Comprendre L’Abstraction ou l’Art Abstrait.





 

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Musée Picasso Paris, une collection revisitée .

Vidéo : Les engagements de Picasso.(52 mn).

 


 



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Comprendre L’Abstraction ou l’Art Abstrait.

La lisibilité d’une œuvre figurative : un paysage, un portrait ou une scène de genre, ne pose aucun problème. Le spectateur dispose de repères suffisants qui sont autant de jalons qui lui permettent de bien appréhender le sujet du tableau, l’espace pictural, la perspective et tous les éléments qui composent la toile. L’Art Abstrait abandonne tout rapport avec la réalité visible. La ligne et la structure remplacent l’objet représenté. Ainsi que l’Abstraction soit d’un type géométrique ou de l’expressionnisme abstrait les rapports avec l’objet sont rares et parfois totalement supprimés. Pour comprendre l’Art abstrait il est nécessaire de remonter à son origine et à ses premières sources. Paul Cézanne en introduisant petit à petit dans ses œuvres des « formes – couleurs » est le premier à indiquer que le visible peut se réduire à des formes géométriques élémentaires. Picasso et Braque vont pousser la démarche de Cézanne jusqu’au bout, jusqu’à sa conséquence ultime. La première inspiration de l’art abstrait sont les formes couleurs de Paul Cézanne la seconde influence provient de la sculpture africaine. Entre 1900 et 1905 Paul Cézanne réalise Les Grandes Baigneuses. Ce thème est familier aux grands peintres et a été abordé par Ingres, Renoir et bien d’autres…Dans la toile de Cézanne, un peu à la manière impressionniste, les visages sont simplement esquissés. L’interprétation de Pablo Picasso en 1907 de la toile de Cézanne, Les Demoiselles d’Avignon est considérée comme la première toile abstraite. Les visages ne sont pas esquissés, ils sont stylisés à la manière des sculptures et des masques africains.La forme est réduite à des éléments fondamentaux : ovales, cercles, carrés, triangles...

Afin de mieux comprendre prenons pour exemple une autre toile de Paul Cézanne, Les Joueurs de Cartes (1892). Réduisons les visages, les corps, et les objets à des formes géométriques simples et de même avec le décor. Au final nous obtenons la déclinaison abstraite d’un tableau figuratif. En 1910 lorsque Picasso réalise le Portrait d’Ambroise Vollard il applique une déformation géométrique à l’image qui fait que le personnage semble vu au travers d’un prisme ou d’un miroir brisé. L'art abstrait brise les formes mais il fixe aussi dans une seule image plusieurs points de vue différents du même objet. Dans l'espace et le temps... Au départ l’art abstrait est simplement réduit au cubisme analytique qui est destructeur car il fait abstraction de la forme, de la couleur et de la figuration. Dans la toile Paysage (1908) de Georges Braque on reconnait en effet un paysage abstrait mais personne ne peur définir de quel endroit il s’agit… De même il est heureux que l’œuvre Violon et Cruche (1910) du même Braque possède un tel titre car le spectateur reconnaît en effet les deux objets. Mais pouvez-vous identifier les autres ?

Entre 1912 et 1919 le cubisme s’oriente vers une période synthétique et révèle le peintre Juan Gris. Les artistes introduisent le collage dans les œuvres…
Dans Nature Morte à la Chaise Cannée (1912) Picasso utilise un véritable morceau de toile cirée.
Le cubisme analytique est une analyse du sujet, le cubisme synthétique devient une insertion d’objets les uns dans les autres. Par le biais du collage, papier journal, papier faux-bois,
la réalité revient en force dans les œuvres. Ces fragments de réalité sont des trompe-l'œil ou des métaphores des objets représentés.
Braque et Picasso et même Fernand Léger et Juan Gris simplifient leur cubisme. Les plans sont moins nombreux, plus amples, ils s'imbriquent dans des structures plus lisibles, plus aérées, dans lesquelles la couleur est réintroduite et devient indépendante de la forme. Néanmoins une nature morte de Paul Cézanne n’a plus rien à voir avec sa copie par Pablo Picasso. Déjà la Tour Eiffel de Robert Delaunay qui caractérise la période destructive du peintre est d’un cubisme coloré qui annonce déjà l'orphisme qui est un cubisme où la couleur domine. Même Fernand Léger dans sa Période Mécanique laisse beaucoup de place à la couleur.
L’œuvre de Wassily Kandinsky illustre une abstraction empreinte d’effusion (Avec l’arc noir, 1912), elle représente les artistes du Blaue Reiter, groupe expressionniste dont il est le chef de file à Munich. Jaune-Rouge-Bleu (Wassily Kandinsky), tableau de Wassily Kandinsky, réalisé en mars 1925.
Kazimir Malevitch propose avec Composition suprématiste (1915) un assemblage de formes géométriques élémentaires colorées se détachant sur un fond blanc, ses œuvres illustre la volonté d'abstraction radicale vers laquelle se tourne l'artiste, désireux de créer un monde sans objet à partir de 1914. Il veut mettre en exergue dans son art, les rapports et les pressions existant entre les formes et l'espace environnant.
L’abstraction de Piet Mondrian s’élabore à partir d’une grille cubiste, réduite à une opposition entre des verticales et des horizontales qui encadrent des plans de couleur pure.
En 1920, Piet Mondrian crée sa première composition de lignes noires perpendiculaires, celle-ci enveloppe dans une grille asymétrique des plans de couleurs primaires (jaune, rouge, bleu) et de non-couleur (blanc, noir, gris). Il donne à son nouveau langage pictural le nom de néoplasticisme, il en théorise les fondements dans la revue De Stijl.
En Russie, après avoir été le principal représentant du futurisme, Malevitch rompt de façon radicale avec la figuration et exhorte au monochrome : Carré noir (1915) et Carré blanc sur fond blanc (1918) il cherche : « une philosophie de la création picturale qui parvient au sans-objet et à l’absolu » : le suprématisme, un mouvement radical qui trouve un écho et un prolongement en Pologne avec l’Unisme (1923-1934) de Wladislaw Strzeminsky. Parallèlement, Vladimir Tatline crée avec ses reliefs abstraits la première formulations du constructivisme (1917-1932).
En opposition aux abstractions constructivistes se développe une abstraction à la formes souple et généreuse inaugurée par les reliefs de Jean Arp à la fin des années 1910 et reprise également par des artistes comme Joan Miró et Alexander Calder en sculpture.
Theo Van Doesburg, d’abord adepte du néo-plasticisme, renouvelle de manière décisive l’art abstrait en chassant de toute création artistique la subjectivité au profit du respect de règles logiques. Son Manifeste de l’art concret (1931) donne naissance à la tendance du même nom ou Art Concret. Cette tendance possèdent d’importants développements en Suisse avec Max Bill et Richard-Paul Lohse, en France avec François Morellet et dans toutes les formes d’art systématique. Ces voies s’opposent aux divers mouvements tachiste, nuagiste de Benrath et Duvillier et à la tendance gestuelle. Tout ceci correspond aux prolongement des différentes écoles de Paris J. Bazaine, A Manessier, P. Soulages, G. Mathieu, O. Debré…C’est aux États-Unis que la tradition abstraite trouve un développement décisif à la fin des années quarante avec l’action painting ou l’art informel : Jackson Pollock, Willem de Kooning, Franz Kline et l’abstraction color field : Barnett Newman, Mark Rothko, Clyfford Still, 2 mouvements regroupées sous le nom d ’École de New York (1950-1960). En substituant l’image à la création d’un événement, Jackson Pollock tire la peinture vers la performance. En réaction, l’art minimal à partir de 1960 offre un retour à la rigueur avec un intérêt marqué pour la structure et la géométrie : Franck Stella, Agnès Martin .En Europe l’aventure cinétique et optique (1965-1978) remet en question les certitudes de l’abstraction géométrique des années trente de l’ Abstraction-Création, en introduisant le facteur mouvement Vasarely, Morellet, Soto.
L’abstraction reste toujours présente dans la création contemporaine, on peut voir des toiles géométriques ironiques comme celles de Peter Halley (1980). Celui-ci interprète le découpage géométrique comme ayant une signification carcérale, il représente le mouvement Néo-Géo qui réintroduit l’idée de figuration au sein même d’un dispositif présenté comme le comble de l’abstraction. Il se livre même à un jeu de citation, les deux carrés de Two cells (1987) présentent une forte similitude avec ceux de Vir heroicus sublimis (1950-1951) de Barnett Newman ceci met en évidence l’absence de renouvellement de la peinture abstraite. Claude Viallat continue en France les démonstrations de Support / Surface, Alain Clément répète la tradition coloriste abstraite, Dominique Gauthier la virtuosité gestuelle et symbolique. Il semble que la jeune génération manifeste un regain d’intérêt pour un art optique.
Mais certains déclarent encore que la peinture abstraite est dans une impasse…