Artemisia Gentileschi.   


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Artemisia Gentileschi (1593-1652). 

Peintre Italienne, alors qu’elle est en apprentissage chez son père Orazio Gentilesci, successeur du Caravage, et chez Agostino Tassi entre 1614 et 1620 elle est déjà célèbre à Florence à Rome et à Naples où elle travaille.
Elle met en œuvre les principes naturalistes, elle accentue le style de son père Orazio avec un réalisme plus dur et plus dramatique, obtenu grâce à des clairs-obscurs très soutenus.
La première œuvre attribuée à Artemisia, (à l'âge de 17 ans), est : Suzanne et les vieillards, réalisée en 1610. À 19 ans, comme l'accès à l'enseignement des Beaux-Arts, exclusivement masculin, lui est interdit, son père la confie à un précepteur privé, le peintre Agostino Tassi. Un drame marque sa vie. Artemisia est violée par Tassi. Celui-ci promet d'abord de l'épouser pour sauver sa réputation, mais il ne tient pas sa promesse et le père d'Artemisia porte l'affaire devant le tribunal papal. L'instruction dure 7 mois, et l’on découvre que Tassi avait pour projet d'assassiner son épouse, a commis l’inceste avec sa belle-sœur et a voulu voler certaines peintures d'Orazio Gentileschi. Durant le procès, Artemisia est soumise à un humiliant examen gynécologique, torturée pour vérifier la véracité de ses accusations. 
Au final Tassi est condamné à un an de prison et à l’exil…
La peinture d’Artemisia s’inspire du Caravage et lorsqu’elle s’installe à Naples, en 1630, elle contribue à renforcer dans le sud de l’Italie la diffusion du Caravagisme.
Cependant dans ses compositions les lumières sont plus brillantes et les variations chromatiques plus contrastées. Remarquablement douée et première femme peintre de la période baroque, véritable peintre caravagesque, l'un des plus accomplis de sa génération, elle impose son art à une époque où les femmes peintres ne sont pas encore acceptées. Elle est la première femme à peindre l'histoire et la religion à une époque où ces thèmes sont considérés comme hors de portée d'un esprit féminin.
Dans Judith Décapitant Holopherne (1621) Artemisia Gentileschi reprend un motif souvent traité par le Caravage et ses disciples, et plus particulièrement par son père Orazio. Le message est d'une grande intensité dramatique, l'artiste met en évidence l'action sans se préoccuper de l'émotion qu'elle suscite. 
Cette toile nommée aussi L’Homicide D’Holopherne montre la volonté d’un réalisme farouche et cruel. Artemisia ayant été violée on attribue à ce viol et au procès humiliant qui s'ensuivit certains traits de son œuvre, l'obscurité et la violence graphique qui s'y déploient, en particulier dans ce tableau représentant Judith décapitant froidement Holopherne. 
Artemisia Gentileschi a peint une version presque semblable du même sujet huit ans plus tôt (1612-1613) où elle se donne les traits de Judith et représente Tassi en Holopherne. 
Si aujourd'hui le nom d'Artemisia Gentileschi est associé à une œuvre, c'est bien à ce tableau. La violence de la scène peut être interprétée comme un désir de revanche par rapport à la violence subie. 
Les œuvres d’Artemisia expriment souvent un point de vue strictement féminin.
Les années suivantes elle peint à Rome et à Naples.
A Florence, Artemisia connaît beaucoup de succès. Elle travaille notamment au palais Buonarroti où on lui confie l'exécution d'une toile destinée à décorer le plafond de la salle des peintures. L’oeuvre représente une Allégorie de l'Inclination sous la forme d'une jeune femme nue tenant en main une boussole. Il est vraisemblable que le visage féminin est celui d'Artemisia elle-même, qui, comme on le dit à l'époque, est une femme possédant beaucoup de charme. 
Dans les toiles d'Artemisia, les modèles ont souvent les traits du visage que l'on retrouve dans ses portraits ou autoportraits.
Durant cette période florentine l'artiste réalise des portraits de Marie Madeleine, mélancolique ou pénitente et Judith et sa servante (1618 -19).
En 1621 elle retourne à Rome. Mais les commandes sont rares, elle est exclue des riches commandes des cycles de fresques et des grands retables. Entre 1627 et 1630 elle s'installe, sans doute à la recherche de clients, à Venise. Elle y réalise Le Portrait d'un Gonfalonier, 
et Esther et Assuérus. En 1630 on retrouve Artemisia à Naples où pour la première fois on lui demande de
peindre des toiles pour une cathédrale : La Naissance de Saint Jean Baptiste, Corisée et le satyre, elle se risque dans différents sujets avec : Sainte Cécile, Bethsabée, David et Bethsabée, un Autoportrait en Allégorie de la Peinture, Cléopâtre, Joseph et la Femme de Putiphar, des toiles grâce auxquelles elle accroît sa célébrité.En 1638 elle se rend à Londres avec son père qui devient peintre à la cour de Charles 1er d’Angleterre. Avec Orazio elle réalise plusieurs ouvrages, elle décore des plafonds et réalise des portraits de Lady anglaises. 
La palette d'Artemisia comprend des lumières vives, et notamment un jaune unique (La conversion de Madeleine, 1615-16) très proche de celui de son père. (Orazio Gentilesci, Le Joueur de Luth, 1626), des robes luminescentes et soyeuses, un grand perfectionniste pour le réalisme des bijoux et des armes.
Les héroïnes de ses tableaux semblent toujours vouloir manifester leur rébellion face à la condition à laquelle les condamne leur sexe.
Artemisia Gentileschi semble avoir été une artiste luttant avec courage et détermination, utilisant les armes de sa personnalité et ses qualités artistiques, contre les préjugés qui s'exprimaient à l'égard des femmes peintres, réussissant à s'intégrer dans le cercle des peintres les plus réputés de son temps y compris pour les sujets religieux.
Pour une femme du début du 17ème siècle, se consacrer à la peinture comme le fait Artemisia représente un choix difficile et hors du commun. Pourtant Avant elle, d'autres femmes peintres exercent, non sans succès, leur activité. On peut citer Sofonisba Anguissola (1532-1623), Lavinia Fontana et Fede Galizia.