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 Honoré Daumier (1808-1879) et la Caricature en Europe.  




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Honoré Daumier (1808-1879) et la Caricature en Europe. 

La caricature est une représentation exagérant les traits, les caractéristiques physiques, l’habillement ou les manières propres à un individu dans le dessein de produire un portrait-charge. La caricature,de l’italien caricare, « charger », constitue également un moyen de ridiculiser et de tourner en dérision faits et institutions politiques, sociaux ou religieux, ainsi que certains groupes ou classes sociales. 
Ce type de caricature relève, en général, d’une intention plus satirique qu’humoristique, traduisant le plus souvent un désir de changement politique ou social. On parle alors de caricature de situation. Le terme caricature, généralement réservé à des représentations peintes ou dessinées , voire sculptées , peut parois s’appliquer à des objets textuels.
La caricature est une déclinaison satirique de la scène de genre ou peinture de genre, type de peinture qui désignait jusqu'au XVIIIe siècle tout ce qui n'était pas peinture religieuse ou peinture d'histoire et, en particulier, les scènes quotidiennes. Les tableaux de genre traitaient de sujets tels que la vie familiale, le sport, les scènes de rue, les déjeuners, les fêtes et les scènes de taverne.
La caricature, dans son sens moderne, naît à la fin du XVIe siècle à Bologne, dans une école d’art fondée par une famille de peintres, les frères Carrache. Les élèves de cette académie brossent, par jeu, le portrait de leurs visiteurs sous l’apparence d’animaux ou d’objets. Les portraits humoristiques produits par ces artistes italiens 
ne sont toutefois pas destinés à être vendus ; ils ne sont, en fait, que rarement satiriques ou véritablement mordants. Le graveur romain Pier Leone Ghezzi (1674-1765) a perpétué cette tradition en réalisant, à bas prix, des caricatures pour les touristes. 
Nous avons réalisé une étude qui concerne plusieurs pays, concernant Honoré Daumier vous pouvez aussi aller sur le site de l’exposition virtuelle de la BnF. Bravo à Valérie Sueur-Hermel et Monique Moulène de la BnF, département des Estampes et de la photographie. Lien ici :

En Angleterre.

Les caricatures politiques, créées en vue d’une large diffusion, apparaissent en Angleterre vers le milieu du XVIIIe siècle.
L’un des premiers artistes à représenter de façon cocasse les célébrités de son pays est George Townshend, dont les œuvres, imprimées sur des cartes, servent alors de prospectus. 

William Hogarth, (1697-1764) est un graveur et peintre britannique qui illustre de manière satirique les mœurs de son époque, il est sans doute le plus grand 
caricaturiste anglais. Il dénonce l’absurdité des conventions sociales de son temps en les ridiculisant, ainsi que la corruption qui règne parmi ses contemporains.
Né à Londres, William Hogarth apprend la gravure chez un orfèvre, puis devient graveur indépendant. À partir de 1720, il commence à illustrer des ouvrages et à caricaturer des scènes de mœurs, notamment dans le monde du théâtre (Mascarades et opéras, 1724). En 1725, il rejoint l'académie de peinture dirigée par sir James Thornhill et réalise des portraits ainsi que des scènes de groupe. Vers 1735, sa réputation de peintre des mœurs anglaises est acquise grâce à deux cycles satiriques : la Carrière de la prostituée ( 1731-1732, détruite par le feu en 1755) et la Carrière d’un roué ( Rake’s Progress, 1735 ). 


La gravure Bedlam (1735) est un parfait exemple du travail de Hogarth. 
Au XVIIIe siècle, l’établissement psychiatrique londonien de Sainte-Marie-de-Bethléem, connu sous le nom de « Bedlam », est devenu une véritable attraction touristique, la visite de tout un chacun y étant autorisée contre le paiement d’un penny. Dans la gravure de William Hogarth, dans laquelle, outre le malheureux du premier plan, se distinguent à l’arrière-plan deux dames qui se rendent de leur propre gré dans la salle d’isolement. La salle d’isolement était à l’époque réputée pour les conditions misérables auxquelles étaient soumis les malades et les traitements cruels qui leur étaient infligés. Dans le langage populaire, le mot « bedlam » désignait aussi bien l’hôpital psychiatrique que le malade mental ou bien toute situation particulièrement confuse. La série Gin Lane dénonce les conséquences de l’alcoolisme.1751.

Puis Hogarth réalise des séries comme celle du Mariage à la mode (1744). Dans cette satire virulente, généralement considérée comme le chef-d'œuvre d'Hogarth, les détails piquants de la vie des classes aisées et la maîtrise du traitement des scènes complexes atteignent sans doute leur apogée.

De 1761 à 1770, des publications comme Town and Country Magazine, Political Register ou Universal Museum offrent aux artistes un nouveau support pour les satires que leur inspirent les personnalités en vue et l’actualité politique. Parmi les plus célèbres de ces caricaturistes figurent le graveur Thomas Rowlandson, qui s’en prend au ridicule de caractères, comme le cuistre ou le pédant et l’illustrateur James Gillray, qui dépeint avec humour ses contemporains en les affublant de costumes extravagants et comiques ainsi que de têtes énormes tandis que l’aquafortiste George Cruikshank, n’épargne aucune classe ni aucune institution de la société anglaise.

Au milieu du XIXe siècle, l’hebdomadaire humoristique Punch, fondé en 1841, devient bientôt l’une des publications les plus réputées pour ses caricatures. Ce journal se rend célèbre par ses attaques à l’encontre de la famille royale. Les plus illustres de ses collaborateurs sont George Du Maurier, qui se moque des mœurs 
des classes moyennes et de l’aristocratie et brocarde les modes auxquelles elles se plient ; John Leech, dont le sujet de prédilection est la carrière des principaux hommes d’État de l’époque, et John Tenniel, qui tient, à travers ses dessins, une sorte de chronique des événements internationaux. À partir de 1868, la revue 
Vanity Fair publie des caricatures lithographiées en couleurs qui mettent en scène des personnages illustres, et dont les plus réussies sont de sir Leslie Ward, qui dessine sous le pseudonyme de Spy ( l’Espion ).

Parue en 1874 dans le London Sketchbook, cette caricature de Charles Darwin est caractéristique des controverses suscitées par la publication en 1871 de : De la descendance de l'homme. 

La fin du XIXe et le début du XXe siècle sont marqués par de grands caricaturistes comme sir Max Beerbohm, spécialiste des personnalités du monde littéraire, ou David Low qui, à travers ses dessins, devient l’un des commentateurs politiques les plus écoutés de son temps. Low crée de nombreuses allégories politiques, dont 
la plus célèbre est celle du colonel Blimp, qui personnifie le conservatisme britannique. Aujourd’hui, les principaux supports d’expression de la caricature politique sont la presse quotidienne, ainsi que le magazine satirique Private Eye ; le plus grand caricaturiste politique de la Grande-Bretagne est Gerald Scarfe.
Voici sa vision du mur de Netanyahu en Israël et une caricature de Tony Blair dédicaçant son dernier livre… 

En Allemagne, c’est au XVIIIe siècle qu’apparaît le premier grand caricaturiste, Daniel Chodoiewcki. (1726- 1801).

A partir de 1844, sont publiées à Munich les Fliegende Blätter où s’illustrent Moritz von Schwind, Carl Spitsweg ou encore Wilhelm Busch.
L'humour de Busch ne doit pas faire oublier la rigueur et le bien-fondé de sa critique de la bourgeoisie. Son influence se ressent fortement dans la revue satirique Simplicissimus, qui lui emprunta son scepticisme, proche de celui du philosophe Arthur Schopenhauer. Les premières bandes dessinées américaines ont probablement été elles aussi inspirées par ses dessins, mais plus du point de vue graphique que thématique. Créée en 1896 la revue satirique Simplicissimus, devient, dans la première moitié du XXe siècle, une véritable institution nationale, au point que le régime nazi la reprend à son compte. Le courant expressionniste allemand, Alfred Kubin, Käthe Kollwitz, Thomas Theodor Heine, Jules Pascin, Georges Grosz y trouve une tribune de choix. Ralliée au nazisme, qui a tôt fait de voir le parti qu’il peut tirer de l’utilisation d’un titre aussi prestigieux mais pourtant connue pour son ouverture aux sensibilités de gauche, cette revue hebdomadaire voit sa parution suspendue à la chute du nazisme, puis disparaît définitivement après une tentative de renouveau entre 1954 et 1967.
George Grosz, quant à lui, raille férocement les travers de la société allemande, et notamment la montée du militarisme au lendemain de la Première Guerre mondiale (Ecce homo, 1922). Se liant avec Otto Dix, il participe en 1925 au groupe de la Nouvelle Objectivité , avant que la montée du nazisme le pousse à s'expatrier aux États-Unis en 1932. Il enseigne à New York, et devient citoyen américain en 1938. Son style se fait alors moins noir et moins désespéré, même si la satire de la société américaine y est encore virulente.
Citons aussi, plus près de nous, le dessinateur de presse Loriot et les dessins humoristiques d’Hans Georg Rauch.

L’Espagne a une chance folle, son meilleur caricaturiste est un Maître ! Et quel maître puisqu’il s’agit de Francisco Goya. Les portraits de cours de Francisco Goya sont très proches de la caricature et le pire c’est que les modèles les ont commandés et payés ! C’est étonnant car les sujets sont non seulement marqués par la raideur des poses et de la composition, mais démontrent aussi la faculté de l'artiste d'user d'une surprenante pénétration psychologique. C'est le cas des portraits de Charles IV et de la Reine Marie-Louise, rendus avec un réalisme cruel, le roi semble idiot et la reine est laide ! La rigidité et le déséquilibre introduits par des accessoires de toilette hypertrophiés marquent les portraits officiels féminins et la monarchie devient ridicule... 
Goya dénonce avec amertume les injustices politiques et sociales, se moquant également des mœurs de son temps, en particulier religieuses, mais aussi de la superstition, du fanatisme et de la violence sans oublier de dénoncer la vanité du pouvoir surtout dans la série de 80 eaux fortes, les Caprices (Caprichos, 1799).
L'apparition de la caricature de presse en Espagne est liée aux excès du pouvoir politique. « La Ilustración Española y Americana» publie en 1872 une série d'illustrations humoristiques contre le service militaire obligatoire et le drame que celui-ci pose dans les familles défavorisées. Les doyens de la caricatures sont Tomás Padró Pedret, Francisco Ortego Vereda (1833-81) et José Luis Pellicer.
La caricature sert aussi de révolte contre les ennemis puissants, comme en 1898 pour le dessinateurs Pellicer Montseny avec ses satires anti-américaine. L’humour graphique est un exercice de liberté qui n'est pas toujours bien accepté. 
Voir par exemple la destruction de la rédaction de « Cu-cut », une publication satirique qui osait critiquer le domaine militaire en 1905. Dans ce journal travaillait : Luis Bagaría, Ricardo Opisso et juan Junceda.
En octobre 1907, dans le Salon Iturrioz de Madrid, on organise une exposition collective de caricaturistes dans laquelle des dessinateurs comme Pedro A. Villahermosa dit Sileno, Tovar et Sancha se réunissent avec d'autres plus jeunes, comme « Fresno ». 
Cette exposition ouvre une période d'ébullition créative dans la caricature, qui est interrompue par la Guerre Civile. A noter aussi les dessins du grand caricaturiste madrilène Ramón Cilla (1859-1937), au style inimitable. 
Espace polémique et de provocation, la caricature intéresse les créateurs d'avant-garde, qui la pratiquent avec succès. Ainsi, l'auteur Ramón Gómez de la Serna fait des dessins humoristiques durant les années 20, une des époques les plus
intéressantes pour l'humour en Espagne, car est marquée par la naissance des revues comiques. Bien qu’interrompus durant la Guerre Civile un grand nombre de titres de ce style parviendront aux lecteurs : Madrid Cómico, Gutiérrez, Buen Humor et beaucoup d'autres qui deviendront des tribunes pour les humoristes comme : Cornet, Eduardo Sáenz Hermúa dit Mecachis, Ricardo Opisso, Pedro A. Villahermosa dit Sileno , Antonio Casero, Joaquín Xaudaró y Echau et Manuel González Martí dit Folchí , qui plus tard deviendra directeur du Musée National de la Céramique et de l’humour à Valence.
Stimulés par un environnement intellectuel plein d'inquiétudes, les caricaturistes de cette période atteignent des niveaux de génie authentique.
Luis Bagaría se spécialise dans la caricature politique et son oeuvre, presque expressionniste, paraît dans des journaux d'Espagne et d'Amérique Latine. Pas très bon dessinateur, Antonio de Lara dit Ton est, toutefois, un humoriste extraordinaire, 
capable de refléter des détails comiques uniques.
Il n'est pas rare de trouver à cette époque d'autres dessinateurs qui rendent compatible la satire dessinée avec d'autres talents. Ricardo García López,
« “K-Hito”», est auteur humoristique et critique taurin, il publie avec succès ses caricatures.
Quelques régions disposent de caricaturistes locaux, qui ont leur expression propre, un reflet des particularités de leur identité culturelle. Roberto Eduardo Padín Rodriguez, Álvaro Cebreiro Martínez et, surtout, Alfonso Daniel Rodriguez Castelao 
portent la caricatura de la Galice jusqu'à ses plus hauts niveaux d'intérêt, avec des résultats artistiques magnifiques.
Après la Guerre Civile, les dessinateurs de bandes dessinées infantiles et juvéniles recourent à la caricature pour élaborer leurs personnages, et souvent ils vont au-delà de l'anecdote humoristique et élaborent une réflexion sur des sujets plus ambitieux. Mentionnons à ce sujet les noms de José Balayer, José Coll, Francisco Ibáñez et Juan Rafart Roldán : « Raf ».

En ce qui concerne les revues la plus importante sera La Codorniz ( la Caille). Une nouvelle génération d humoristes graphiques s’y exprime jusqu’aux années 90 comme : Chumy Chúmez, Enrique Herreros, José Luis Martín Mena, 
Eduardo Maturana, Serafín, Antonio Garmendia, Dátile et Antonio Fraguas dit Forges. Un dessinateur qui est en concurrence avec des caricaturistes plus jeunes, Antonio Mingote, est le premier de sa profession à être admis à l'Académie royale de la langue espagnole, ce qui suppose une reconnaissance intellectuelle et une affirmation de cette activité difficile.
Les dessinateurs de la période démocratique, Gallego y Rey, Ricardo y Nacho, Peridis, Martín morales et « E Roto», sont les créateurs d'un humour graphique incisif et intelligent.

En France, l’art de la caricature politique commence à fleurir au début du XVIIIe siècle. Sous la Révolution et jusqu’au début du XIXe siècle, les livres et revues illustrés de caricatures se multiplient. Grâce au journaliste Charles Philipon et à ses 
publications satiriques, la Caricature (créé en 1830), le Charivari (1831) et le Journal pour rire (1848), la caricature fait désormais partie du jeu politique. Honoré Daumier, Gustave Doré, Paul Gavarni, Amédée de Noé, dit Cham ou Alfred Grévin sont alors les principaux artistes collaborant à ces journaux. Le plus illustre d’entre eux, Daumier, sera jeté en prison pour son portrait sans concessions du roi Louis-Philippe exploitant le peuple. 
Dans un long supplément de La Caricature le 17 novembre 1831, Philipon énonce les principaux griefs faits au gouvernement. Il est poursuivit en justice par le roi et un coup de théâtre survient à l'audience du 14 novembre 1831 lorsque, persuadé d'être condamné, face aux juges et devant le public ,Philipon, joue son va-tout et démontre dans une argumentation adroite que tout peut ressembler au roi, et qu'il ne peut être tenu pour responsable de cette ressemblance. Et d'illustrer sa défense par la métamorphose de son portrait en poire. Ce sont les croquades faites à l'audience du 14 novembre 1831.
Le succès est immense : le peuple, frappé par cette image moqueuse se met à imiter cette image partout où il trouve le moyen de charbonner, barbouiller et gratter une poire. Les poires couvrent toutes les murailles de Paris et se répandent sur tous les murs de France… Et les autres dessinateurs, font de même, Daumier en tête. 
Plus tard, la caricature française s’enrichit des œuvres de Toulouse-Lautrec, 
qui observe les habitués des théâtres et des cabarets, et de Jean-Louis Forain, qui met notamment en cause le fonctionnement de la justice. Citons encore les caricatures d’Emmanuel Poiré (Caran d’Ache) qui paraissent aux côtés des dessins de Forain dans le journal antidreyfusard Psst, celles de l’Assiette au beurre signées Théophile Alexandre Steinlen, Auguste Roubille ou Ricardo Flores, ou encore 
celles de Francisque Poulbot, qui met pendant la Première Guerre mondiale ses « poulbots » montmartrois au service du patriotisme français.
La Seconde Guerre mondiale porte, en revanche, un coup de grâce à la caricature française. Aujourd’hui, la caricature politique française s’exprime dans de rares hebdomadaires comme le Canard enchaîné ou Charlie Hebdo et surtout dans les quotidiens. Les grands dessinateurs en France sont Plantu, Cabu, Piem, Tastet...

Honoré Daumier (1808-1879) est né à Marseille, il est le fils d'un artisan verrier, qui s'installe à Paris en 1816. Il s'initie à la lithographie auprès de Ramelet et à la peinture auprès d'Alexandre Lenoir avant de fréquenter l'Académie suisse. Il publie ses premiers dessins humoristiques dans la Silhouette en 1829 et est engagé la même année par Charles Philipon, dans le journal la Caricature. Il devient vite célèbre pour ses caricatures politiques au ton franchement irrévérencieux. L'une d'elles, représentant le roi Louis-Philippe sous les traits du géant Gargantua, lui vaut, en 1832, 6 mois de prison. Il continue toutefois à caricaturer la société bourgeoise de façon féroce et bouffonne, composant en 1834 certaines de ses lithographies les plus violentes (le Ventre législatif, la Liberté de la presse, l'Enterrement de La Fayette, la Rue Transnonain) et exécutant une première série de petits bustes de notables politiques en argile.
La Caricature ayant été interdite en 1835, Daumier est engagé dans le Charivari et se consacre alors plus exclusivement à la peinture de mœurs, sa série sur l'escroc Robert Macaire, publiée à partir de 1836, rencontre un vif succès, avant
de s'intéresser de nouveau aux hommes politiques après la Révolution de 1848.
Se tournant un temps vers la peinture (la République, (1848,), il revient à ses premières amours avec le personnage de Ratapoil (1850), obscur mouchard à la solde du Prince-Président. Ami de Camille Corot et de Jean-François Millet, il compose des toiles dans des clairs-obscurs appuyés. Les sujets sont le plus souvent empruntés à la vie quotidienne des plus humbles, les Blanchisseuses, 1860-1862, le Fardeau, le Wagon de troisième classe, 1862. Il illustre également certaines œuvres littéraires (Don Quichotte, 1850-1860). Malade et quasi aveugle, il se retire à Valmondois en 1865, dans une maison offerte par son ami Corot. 
Admiré par Balzac, loué par Baudelaire, Daumier est considéré comme le plus grand caricaturiste français du XIXe siècle. 
Ses coups de pinceau ou de crayon, violents et sans repentir, son style riche et dynamique en font l'un des précurseurs de l'expressionnisme.
Dans la série Les Gens de justice Daumier porte un regard féroce sur les travers de cette bourgeoisie marchande qui triomphe sous la monarchie de Juillet. Il représente un avocat plaidant avec fougue devant des magistrats assoupis. Le trait acéré, la science de la composition et le sens du grotesque visent à stigmatiser les insuffisances d'une justice corrompue, uniquement préoccupée par l'ordre, mais d'une redoutable sévérité pour les humbles.
Avec les Plaisirs de la campagne Daumier réalise un grand nombre de dessins et de gravures satiriques évoquant des scènes de la vie quotidienne. Épiant les manies et les travers de ses contemporains, il parvient grâce à un sens de l’observation d’une grande acuité à restituer à l’aide de lignes simples toute la force de son sujet. Les membres de la bourgeoisie comptent parmi ses cibles de prédilection.
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Honoré Daumier
- Vous êtes toujours galant !...
- N'êtes-vous pas toujours jolie !

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Honoré Daumier
Gargantua.
Louis-Philippe en Gargantua dévore les écus arrachés au peuple miséreux, ce dont quelques élus,
proches du trône, profitent également.

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Honoré Daumier.
Masques de 1831

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Honoré Daumier
1830 et 1833

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Honoré Daumier
Le passé. Le présent. L'avenir


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Honoré Daumier
Ah ! Tu veux te frotter à la presse…

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Honoré Daumier
Le Ventre législatif. Aspects des bancs ministériels de la chambre improstituée de 1834

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Honoré Daumier
Le Baptême d'Achille.

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Honoré Daumier
Le Beau Narcisse.

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Honoré Daumier
La Chute d'Icare.

11
Honoré Daumier
La Vue.

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Honoré Daumier
Quelle heure est-il, s'il vous plaît ?...

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Honoré Daumier
Fausse position !!!

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Honoré Daumier
Un dernier Bain !

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Honoré Daumier
Un avocat qui évidemment est rempli de la conviction la plus intime. 
que son client le paiera bien.

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Honoré Daumier
Un plaideur peu satisfait.

17
Honoré Daumier
- Vous avez perdu votre procès c'est vrai. mais vous avez du éprouver bien du plaisir à m'entendre plaider.

18
Honoré Daumier
Une position difficile.

19
Honoré Daumier
La rentrée entre onze heures et minuit

20
Honoré Daumier
Bouderie conjugale.

21
Honoré Daumier
Un français peint par lui-même

22
Honoré Daumier
Dernier conseil des ex-ministres.

23
Honoré Daumier
Victor Hugo.
On vient de lui poser une question grave, il se livre à des réflexions sombres. 
la réflexion sombre peut seule éclaircir la question grave ! 
- aussi est-il le plus sombre de tous les grands hommes graves !


24
Honoré Daumier
Les Aveugles.

25
Honoré Daumier
L'orchestre pendant qu'on joue une tragédie.


26
Honoré Daumier
Une discussion littéraire à la deuxième Galerie


27
Honoré Daumier
Tenue de canicule.


28
Honoré Daumier
Un léger zéphyr annonçant l'arrivée du printemps.

29
Honoré Daumier
Paysagistes au travail.

30
Honoré Daumier
L'Équilibre européen.

31
Honoré Daumier
Galilée très-surpris du nouvel aspect qu'offre la surface de la terre

32
Honoré Daumier
La Paix 
- Quels drôles de miroirs on fait aujourd'hui !

33
Honoré Daumier
L'Éclipse sera-t-elle totale ?



34
Honoré Daumier
Et pendant ce temps-là ils continuent à affirmer 
qu'elle ne s'est jamais mieux portée !

35
Honoré Daumier
N'approche pas la mèche de la lumière !... 
il va peut-être faire explosion !...

36

Honoré Daumier
– Ne manquez pas de me répliquer, moi je vous répliquerai… 
ça nous fera toujours deux plaidoiries de plus à faire payer à nos clients !…