contemporains dans ses fresques religieuses.

Sandro Botticelli (1445-1510) est aussi peintre florentin.
Entre 1481 et 1482, il effectue un séjour à Rome durant lequel il exécute pour le compte de Sixte IV 3 fresques de la chapelle Sixtine illustrant respectivement les Épreuves de Moïse, la Punition des rebelles et la Tentation du Christ. Ces compositions, dont les sujets évoquent tous la continuité entre Ancien et Nouveau Testament, donnent au peintre l’occasion de mettre en œuvre ses talents narratifs.

Ceux-ci sont une nouvelle fois exploités dans un ensemble de quatre panneaux s’inspirant du Décaméron de Boccace. Illustrant l’Histoire de Nastagio degli Onesti (1482-1483). Ils possèdent une dimension presque surnaturelle.

Au cours des années passées au service des Médicis, Sandro Botticelli réalise également de nombreuses œuvres d’inspiration religieuse. On peut citer parmi elles les figures de Saint Sébastien (1474), au visage étrangement impassible et de Saint Augustin (1480), fresque de l’église Ognissanti, Florence).
Le style de Sandro Botticelli, dont la dimension mélancolique ne fait que se renforcer au fil des années, est continuellement servi par une grande maîtrise du dessin, par l’emploi de contours sinueux et de lignes ondulantes et fluides ainsi que par l’évocation de personnages dotés de canons allongés possédant une grâce et une élégance subtiles et raffinées. Illustrant par ses phases contradictoires l’importance des conflits spirituels qui agitent l’Italie de la fin du XVe siècle, l’art de Botticelli exerce une influence directe sur la manière de son unique élève Filippino Lippi, le fils de son ancien maître. Filippino Lippi est sans doute le seul à s’inspirer de la touche de Sandro Botticelli, très vite oubliée au profit de la « manière nouvelle » proposée par des hommes tels que Léonard de Vinci, Michel-Ange ou Raphaël. Le maître florentin du « beau » idéal a été redécouvert au XIXe siècle, notamment par les artistes britanniques se réclamant du mouvement préraphaélite.


La Cène de Vinci est sans doute la fresque la plus populaire de l’art occidental. Elle a été réalisée par Léonard de Vinci (1452-1519), entre 1495 et 1497, pour le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie à Milan.
L’œuvre possède l’originalité de représenter le moment où le Christ annonce aux apôtres que l’un d’entre eux va le trahir. L’intention de l’artiste est de restituer avec la plus grande expressivité possible la diversité des réactions des différents protagonistes. Tandis que l’agitation ou la stupéfaction gagne ses compagnons, Jésus demeure parfaitement immobile. La composition est tout entière conçue pour magnifier la portée spirituelle de sa figure, représentée dans un isolement symbolisant la dimension tragique et grandiose de son destin. Le haut de son corps s’inscrit dans un triangle isocèle dont la rigueur géométrique concourt à la création d’un sentiment de stabilité et de force qui contraste puissamment avec la masse confuse et agitée constituée par les groupes d’apôtres. Au lieu de présenter les douze apôtres comme des personnages individuels, il les divise en groupes dynamiques de trois, encadrant la figure du Christ, isolée au centre du tableau. À l’arrière-plan, un paysage pâle et distant, vu à travers une ouverture rectangulaire dans le mur, situe l’événement dans la nature. Léonard de Vinci renoue alors le dialogue avec un style introduit plus d’une génération auparavant par Masaccio.
Le visage du Christ, affichant une expression de calme et de recueillement, se détache nettement sur un fond de ciel lumineux. Par contraste, le groupe des apôtres est caractérisé par une grande variété de postures, de gestes et d’expressions faciales, qui doit beaucoup au très grand nombre de dessins préparatoires réalisés par l’artiste. Tandis que sur la partie gauche le premier groupe regarde intensément vers Jésus, Judas assis immédiatement sur la droite du Christ semble esquisser un léger recul. Il faut noter qu’ici Judas, à la différence des représentations traditionnelles, n’est pas représenté à l’écart du groupe, de l’autre côté de la table, mais au beau milieu de l’assemblée. Saint Jean affiche un intense recueillement. Sur la partie droite, le groupe situé immédiatement à côté de Jésus est entièrement tourné vers lui, le touchant presque, saint Thomas manifestant son incrédulité le doigt tendu vers le ciel. Les apôtres situés à l’extrémité de la table semblent quant à eux absorbés dans une discussion fort animée.
Pour réaliser cette composition, Léonard de Vinci a mis au point une technique inédite qui se révèle rapidement d’une extrême fragilité. La dégradation de la peinture a nécessité au cours de l’histoire de nombreux travaux de rénovation, les derniers d’entre eux ayant pris fin en 1999, qui toutefois ne sont jamais parvenus à restituer durablement la beauté originelle de la Cène. D’une dimension de 4,60 × 8,80 mètres la fresque est réalisée selon une composition complexe qui repose sur diverses formules géométriques destinées à créer une ordonnance rigoureuse et admirablement équilibrée des différentes parties. Ce schéma de construction témoigne des recherches entreprises par le maître sur les règles mathématiques régissant l’harmonie des proportions.
Luca Signorelli. (1445-1523) est un peintre italien de la Renaissance figurant parmi les plus grands maîtres de l'école ombrienne. 
Né à Cortone, Luca Signorelli est associé au peintre toscan Piero della Francesca, dont il a probablement été l'élève et dont il a suivi les lois de la perspective. Par sa maîtrise de l'anatomie humaine, il s'inspire de l'œuvre d'Antonio del Pollaiolo. Il possède le sens des amples compositions.
En 1481, il fait partie de l'équipe de peintres appelés à Rome par le pape Sixte IV pour travailler à la chapelle Sixtine. La Vierge à l'Enfant avec quatre saints et un ange (1484), retable exécuté pour une chapelle de la cathédrale de Pérouse, révèle sa maîtrise progressive de l'anatomie. Ses chefs-d'œuvre sont les vastes fresques représentant des scènes d'enfer, de purgatoire et de paradis (1499-1504) qui ornent les murs de la chapelle San Brizio, dans la cathédrale d'Orvieto. Inspirées par la Divine Comédie de Dante Alighieri, ces fresques comprennent des représentations de la Fin du monde et du Jugement dernier d'un grand pouvoir dramatique. Ces personnages au port majestueux, caractérisés par le réalisme des détails anatomiques, ont plus tard influencé Michel-Ange et Raphaël.

Titien (1490-1576) est un peintre vénitien, dont le rôle fut primordial dans le développement de l’école vénitienne du Cinquecento.
Né à Pieve di Cadore, au nord de Venise, Titien (en italien Tiziano Vecellio) étudia à Venise auprès de Giovanni Bellini.
À Padoue, en 1511, Titien réalise les 3 fresques de l’Histoire de saint Antoine, pour la Scuola del Santo. 

Rosso Fiorentino. (1494-1540) est un peintre de la Renaissance, chef de file du premier maniérisme florentin. Né à Florence, Giovanni Battista di Jacopo di Guasparre, dit il Rosso Fiorentino ou le Rosso, est formé dans l'atelier d'Andrea del Sarto où il côtoie très vraisemblablement cet initiateur du maniérisme qu’est le peintre Jacopo Pontormo.
Ses recherches prennent leur essor à partir de la Déposition de Croix (1521), toile considérée comme son chef-d'œuvre, dans laquelle il énonce une violente critique du classicisme renaissant. En effet, les figures sont traitées selon le module du cube, la perspective ne suivant pas le schéma de la construction habituelle, mais superposant les plans en saccade. Enfin, les couleurs structurent les formes et ne se contentent pas de doubler et de souligner le dessin.
De 1530 à sa mort (à Paris), le Rosso est le peintre officiel de François Ier et dirige avec Francesco Primatice la décoration du château de Fontainebleau. On lui doit les fresques mythologiques de la galerie François-1er de ce même château.

Paolo Véronèse (1528-1588) est un peintre vénitien de la Renaissance, auteur notamment des Noces de Cana. Les fresques de la villa Barbaro, à Maser (1560-1562), un de ses rares cycles décoratifs à avoir été conservé, mettent en évidence ses recherches sur le sens et sur la perception de l’espace pictural confronté à l’espace architectural.
Véronèse a toujours porté au plus haut son goût pour la technique en peinture. Ses recherches sur le chromatisme tonal, qui juxtaposent les couleurs plutôt qu’il ne les synthétise, sont aujourd’hui considérées comme la caractéristique majeure de son œuvre, qui l’oppose, par ailleurs, à Titien. Son travail sur la lumière est le résultat d’une pratique intuitive des couleurs complémentaires qui sera théorisée trois siècles plus tard. 


Né à Venise (Corte di San Domenico, dans le quartier de Castello), Giovanni Battista Tiepolo, dit Giambattista Tiepolo, apprend les rudiments de son art dans l'atelier de Gregorio Lazzarini (1655-1730). Cependant, l'artiste qui marque les débuts de sa carrière est son maître, le virtuose du clair-obscur Giambattista Piazzetta. En 1717, Tiepolo est reçu dans la corporation des peintres vénitiens puis épouse, deux ans plus tard, la sœur du peintre Francesco Guardi. Dès les années 1715-1716, il travaille à la fois pour le gouvernement de la République vénitienne et pour les vieilles familles patriciennes : notamment le Sacrifice d’Isaac (1724, lunette de l’église Santa Maria dei Dereletti, dite dell’Ospedaletto) et le Pouvoir de l’éloquence (v. 1724-1725, Palazzo Sandi).
Il réalise les fresques remarquables de la Villa Valmarana à Vicenza et notamment la fresque représentant Apollon et les continents. Dans chaque lunette un continent est illustré de façon grandiose. 

Benozzo Gozzoli. (1420-1497) est un peintre italien, l'un des maîtres de l'école florentine, célèbre pour ses fresques au style narratif élégant et précieux. 
Réalisé pour le palais Medici-Riccardi à Florence, le cycle du Cortège des mages se déploie sur trois murs de la chapelle familiale et désigne Gozzoli comme un décorateur brillant et un narrateur habile. Par leur ton souvent anecdotique, ses travaux possèdent une qualité de document historique précieux. Au milieu de paysages du val d'Arno, on peut reconnaître les portraits de Pierre et de Laurent de Médicis, ainsi que ceux de Pandolfo Malatesta (sur le cheval brun) et de Gian Galeazzo Sforza (sur le cheval blanc).

Ses œuvres, pour la plupart des fresques, sont encore marquées par le Trecento ; elles se caractérisent par le réalisme des détails et la vivacité des couleurs. Les plus célèbres d'entres elles sont celles qui représentent différents épisodes de la Vie de saint Augustin (San Gimignano, 1464-1465) et surtout la série exécutée pour le Campo Santo de Pise, illustrant plusieurs scènes tirées de l'Ancien Testament (Vie de Noé, Visite de la reine de Saba à Salomon, etc. 1469-1485). 


Michel-Ange (1475-1564), sculpteur, architecte, peintre, dessinateur et poète italien.
Chargé par le pape Jules II de la décoration du plafond de la chapelle Sixtine (40 m × 13 m), Michel-Ange propose un programme iconographique complexe, d'inspiration néoplatonicienne, composé de 9 épisodes de la Genèse (6 épisodes de la Création et 3 épisodes de la vie de Noé). La partie inférieure est rythmée par 10 anges nus assis sur des plinthes de pierre et 12 trônes monumentaux sur lesquels siègent les Voyants (Sibylles et Prophètes), les Ancêtres du Christ prenant place plus bas, dans des lunettes et dans des pendentifs. Production à l'origine typiquement florentine, tant du point de vue formel que du point de vue chromatique, l'œuvre marque cependant une étape essentielle dans la peinture occidentale, la hardiesse des solutions de perspective mises en œuvre et l'acidité des couleurs employées, exerçant une profonde influence sur les artistes maniéristes de la génération suivante. Michel-Ange peint certaines des plus belles représentations de tous les temps. La révélation de l'œuvre, le matin de la Toussaint 1512, provoqua une admiration unanime, Vasari rapportant qu'« on vit le monde accourir de partout pour la découvrir, et cela laissa les personnes ébahies et muettes ».
Les fresques de la voûte de la chapelle Sixtine, l’occupe de mai 1508 jusqu’en octobre 1512. Il travaille couché sur le dos, sur un échafaudage monté au-dessus de la chapelle. 

Sur la voûte de la chapelle papale, il conçoit un système de décoration complexe, comprenant 9 scènes tirées du livre de la Genèse, commençant par Dieu séparant la lumière des ténèbres et comprenant la Création d'Adam, la Création d'Ève, la Tentation, la Chute d'Adam et Ève, et le Déluge universel. Pour la préparation de 
cette œuvre gigantesque, Michel-Ange dessine de nombreuses études et cartons, concevant ainsi des dizaines de personnages et de poses. Ces représentations impressionnantes et puissantes, qui démontrent une parfaite maîtrise de l'anatomie humaine et du mouvement, ont radicalement transformé le cours de l'évolution de la 
peinture en Occident. En novembre 1536, Michel-Ange entreprend à Rome l'exécution du Jugement dernier pour le mur de l'autel de la chapelle Sixtine. Cette fresque, la plus grande de la Renaissance, 1370 × 1220 cm, représente l'épisode 
apocalyptique du jour du Jugement. De part et d'autre du Christ, les élus (sur la gauche) sont emportés par un mouvement ascensionnel, tandis que les damnés (sur le côté droit de la fresque) chutent vers les Enfers. Commandée par Clément VII mais exécutée sous le pontificat de Paul III Farnèse, la fresque s'inscrit dans un 
espace dépourvu de toute architecture : une lumière chaude et bleue (lapis-lazuli) baigne les personnages, les élus, les damnés et les ressuscités, distribués autour des figures centrales du Christ et de la Vierge. 
La fresque, inaugurée le 25 décembre 1541, a suscité scandale et admiration.


La Villa Farnésine est une demeure de la Renaissance bâtie le long du Tibre à Rome entre 1505 et 1518, célèbre pour ses fresques de Raphaël, de Sebastiano del Piombo et du Sodoma.
Dans la galerie du rez-de-chaussée, ancienne loggia qui s’ouvrait autrefois sur les jardins, les panneaux de la voûte, séparés par des guirlandes de fleurs et de fruits peints par Giovanni da Udine, présentent les fresques de la Légende de Psyché et de Cupidon de Raphaël et de son atelier (Jules Romain et Francesco Penni). Dans la pièce voisine, la voûte a été peinte par Peruzzi, les lunettes par Sebastiano del Piombo (1511-1512), Raphaël ayant réalisé, en 1513, la célèbre fresque du Triomphe de Galatée. À l’étage se trouve la salle dite « des perspectives », aux parois peintes par Peruzzi en trompe l’œil, ainsi qu’une ancienne chambre à coucher dite « chambre nuptiale », notamment décorée à fresque par les Noces d’Alexandre et de Roxane, œuvre signée du peintre le Sodoma en 1516.
La décoration des Loges, galerie longue de 65 m, dotée de douze travées et située au second étage de la cour Saint-Damase, est l'une des créations que Raphaël exécuta au Vatican durant son séjour romain. Les plafonds sont ornés de cinquante-deux scènes. L'ensemble, qui doit beaucoup aux élèves du maître et fut surnommé la « Bible de Raphaël », représente les étapes successives de la Création et met en scène Dieu le Père.

En 1508, Raphaël (1483-1520) est nommé peintre officiel de la papauté. Il doit quitter Florence pour Rome où il est chargé d’exécuter la décoration à fresques des salles de l’appartement du pape Jules II (les Stanze). La chambre de la Signature, certainement la plus célèbre, abrite 4 fresques, dont l’École d’Athènes.
Cette illustration de la Philosophie, inscrite dans un format semi-circulaire, permet à l’artiste de rassembler des figures majeures de la pensée antique. Platon tenant l’un de ses dialogues, le Timée, et Aristote, son ouvrage l’Éthique à la main, président l’assemblée des sages, au centre de la composition. Les gestes des deux principaux protagonistes, le premier tend sa main vers le Ciel tandis que le second désigne la Terre, offrent une représentation symbolique de leurs conceptions philosophiques. Ils marquent clairement l’opposition entre la théorie platonicienne des Idées et le rationalisme et l’empirisme prônés par Aristote.
Les 2 personnages prennent place au sein d’une frise. Parmi le très grand nombre de philosophes représentés, on peut notamment voir sur leur gauche Socrate au milieu d’un groupe de jeunes gens, dont Alcibiade. Au premier plan, à gauche, Pythagore est entouré de ses disciples, tandis qu’à droite Euclide tient un compas. Au centre, Diogène, en partie dénudé, est étendu avec désinvolture sur les marches. De nombreux membres de l’entourage pontifical, tel Léonard de Vinci qui offre son visage à Platon, ont servi de modèles aux divers personnages.
La scène prend place dans un décor grandiose, constitué d’une succession de grandes arcades à caissons directement inspirées des réalisations de l’Antiquité romaine.
L’harmonie de la composition, puissamment rythmée par le savant étagement des architectures et des personnages, est renforcée par la souplesse des lignes et des attitudes, comme par la douceur du trait. La maîtrise de la perspective, servie par le dynamisme des lignes de fuite et de superbes trompe-l’œil, permet de donner une profondeur exceptionnelle à l’œuvre qui s’ouvre sur un ciel d’un bleu limpide.
La fresque, qui avait également pour but d’illustrer la continuité entre la pensée antique et les thèses néoplatoniciennes de la Renaissance, compte parmi les œuvres les plus remarquables du peintre.

Raphaël 1483-1520) est un grand maître de la Renaissance, il est contemporain de Michel-Ange.
Au Vatican Raphaël effectue la décoration des loges des palais pontificaux, la galerie est longue de 65 m, elle est dotée de 12 travées et est située au second étage de la cour Saint Damase. Les plafonds sont ornés de 52 scènes. L'ensemble, qui doit beaucoup aux élèves du maître et fut surnommé la « Bible de Raphaël », représente les étapes successives de la Création et met en scène Dieu le Père. C’est ici que se trouve la fresque la Création des animaux ainsi que la fresque de la séparation des eaux et d'autres épisodes bibliques.

La fresque Attila arrêté par Léon le Grand, 1514, se trouve dans la chambre d'Héliodore des Palais pontificaux, deuxième pièce de l'appartement du pape Jules II au Vatican après la chambre de la Signature.
La scène représente saint Léon Ier (sous les traits de Léon X) qui dissuade Attila de mettre à sac Rome en lui offrant une forte somme d'argent.
Après la mort du pape Jules II en 1513, et l’accession de Léon X, l’influence et les responsabilités de Raphaël augmentent. Il est nommé architecte en chef de la basilique Saint-Pierre en 1514, et, un an plus tard, directeur de toutes les fouilles d’antiquités de Rome. En raison de ces nombreuses activités, il ne réalise qu’une partie de la troisième chambre du palais du Vatican, la stanza dell’Incendio (chambre de l’incendie, 1514-1517). Ce travail marque un passage à une peinture fortement intellectuelle. Il fournit à peine les cartons de la quatrième pièce, la salle de Constantin, dont la décoration est réalisée par son élève Jules Romain. Pendant cette période, il conçoit également dix tapisseries illustrant les actes des apôtres du Christ pour la chapelle Sixtine. Raphaël réalise également les fresques (les Sibylles) de la chapelle Chigi de l’Église Santa Maria della Pace, ainsi que l’architecture et les décorations de la chapelle Chigi de l’Église de Santa Maria del Popolo et la célèbre fresque de la villa Farnésine : le Triomphe de Galatée (1513).

Représentant majeur du maniérisme italien et de l’école siennoise Domenico Beccafumi (1486-1551) composa de nombreuses fresques pour la « Sala del Concistoro » (salle du Conseil) du palais public de Sienne, dans un style caractérisé par une palette audacieuse et des éclairages surprenants. Ses œuvres les plus remarquables sont le retable et les fresques du plafond qu’il exécute pour le Palazzo Pubblico de Sienne (« sala del Concistoro », 1529). En 1529 il représente dans une fresque La Mort de Spurio Melio. Il décore aussi l’Oratorio de San Bernardino à Sienne. Fidèle aux principes du maniérisme, Beccafumi se spécialise dans les éclairages insolites, l’irréalisme chromatique et les personnages éthérés placés au milieu de décors imaginaires, faisant parfois des références ludiques à Michel-Ange.


Andrea del Sarto (1486-1530) est un peintre italien de la haute Renaissance, dont la renommée repose principalement sur une série de fresques retraçant la vie de saint Jean-Baptiste, réalisée pour le cloître du Scalzo à Florence.
Né à Florence, il étudie la peinture sous l'autorité de Piero di Cosimo, mais également en s'imprégnant des œuvres de Michel-Ange, de Léonard de Vinci et de Raphaël qu'il pouvait librement admirer dans sa ville. Puis il ouvre, avec le peintre florentin Francisco di Cristofano Franciabigio, un atelier qui devient très florissant.. En 1518, Andrea del Sarto est appelé à la cour de François Ier, qui le charge d'acheter pour son compte des œuvres d'art en Italie. Del Sarto revient à Florence en 1519 et utilisa l'argent à d'autres fins. En 1525, pour le cloître de la Santissima Annunziata, il réalise la lunette de la Madone au sac, souvent considérée comme son œuvre la plus aboutie. En 1529, un an avant sa mort, il acheva sa dernière fresque importante, la Cène, peinte dans le réfectoire du couvent de San Salvi, près de Florence. Son œuvre, qui allie équilibre des compositions et densité des formes à une poésie incontestable lui valut de Giorgio Vasari le qualificatif de peintre « sans fautes »,elle reste longtemps une référence pour les artistes de la génération suivante, comme le Pontormo et Rosso Fiorentino.

Le Parmesan, (1503-1540), peintre italien.
Né à Parme, Girolamo Francesco Maria Mazzola ou Mazzuoli, dit il Parmigianino ou, le Parmesan est formé dans l’atelier de ses oncles paternels, Michele et Pier Ilario Mazzola. Sur une commande du comte Gian Galeazzo Sanvitale, le Parmesan décore également une stuffetta, petite salle d’eau du château de Fontanellato. La conception des peintures murales (Diane et Actéon, 1522-1524, d’après les Métamorphoses du poète latin Ovide), réparties entre les 13 lunettes du boudoir, évoque par son élégance et son raffinement précieux la manière du Corrège. Le Parmesan n’a cependant jamais été à proprement parler l’élève du Corrège dont, en rival, il s’est très tôt démarqué, tant par la dominante froide, fortement intellectualisée, voire hermétique de son style que par le tracé graphique vivace et nerveux. Cette dernière qualité est d’ailleurs attestée dans ses nombreux dessins et gravures à l’eau-forte, technique qu’il est un des premiers artistes italiens à expérimenter.Ayant regagné Parme en 1531, le Parmesan se voit confier par le chapitre de l’église Santa Maria della Steccata les fresques a tempera de l’abside et de la voûte du chœur de l'église. Défiant génialement les usages établis, c’est la voûte elle-même qu’il recouvre de caissons peints à rosoni (rosaces), les figures (des vierges folles et des vierges sages drapées) étant peintes aux retombées de la voûte, sur chacune des impostes de l’arc, dans les intersections des caissons. 

Agnolo Bronzino (1503-1572) est un peintre italien, représentant du maniérisme florentin. Né à Monticelli, près de Florence, Agnolo di Cosimo di Mariano Tori, dit Bronzino, fait ses premières armes dans l’atelier de Raffaelino del Garbo, puis, à partir de 1518, devient l’élève de Jacopo da Pontormo. Il participe aux côtés de son maître à la peinture des fresques de la chartreuse du Galluzzo (1523-1525), puis à la décoration de la chapelle Capponi de l’église florentine de Santa Felicità (1526-1528). Bronzino est de nouveau le collaborateur de Pontormo (villas de Careggi et de Castello). En 1539, il participe aux décors festifs commandités pour les noces de Cosme Ier de Médicis et d’Éléonore de Tolède, pour lesquels il réalise notamment quatre bas-reliefs de bronze peints en trompe-l’œil. Chargé du décor de la chapelle de la même Éléonore au Palazzo Vecchio (fresques du Déluge, du Serpent d’airain et du Passage de la mer Rouge), il devient en 1540 le portraitiste officiel de la cour des Médicis à Florence.

Architecte et peintre italien Baldassare Peruzzi (1481-1537) est né près de Sienne, Baldassare (ou Baldassarre) Peruzzi est formé à la peinture à Sienne où il réalise sous la conduite du Pinturicchio les fresques de la chapelle San Giovanni du Duomo. Sous la protection de la famille siennoise des Chigi, il se rend à Rome en 1503 où il poursuit ses études d’architecture tout en étudiant les antiquités romaines, et subit l'influence de Raphaël et de Bramante. Il entreprend à partir de 1509 la construction de la villa de campagne du banquier Agostino Chigi sur les bords du Tibre, villa appelée aujourd’hui Farnésine, célèbre pour ses élégantes proportions et les fresques en trompe l’œil de la Salle des Perspectives (ou Salle des Colonnes). En 1516, il peint à fresque, sous la conduite de Raphaël, la chapelle Ponzetti de l'église Santa Maria della Pace. En 1520, à la mort de Raphaël, il est engagé comme architecte en chef par le pape Léon X pour poursuivre les travaux de la Basilique Saint-Pierre.
Peruzzi a également travaillé à la décoration de la villa du cardinal Jules de Médicis (futur Clément VII), qui deviendra la villa « Madama » (villa de Marguerite d’Autriche), et a construit pour la famille Orsini le palais qui occupe la partie haute du théâtre de Marcellus. 

Né à Bologne en Italie Le Primatice (1504-1570) est peintre, dessinateur, stucateur et architecte et il s’installe en France. C’est un des plus illustres représentants de l’école de Fontainebleau. Il est célèbre pour ses travaux de décoration au château du même nom qu’il a teinté d’une esthétique maniériste novatrice.

En 1532, à la demande du roi François Ier, le Primatice gagne la France pour participer aux travaux de décoration du château de Fontainebleau aux côtés de son compatriote Rosso Fiorentino qui dirige alors le chantier. Le jeune collaborateur obtient plus d’autonomie pour la décoration de la « chambre du roi », qui témoigne de l’influence de Jules Romain. Le Primatice réalise ensuite la « chambre de la reine » (1534-1537) puis travaille à la galerie François Ier (1534-1537). L’influence de l’esthétique du Parmesan se révèle rapidement dans les réalisations du Primatice qui met peu à peu au point un style caractérisé par la description de figures féminines au canon très allongé, dotées de silhouettes souples et élégantes.
À la mort de Rosso en 1540, le Primatice se voit confier la direction des travaux de décorations du château. Entre 1541 et 1544, il s’occupe de la décoration de la chambre de la duchesse d’Étampes. Il y exécute des fresques illustrant la vie d’Alexandre le Grand et surmonte la porte de caryatides nues en stuc, dont les poses s’articulent suivant une ligne serpentine. Cet ensemble constitue l’un des rares témoignages subsistant de ses talents de stucateur.
Pour le roi François Ier, le Primatice se rend à plusieurs reprises en Italie d’où il ramène des moulages en bronze de sculptures antiques.

Le palais Farnèse est un palais de la Renaissance, construit à Rome entre 1514 et 1589 par Antonio da Sangallo le Jeune, Michel-Ange, le Vignole et Giacomo Della Porta. Ce palais est aujourd'hui le siège de l'ambassade de France auprès du Quirinal. Le puissant cardinal Alexandre Farnèse (devenu pape en 1534, sous le nom de Paul III) avait choisi ce palais comme résidence pour sa famille, ce monument est un des plus emblématiques de la grandeur de la ville de Rome. A l'intérieur du palais, le vestibule d'entrée s'ouvre sur le cortile (ou cour intérieure) ressemble, toutes proportions gardées, à une basilique à trois nefs. La palais est décoré des fresques de Francesco Salviati,1552-1558, décoration achevée par les frères Taddeo et Federico Zuccari après 1564. Mais le chef-d'œuvre est sans conteste la voûte décorée à fresque de la grande galerie des Carrache (ou galerie Farnèse). Peintes entre 1597 et 1601 (1604 pour l'ensemble des fresques, incluant les fresques murales) par le maître bolognais Annibal Carrache (aidé de son frère Augustin et d'une équipe d'élèves, dont Francesco Albani,le Dominiquin, Sisto Badalocchio, Innocenzo Tacconi, Antonio Mario Panico et Giovanni Lanfranco), ces fresques sont inspirées de fables alexandrines de la mythologie grecque et des Métamorphoses d'Ovide. D'un traitement très audacieux, ces fresques en forme d'épithalame célèbrent le triomphe de l'amour (triomphe de Bacchus et d'Ariane ; mythe de Polyphème et de Galatée). Cette voûte inspirera notamment Rubens et surtout Nicolas Poussin qui en fera l'étude minutieuse avant de peindre les plafonds du Louvre.

Taddeo Zuccari (1529-1566) est l'aîné des deux frères Zuccari. Né à Sant’Angelo in Vado (duché d’Urbino), il travaille avec son père Ottaviano et dans l’atelier de Pompeo da Fano. Prenant pour modèles Polidoro da Caravaggio et Perin del Vaga, il opte pour un style maniériste inspiré tout à la fois du réalisme descriptif de Raphaël et de la monumentalité et du culte de la forme de Michel-Ange, mais aussi en pleine adéquation avec le piétisme et le rigorisme montant de la Contre-Réforme. En 1551, il se rend à Urbino à la cour de Guidobaldo della Rovere. Il y achève les fresques du chœur de la cathédrale et revient à Rome en 1553.
Taddeo Zuccari reçoit alors de nombreuses commandes pour la réalisation de fresques historiques, de la part des papes Jules III, Paul IV et Pie IV ainsi que des cardinaux Ranuccio et Alexandre Farnèse, et Hippolyte d’Este (villa de Tivoli). Il participe notamment, sous la direction de Prospero Fontana, à la décoration de la villa Giulia (Danse de Diane et des nymphes, 1553 ; salle des Sept Collines, 1559-1561. Il procède en particulier à l’achèvement des fresques, commencées par Francesco Salviati, de la salle des Fastes Farnésiens du palais Farnèse de Rome. Quant aux fresques du palais Farnèse de Caprarola (conçu par l’architecte le Vignole et aujourd’hui résidence d’été de la présidence de la République italienne) que Taddeo Zuccari entreprend pour le compte du cardinal Alexandre Farnèse à partir de 1559, elles constituent aujourd’hui l’œuvre la plus reconnue du peintre.


À Parme, Antonio Allegri dit le Corrège (1489-1534) entreprend à partir de 1520 la réalisation d’un programme de fresques pour le couvent bénédictin San Paolo. Sur la paroi nord de la pièce, il orne le manteau de la cheminée d’une scène représentant Diane sur son char. Il décore également chacun des 16 quartiers de la coupole d’une lunette figurant en grisaille des sculptures antiques. Chacune d’elle est surmontée de figures de putti décrites dans des cadres ovales eux-mêmes inclus dans une pergola fleurie. Des guirlandes de fruits surmontent ces scènes pleines de charme. L’ensemble, qui fait référence à une iconographie humaniste fort complexe, s’inspire de l’art d’Andrea Mantegna ainsi que de celui de Raphaël.
De 1520 à 1524 Le Corrège est chargé de réaliser les fresques de l'église San Giovanni Evangelista, à Parme. Dans l’abside, il compose un Couronnement de la Vierge et, sur la coupole dépourvue de lanterne, peint la Vision de saint Jean à Patmos. De 1526 à 1530, le peintre décore la coupole octogonale de la cathédrale de Parme d’une Assomption de la Vierge. Il y déploie une foule de personnages qui prennent place au cœur de nuages sur plusieurs niveaux de cercles concentriques, créant un effet visuel de spirale. La palette variée est dominée par des tonalités chaudes. Semblant à la fois tourné vers les préoccupations de la Renaissance et annonçant les premiers développements de l’art baroque, le Corrège occupe une place à part dans l’histoire de l’art. Maître du Parmesan, cet artiste majeur de son temps a eu une influence notable sur des peintres postérieurs, notamment Annibal Carrache.

Le Sodoma (1477-1549) est un peintre siennois dont l'œuvre assure la transition artistique entre la fin de la Renaissance et le début du maniérisme. Né à Vercelli (Piémont), Giovanni Antonio Bazzi, dit le Sodoma, surnom qui, selon Vasari, lui a été attribué pour des mœurs supposées licencieuses, dont il se vantait, est l'élève de 
Giovanni Martino Spanzotti (1456 - 1526). Il séjourne à Milan à partir de 1497 où il subit très tôt l'influence de Léonard de Vinci. Ses œuvres de jeunesse témoignent d'un vif intérêt pour les recherches du maître, notamment le " sfumato ". En juillet 1503, il entreprend la décoration à fresque du réfectoire de l'abbaye olivétaine Sant'Anna in Camprena, près de Pienza, puis, poursuivant l'œuvre laissée inachevée par Luca Signorelli en 1497-1498 au cloître de l'abbaye de Monte Oliveto Maggiore (cycle de 9 fresques où sont retracées des Scènes de la vie de saint Benoît de Nursie)et 27 autres fresques (1505-1508). A Rome le Sodoma peint à fresque la chambre à coucher (dite salle des noces) de la villa Chigi sur les bords du Tibre (cette villa sera connue plus tard sous le nom de Farnésine après son rachat en 1579 par le cardinal Alexandre Farnèse). La fresque des noces, porte l'empreinte de Léonard de Vinci et de Raphaël, comme en attestent la beauté suave des visages et des corps et la grâce voluptueuse des anges qui volètent autour du lit nuptial où repose une Roxane presque dénudée. L'œuvre du Sodoma a influencé nombre de peintres siennois et plus particulièrement le peintre maniériste Domenico Beccafumi.

Peintre et sculpteur bolonais Annibal Carrache, (1560-1609) a préfiguré le mouvement baroque et battu en brèche les excès du maniérisme.
Annibal Carrache se distingue dans la réalisation de décors à fresque de grandes dimensions, comme le cycle lyrique consacré aux Histoires de Romulus et Remus (1588-1592) pour le palais Magnani (aujourd’hui Salem) de Bologne. Ce cycle constitue une sorte de manifeste artistique grâce auquel Annibal est d’emblée reconnu comme l’artiste le plus doué de la famille Carrache. Dès 1595, Annibal s’installe à Rome. Déjà célèbre pour ses fresques réalisées à Bologne, il est chargé de peindre les plafonds de la galerie du palais Farnèse à Rome (1597-1602). 
En 1595, le cardinal Odoardo Farnèse (1573-1626, fils d’ Alexandre Farnèse) fait venir à Rome Annibal Carrache pour la décoration des appartements de son palais romain. Celui-ci y réalise avec son atelier la décoration à fresque du « camerino » ( chambre du cardinal Odoardo), fresque mythologique et élégiaque à vocation moralisante et didactique où sont évoqués les personnages d’Ulysse et d’Hercule. Entreprenant la peinture des fresques de la voûte, Annibal Carrache réalise ce qui constitue, aujourd’hui encore, son chef-d’œuvre le plus incontesté.
Autour du Triomphe de Bacchus et d’Ariane (au centre de la voûte) se déroule un cortège déluré et étourdissant de sensualité et de vitalité. Ce décor s’inspire à l’évidence, dans son agencement, de la décoration des voûtes de la chapelle Sixtine et des fresques de Michel-Ange mais aussi de la voûte de la galerie de la villa Farnésine, décorée par Raphaël. Les fresques de la voûte suscitent stupeur et admiration lors de leur première présentation publique. Elles demeurent depuis lors une référence pour les artistes romains. Elles ont influencé des artistes baroques comme le Bernin et Rubens et inspiré notamment Nicolas Poussin pour la peinture des plafonds du Louvre. Annibal Carrache repose au Panthéon de Rome aux côtés de Raphaël.

Giovanni Lanfranco (1582-1647) est l'un des représentants majeurs de l'art baroque romain. Né à Terenzo, près de Parme, Giovanni Lanfranco se forme à Bologne auprès d'Augustin Carrache puis part pour Rome rejoindre Annibal Carrache. Placé sous la protection du pape Paul V, il travaille notamment, à partir de 1604, à la décoration de la galerie du palais Farnèse donnant sur la via Giulia. De retour dans sa région natale en 1609 (à la mort d’Annibal Carrache), il exécute de nombreuses fresques des églises des duchés de Parme et de Plaisance, dont le Martyre de saint Octave du baptistère de Parme, et le retable de la Madonna di Reggio de l’église Saint-André à Plaisance, ainsi que les fresques de la coupole de la chapelle de saint Luc à l’église Santa Maria delle Grazie. De nouveau à Rome deux ans plus tard, il travaille notamment au palais Mattei (1615)), dans la chapelle Buongiovanni de l’église Sant’Agostino (1616), aux fresques murales de la salle royale (Sala Regia) du palais du Quirinal (1616-1617, aux côtés d’Agostino Tassi et de Carlo Saraceni), à celles de la loggia du casino Borghèse (Ciel des dieux païens, 1616 ; le Conseil des Dieux, 1624) et de la villa de Frascati du cardinal Scipion Borghèse (Norandino et Lucina surpris par l’ogre, 1624). Il œuvre également aux fresques de la chapelle Pauline de la basilique Santa Maria Maggiore et aussi à la coupole de Sant’Andrea della Valle (Assomption de la Vierge, 1625-1627, œuvre qui inaugure la période du baroque romain). Pour cette coupole, il rivalise avec le Dominiquin qui avait déjà réalisé les quatre pendentifs et les fresques cloisonnées de la voûte de chœur. Lanfranco travaille ensuite à la basilique Saint-Pierre (jusqu’en 1631). Bien que ses œuvres de jeunesse soient surtout la mise en application des préceptes du classicisme édictés par Annibal Carrache, Lanfranco a également été très influencé par le style du Corrège (dont sa coupole du dôme de Parme). Ses habiles perspectives, ses trompe-l'œil et ses raccourcis audacieux en font l'une des figures majeures du baroque romain. Il a eu une grande influence sur les artistes napolitains Mattia Preti, Francesco Solimena et Luca Giordano et sur le peintre français François Perrier (1590 -1650) qu’il a formé dans son atelier à Rome.

Peintre et décorateur italien Guido Reni (1575-1642) est l'un des principaux représentants de l'école bolonaise. Né à Calvenzano, près de Bologne, formé dans l'atelier du peintre anversois Denijs Calvaert, puis à l'Accademia degli Incamminati des Carrache, Guido Reni part pour Rome avec Francesco Albani vers 1600. Il se rapproche alors de Caravage, dont il adopte la technique du clair-obscur. L'influence de celui-ci est visible dans ses premiers tableaux comme la Crucifixion de saint Pierre (1603, Vatican), mais Reni impose par la suite un style plus personnel, élégant et sensuel, se référant davantage aux œuvres de Raphaël. À Rome, il s'acquitte de commandes de très grand prestige, comme les fresques de la chapelle de l’Annonciation du palais Quirinal (1610) et celles de Sainte-Marie-Majeure. L'Aurore, qu'il a peinte au plafond du casino Rospigliosi de Rome entre 1613 et 1614, est l'une de ses plus grandes réussites. La fresque orne le plafond du casino du Palazzo Pallavicini Rospigliosi, à Rome, elle représente une allégorie de l'Aurore guidant le char d'Apollon. L'élégance des figures féminines représentant les Heures du jour, les subtils jeux de lumière, la délicatesse des coloris et l'harmonie de la composition contribuent au charme de cette fresque, œuvre majeure de Guido Reni.

Pierre de Cortone (1596-1669) est un peintre et architecte italien qui est avec Le Bernin et Borromini est l'un des principaux représentants de l'art baroque à Rome au XVIIe siècle. Né à Cortone, Pietro Berrettini, dit Pietro da Cortona, ou en français Pierre de Cortone, étudie la peinture à Florence auprès d'Andrea Commodi et se montre sensible dès ses années de formation à l'art de Raphaël et de Carrache. 
Les œuvres les plus importantes de Cortone, qui privilégie les sujets mythologiques et religieux, sont ses fresques en trompe l'œil (fresques de l'église Santa Bibiana, 1624). Jusqu'ici, les grandes compositions plafonnantes étaient divisées en compartiments illustrant chacun un épisode. Dans son chef-d'œuvre, la vaste fresque intitulée Gloire des Barberini (ou le Triomphe de la Divine Providence, 1633-1639) ornant le plafond du Grand Salon du palais Barberini à Rome, Cortone s'affranchit de cette contrainte en mêlant diverses scènes dans une seule et même composition, unifiée par un fond représentant le ciel, créant ainsi une impression de mouvement ascendant, de profusion et de profondeur illimitée. Cet effet, qui favorise le déploiement d’une multiplicité de perspectives, est devenu l'une des caractéristiques du style baroque. Pierre de Cortone est également l'auteur d'œuvres décoratives pour le palais Pitti (1637) à Florence, pour la voûte de la nef de Santa Maria in Vallicella (1647) et pour le palais Pamphilj de la place Navone (Histoire d'Enée, 1651) à Rome.



Juan Carreño de Miranda (1614-1685) est un peintre espagnol dont l’activité s’est déroulée principalement à la cour du roi Charles II où il est devenu peintre de chambre à partir de 1671. Auteur de portraits et d’œuvres religieuses, il déploie par ailleurs une technicité remarquable dans l’art de la fresque.
Il se rend très jeune à Madrid où il entre dans l’atelier de Pedro de la Cuevas, puis travaille avec Bartolomé Román, tous deux peintres de l’école madrilène. Vers le milieu du XVIIe siècle, il débute comme maître indépendant en peignant des thèmes religieux, sujet traditionnel de l’époque. Introduit à la cour par Vélasquez, il démontre son talent d’habile fresquiste en réalisant, en collaboration avec Francisco Rizi, des décorations au sein du palais de l’Alcazar de Madrid ; son style ornemental, marqué par l’art italien, est caractéristique de la dernière étape du baroque.
Ses travaux pour la cour lui permettent de découvrir les collections royales et d’étudier la peinture vénitienne ainsi que les tableaux de l’école flamande, notamment ceux de Rubens. À partir de ces nouvelles sources, il élabore un style élégant et dynamique d’une grande richesse chromatique, qui rend compte de sa maîtrise technique et de l’aisance du dessin. Bien que la technique de la fresque soit rare parmi les peintres espagnols de l’époque, Juan Carreño de Miranda l’utilise de façon privilégiée pour de nombreuses décorations d’églises (voûte de l’église de San Antonio de los Alemanes de Madrid) et décorations de palais à sujets mythologiques. Parmi les œuvres religieuses, il convient de citer l’interprétation personnelle qu’il donne à la représentation de la Vierge, qui constitue pour lui un modèle féminin épanoui idéal (cathédrale de Vitoria et au monastère de la Encarnación de Madrid).

Luca Giordano. (1634-1705) est une des grandes figures de la fin du baroque italien . 
Né à Naples, Luca Giordano il a été surnommé il Fapresto en raison de sa rapidité d'exécution. Il étudie auprès du peintre espagnol Jusepe de Ribera et de l'Italien Pierre de Cortone. Son style s'inspire à la fois de ceux de Cortone et de Véronèse. Giordano vit et travaille surtout à Naples ; il exécute des œuvres sur commande à Florence et, de 1692 à 1700, réside à Madrid, où il travaille sous la protection de Charles II d'Espagne. 
Son œuvre est caractérisée par des couleurs harmonieuses, une peinture légère et une grande capacité d'invention. Parmi ses fresques les plus célèbres figurent celles de la coupole de la chapelle Corsini, à Florence de l’ église des Gerolamini, Naples Giordano (Luca), Histoire de la Toison d'or 
La fresque allégorique l’Histoire de la Toison d'or de la monarchie espagnole est une célébration du règne de Charles II, dernier souverain de la dynastie des Habsbourg d’Espagne. Y est également commémorée la fondation de l’ordre de la Toison d’or, ordre de chevalerie créé en 1430 par le duc de Bourgogne Philippe III le Bon et implanté en Espagne par Charles Quint. Cette fresque a été peinte sur le plafond d’un des grands salons (ancienne salle de bal) du Casón del Buen Retiro, intégré depuis 1971 au musée du Prado. Cet édifice faisait autrefois partie du palais du Buen Retiro, qui a brûlé dans un incendie en décembre 1734.


Peter von Cornelius (1783-1867) est un peintre allemand, membre du groupe des nazaréens, représentant de la peinture d’histoire idéaliste.
Né à Düsseldorf, Cornelius travaille à partir de 1809 sur l’illustration du Faust de Goethe. En 1811, il s’installe à Rome et rejoint les nazaréens, groupe dédié aux idéaux de l’art de la Renaissance italienne et au renouveau de la fresque. Rapidement, le rôle de Cornelius dans le groupe sera majeur, et il collabore entre 1816 et 1818 aux fresques de la Casa Bartholdy à Rome (Joseph reconnu par ses frères). En 1819, le prince Louis de Bavière fait appel à lui pour la décoration de la glyptothèque de Munich, où il réalise également des fresques dans l’église Saint-Louis (Jugement dernier). Entre 1821 et 1861, il est successivement directeur de l’académie de Düsseldorf, puis de celle de Munich, et son influence sur les jeunes peintres est considérée comme très importante jusqu’à l’avènement du réalisme. Inspiré à ses débuts par Raphaël et Michel-Ange, le style de Cornelius, linéaire et maniériste, joue sur les contrastes de lumière et sur les effets de monumentalité qui ont fait l’admiration de Delacroix et d’Ingres.


Paul Delaroche. (1787-1856) est un peintre français, spécialisé dans la peinture d'histoire et le portrait.
Hippolyte de La Roche, dit Paul Delaroche, est né à Paris d'un père expert en tableaux. Il entre très jeune dans l'atelier du paysagiste Watelet, puis travaille aux côtés du peintre d'histoire Gros. Dès 1822, il expose au Salon où il ne tarde pas à se faire une réputation flatteuse de peintre historique, notamment avec la Mort d'Élisabeth d'Angleterre (1827), l’Exécution de Jeanne Grey (1833), puis l'Assassinat du duc de Guise (1835, musée Condé, Chantilly). Fréquentant le Tout-Paris, il reçoit diverses commandes, notamment, en 1837, la décoration de l'École des beaux-arts de Paris : il y réalise une fresque de 27 m de long, l'Apothéose de l'art, son œuvre aujourd’hui la plus connue.

Le Bois sacré (1880-1889), grande fresque symboliste de Pierre Puvis de Chavanne, orne le grand amphithéâtre de La Sorbonne établissement public d’enseignement supérieur, situé à Paris.

Raoul (Dufy, 1877-1953), l'un des plus célèbres coloristes français de son époque réalise pour le pavillon de l'Électricité de l'Exposition internationale des arts et techniques de 1937 un grand décor, la Fée électricité.

Peintre belge Antoine Wiertz (1806-1865 ) est l’élève de M. Van Bree et de W.-J. Herreyns à l’Académie d’Anvers. En 1829, il part à Paris. De retour en Belgique, il obtient le prix de Rome en 1832. De 1834 à 1837, il s’installe à Rome où il exécute de grandes fresques à la villa Borghèse sur les thèmes du carnaval et des courses de chevaux. Le traitement spectaculaire qu’il impose aux sujets religieux et mythologiques le rend célèbre. Il connaît à nouveau le succès en abordant des thèmes macabres, et parfois érotiques. Il est doté d’une imagination puissante, au point d’être considéré plus tard, comme un précurseur du surréalisme. Il rédige aussi quelques ouvrages sur l’art (Éloge de Rubens, l’École flamande de peinture). Après 1850, l’État belge lui construit un atelier à Bruxelles, afin d’accueillir ses toiles gigantesques, c’est devenu le musée Wiertz.


Akseli Gallén-Kallela (1865-1931) est un peintre et illustrateur finlandais, dont le nom est associé au renouveau de la culture finlandaise.
Axel Gallén est né à Pori, au sein de la minorité de langue suédoise, le 26 mai 1865. Après ses études d'art à Helsinki, il vécut à Paris, de 1884 à 1889, et s'orienta vers un style de peinture réaliste. En 1890, il fit son premier voyage dans la province de Carélie, dont les traditions préservées influencèrent son adoption du symbolisme. 
Dans les années 1890, Gallén appliqua les principes de l'art nouveau non seulement à sa peinture, mais aussi à ses tissus, ses vitraux et ses fresques, comme celles qu'il a réalisées pour le hall central du Musée national historique d'Helsinki, illustrant des scènes issues du Kalevala, l'épopée mythologique finlandaise. Ces fresques, conçues à la façon de tapisseries, opposent des contours assez épais à de vastes zones de couleurs vives. 

Dés les origines la fresque est décorative. Elle peut-être historique, parfois mythologique et souvent religieuse. Avec le muralisme mexicain elle devient politique et sociale. Le muralisme est un mouvement artistique mexicain issu de la tradition picturale précolombienne et qui s’est développé après la révolution de 1910.
Son programme est de donner à l’art une assise sociale en refusant la peinture traditionnelle de chevalet. Le muralisme préconise la réalisation d’œuvres monumentales destinées au peuple et centrées sur la réalité mexicaine, les luttes sociales, l’histoire et l’identité nationale. La peinture murale, influencée par le riche passé précolombien et colonial, d’inspiration traditionnelle et populaire, se voit déclarée art officiel de la révolution.
À partir de 1930, le mouvement atteint une dimension internationale et s’étend à d’autres pays du continent : il se diffuse en Argentine, au Pérou, au Brésil et cet art sera même choisi pour la décoration de certains édifices publics aux États-Unis.
Depuis 1922, les peintres mexicains n’ont pas cessé de réaliser des peintures murales, ce qui atteste du succès et de la force de ce mouvement.

Le peintre mexicain Diego Rivera (1886-1957) compte parmi les plus célèbres muralistes de son pays.
Originaire de Guanajuato, Diego Rivera se forme à l’Académie des beaux-arts de San Carlos à Mexico. En 1907, il reçoit une bourse d’études qui lui permet de se rendre en Europe. Il séjourne à Paris et à Madrid, rencontre Modigliani et se montre sensible à l’art de Cézanne ainsi qu’à l’esthétique cubiste développée par Picasso et par Juan Gris. Il voyage également en Russie et en Italie, où il découvre les fresques de Giotto. À partir de 1921, il prend une part active dans le renouveau de la peinture murale amorcé par Siqueiros et Orozco, tous sont soutenu par le gouvernement mexicain. Convaincu que l’art doit servir la cause du peuple et lui être facilement accessible, il s’applique à réaliser de grandes fresques et met son talent au service de la cause révolutionnaire en évoquant l’histoire de son pays sur les murs des bâtiments publics. Au cours des années 1920, il réalisa de nombreuses compositions pour le ministère de l’Éducation à Mexico (1922-1929) et pour l’École nationale d’agriculture de Chapingo (1926).
Rivera se rend aux États-Unis en 1932 et y composa plusieurs fresques.
Les peintures murales de Rivera se caractérisent par un dessin simple, expressif, réaliste et vigoureux. Empreintes d’une critique sociale souvent virulente, elles affichent ouvertement les convictions marxistes de l’artiste, c’est pourquoi elles ont été à l’origine de nombreuses polémiques, aussi bien au Mexique qu’aux États-Unis.

José Clemente Orozco (1883-1949), est un peintre mexicain de tendance expressionniste qui est considéré comme l’un des plus grands peintres muralistes de son pays.

Il a été formé à l’Académie de San Carlos, à Mexico. Devenu célèbre grâce à ses dessins satiriques, il exprime les mêmes préoccupations politiques et sociales dès 1922 au travers de son activité de peintre muraliste. Il développe aux côtés de Diego Rivera une œuvre de caractère révolutionnaire dans un style fortement empreint de réalisme et suggérant souvent une certaine violence. La plus importante de ses premières œuvres est la série de fresques commémorant la révolte des paysans et des travailleurs de Mexico destinée à l’École nationale préparatoire de la ville (1922-1925). Entre 1927 et 1934, Orozco travaille aux États-Unis, où il réalisa un ensemble de peintures murales intitulé Les Dépossédés à la New School for Social Research de New York. Il travaille également à la réalisation de décorations pour le Pomona College de Claremont, en Californie, puis exécute des fresques retraçant l’histoire de l’Amérique pour la Bibliothèque Baker de Dartmouth College. Durant les années 30 Orozco réalise de grandes peintures murales à Mexico (palais des Beaux-Arts, 1934) et à Guadalajara (université et palais du gouverneur, 1936). Dans les années 1940, il transpose son style dans des peintures sur toile. À la fin de sa vie, Orozco devient plus expressionniste mais ses thèmes de prédilection sont toujours les souffrances de l’humanité.

David Alfaro Siqueiros (1896-1974) est lui aussi un peintre muraliste mexicain aussi célèbre que Diego Rivera et José Clemente Orozco. 
Né à Chihuahua, Siqueiros étudie à l’École nationale des Beaux-Arts à Mexico. Il réalise sa première peinture murale, les Éléments, pour l’École nationale préparatoire de Mexico en 1923. Il participa au renouveau de la peinture de fresques dans le cadre du programme de décoration murale des bâtiments publics parrainé par le gouvernement. Plus tard, il réalisa des fresques murales aux États-Unis.
Membre du Parti communiste et activiste (il s’engagea, durant la guerre d’Espagne, dans l’armée républicaine), Siqueiros, dans ses fresques et ses peintures monumentales, épousa les thèmes révolutionnaires destinés à inspirer les masses populaires. Ses peintures audacieuses, aux couleurs vives, exaltent avec lyrisme et émotion l’héroïsme des plus humbles. Condamné en 1962 à huit ans d’emprisonnement pour avoir été l’instigateur de manifestations d’étudiants en 1960, il fut amnistié en 1964. Son œuvre la plus monumentale, la Marche de l’humanité en Amérique latine, couvre près de 4 350 m2. Elle fut réalisée à sa sortie de prison et orne toujours le Polyforium de Mexico.

Juan O'Gorman (1905-1982) est architecte, peintre et mosaïste mexicain. Influencé par l’œuvre de Le Corbusier, Juan O’Gorman est le principal représentant du style international au Mexique.
O’Gorman est aussi un muraliste et un peintre de chevalet. Il réalise de nombreuses peintures murales de style réaliste. La plupart représentent des scènes historiques mexicaines. En 1937-1938, il crée pour l’aéroport de Mexico une fresque en trois panneaux, intitulée l’Histoire de l’aviation, fortement controversée en raison de son contenu politique. En 1939, deux des panneaux sont détruits (les Mythes religieux et les Mythes païens), mais le panneau central, la Conquête de l’air par l’homme, a été sauvegardé et conservé dans le nouvel aéroport. Caractérisées par des couleurs vives et le sens des détails, ces peintures révèlent deux influences conjointes, celle de Diego Rivera et celle des peintres de la première Renaissance italienne. O’Gorman a également peint des portraits et des paysages oniriques, aux architectures fantastiques.

Marc Chagall (1887-1985) est peintre, dessinateur, graveur et décorateur. D’origine russe il s’est inspiré du folklore juif pour composer une œuvre onirique aux forts accents mystiques et symboliques. Il crée alors nombre d’œuvres monumentales, vitraux, mosaïques, tapisseries, fresques, notamment pour le Metropolitan Opera de New York. 
En 1964, à la demande d’André Malraux, il réalise les décors du plafond de l’Opéra de Paris. 

Gino Severini (1883-1966) est un peintre italien, l'un des fondateurs du futurisme. 
Après un séjour à Rome où il se lia avec Giacomo Balla, Gino Severini se rend à Paris où il fait la connaissance de Modigliani. Après une période influencée par le néo-impressionnisme développé par Seurat, il se rallie au futurisme en 1909 et signe, un an plus tard, le Manifeste de la peinture futuriste. Ses œuvres cherchent alors 
à saisir l'action ou le mouvement dans des compositions tournoyantes de lignes brisées et de formes, comme en témoignent ses multiples études sur la danse (Danseuse à Pigalle, 1912). À partir de 1915, il peint de nombreuses natures mortes de facture cubiste, utilisant le collage ou les mots peints. Après la guerre il revient 
à un certain académisme, réalisant des mosaïques et des fresques et exécutant plusieurs décors de théâtre. A partir des années 1940, il dirige de nouveau ses recherches vers un cubisme proche de l'abstraction géométrique. 
Cândido Portinari (1903-1962) est brésilien et d'origine italienne, né à Brodósqui, il contribue au développement d'un art brésilien contemporain. Portinari étudie à l'école des Beaux-Arts de Rio de Janeiro. Il découvre la technique des fresques en Europe. De retour au Brésil, il se met à peindre la vie locale. Son style mêle l'abstraction européenne au folklore brésilien. Il choisit essentiellement des thèmes régionaux 
qu'il représenta à travers des couleurs vibrantes dans des fresques géantes qu'il voulait comparables à celles d'Orozco ou de Diego Rivera au Mexique.

Georgia O'Keeffe (1887-1986) est proche de l'avant-garde et elle évolue vers l'abstraction. Née à Sun Prairie ( Wisconsin), Georgia O'Keeffe fait ses études artistiques à l'Art Institute de Chicago puis à l'Art Students League de New York. Elle enseigne l'art au Texas de 1913 à 1918. En 1916, le photographe Alfred Stieglitz s'intéresse à ses dessins abstraits et les exposa au « 291 », sa galerie de peinture de New York. O'Keeffe, qui s'installe au Nouveau-Mexique en 1949, est surtout célèbre pour ses tableaux de grandes dimensions, représentant en gros plan des fleurs ou des scènes du désert. Bien qu'elle traite son sujet de façon figurative, la qualité fortement linéaire, les couleurs claires en couches minces et les compositions aux motifs audacieux se combinent esthétiquement pour former des motifs non figuratifs. Un certain nombre de ses œuvres ont un effet abstractif, en particulier ses fleurs, notamment Black Iris (1926) qui dégage, par la profusion minutieuse des détails, une impression d'étrangeté. Dans les années 1960, inspirée par une série de voyages en avion, O'Keeffe commence à introduire dans ses toiles des motifs de ciel et de nuages, tels qu'ils sont vus depuis les hauteurs. L'une de ses plus grandes œuvres est une fresque murale Sky above Clouds (1965) qui mesure 7,3 m de largeur.

René Derouin (1936 ) est né à Montréal, après des études en design graphique à l'École des beaux-arts de Montréal, à 19 ans René Derouin séjourne une année au Mexique. Il y suit des cours de dessin à l'université du Mexique, et de peinture à l'Esmeralda School, à Mexico. En fréquentant les ateliers et les expositions de 
gravure, il s'initie à cette technique. Depuis le début des années 80, Derouin partage son temps et ses activités de création entre le Québec et le Mexique. Durant les années 60, il s'intéresse surtout à la gravure et produit une série d'œuvres en noir et blanc. En 1968, il poursuit sa formation au Japon. Derouin utilise alors les 
délicates encres à aquarelle japonaises dans une série de gravures sur bois ayant pour thème l'hiver. Vers la fin des années 70, il effectue un retour à la gravure et crée, de 1979 à 1981, Suite nordique, une première œuvre imposante constituée d'une série de gravures, dont Nouveau Québec, où il exprime son attachement aux grands espaces du Nord québécois. À la fin des années 80 Derouin commence à travailler avec les blocs de bois utilisés en gravure et produit Équinoxe, un ensemble de 30 blocs de couleur, où s'intègrent les deux pôles de sa double identité, canadienne et mexicaine. De 1989 à 1992, il met sur pied un plus vaste projet, Migrations, dans lequel il aborde le thème de la survie. L'ensemble comprend 20 000 figurines de céramique installées sur une plate-forme de 50 m faite de blocs de bois. La plupart de ces figurines ont été abandonnées au fil du courant 
du Saint-Laurent par l'artiste en hommage rituel à son père et à son frère morts noyés dans ces eaux. 

En 1946 Henri Matisse (1869-1954) reçoit une commande officielle pour la décoration de la chapelle Sainte-Marie du Rosaire de Vence, qu’il achève en 1951. Il exécute les vitraux et l’ensemble des éléments sacerdotaux suivant des principes de compositions proches des gouaches découpées.

Vallauris est une ville du sud-est de la France. L’ombre de Pablo Picasso (1881-1973) plane sur la ville, une grande fresque de 125 m2, la Guerre et la Paix, orne la chapelle d’un ancien prieuré. 


Karel Appel (1921 ) est un peintre néerlandais dont les œuvres se caractérisent par d’épais empâtements, des formes exubérantes et dynamiques, de violents coloris et tirent souvent leurs motifs du monde de l’enfance.
En 1948, il crée, avec Corneille, Asger Jorn et Pierre Alechinsky, le groupe Cobra. Puisant son inspiration dans l’expression populaire, les dessins d’enfants et l’art préhistorique, Cobra exalte l’instinct et s’oppose à la rigueur des approches intellectuelles de l’art, partageant en ce sens les conceptions de l’expressionnisme abstrait américain.En 1950, Appel rejoint Paris, où ses motifs humoristiques et crus, servis par un style impétueux, comme dans sa Danse amoureuse (1955), lui valent la célébrité. Appel commence à travailler à la fin des années 70 à des œuvres en trois dimensions. Il crée une suite de vastes reliefs en bois peint, puis en matière plastique, au chromatisme bariolé, et des sculptures polychromes (Oiseau et fleur, 1968). Son célèbre Cirque Appel (1976-1978) se compose de 32 eaux-fortes en couleurs et de 15 sculptures sur bois peint. En 1982, renouvelant les expériences de composition collective (comme la fresque qu’il réalise en 1976 avec les habitants d’un bidonville péruvien), il crée avec le poète Allen Ginsberg une suite colorée de peintures et de poèmes visuels. 


Jean-Paul Riopelle (1923-2002) est un peintre, sculpteur et graveur canadien.
À partir des années 1970, Jean-Paul Riopelle séjourne régulièrement au Québec où il revient définitivement 20 ans plus tard. En 1992, affecté par la mort de sa compagne, la peintre américaine Joan Mitchell qu’il a rencontrée en 1955, il réalise l’une de ses œuvres majeures, Hommage à Rosa Luxemburg, considérée comme le testament artistique du peintre, cette immense fresque de 30 tableaux peinte à la bombe aérosol est aujourd’hui exposée au musée du Québec, à Québec.

En France la ville de Tignes a été construite en remplacement de l’ancien village du même nom, englouti en 1952 sous les eaux du barrage de Tignes. Ce barrage-voûte est décoré d’une fresque de 12 000 m2. Il s’élève sur une hauteur de 180 m.

Aujourd’hui la fresque à fait place à la peinture murale. En dignes héritiers du muralisme mexicain les artistes du street art contestent et s’amusent. Ils savent utiliser leur environnement, le mobilier urbain, les escaliers, les fissures, les petits détails de la vie du quotidien pour nous transporter dans une surréalité. Un univers proche du rêve empli d’humour et d’ironie. Accessible par les proportions des œuvres et les sujets représentés. Des monstres surgissent sur les murs ou des visages colorés et bariolés décorent les façades des immeubles et parfois dans des lieux inattendus ou improbables….