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Otto Dix. La Guerre. (1929-32). Triptyque. Expressionnisme. 

En ligne le 14.02.2014. 



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Otto Dix. La Guerre. (1929-32). Triptyque. Expressionnisme. 

L'œuvre, décrit 3 moments d'une journée de guerre. À gauche, les soldats d'une colonne s'avancent. Au centre le carnage est à son paroxysme, à droite, 
un homme, autoportrait du peintre en sauveur, il transporte dans ses bras un blessé. Le réalisme chez Otto Dix est d'une sorte d'hallucination visionnaire. Le peintre fait part de sa désillusion et de son dégoût. En empruntant à la tradition médiévale les choix techniques et stylistiques, (triptyque, glacis), il s'élève du conjoncturel à 
l'intemporel et, en plus qu'un récit des faits, il peint le bilan d'un monde et annonce les désastres à venir. Les nazis ne s'y sont pas trompés : ils l'excluent en 1933 de son poste de professeur à l'Académie des beaux-arts de Dresde, lui réservent une place importante dans l'exposition d' " Art dégénéré " à Munich en 1937 et retirent 260 de ses œuvres des musées allemands. Dix a combattu dans les tranchées de 14-18, à lui seul son tableau en dit autant sur la guerre que 10 livres.

La ligne d’horizon est assez haute sur le panneau gauche et le panneau central, elle est bien plus basse sur le panneau droit. Il en est de même pour le point de vue du spectateur. Sur le panneau gauche le regard a tendance à monter en suivant le mouvement des soldats mais c’est pour chuter de plus haut sur les 2 panneaux suivant. 

Proche des 4 points naturels d’intérêt : des arbres morts à gauche des cadavres à droite. 

Le découpage concerne à la fois l’espace et le temps. A gauche le début de la journée ou du conflit. Les hommes montent au front la fleur au fusil pour ce qui était annoncé comme la dernière guerre… Au centre la guerre : une boucherie. Sous le panneau central le prédelle remplit de cadavres ou d’hommes se reposant dans des couleurs terreuses. A droite , après la guerre ou la bataille : les blessures des corps et des âmes. 

Le panneau gauche est construit sur la diagonale montante. Le panneau central est composé sur la diagonale descendante suggérant une idée de déchéance et de chute. C’est surtout l’image forte du cadavre perché dans l’arbre qui indique cette idée d’effondrement. Le panneau droit est construit sur les 2 diagonales les lignes directrices sont orientées vers le bas mais le mouvement du « sauveur » qui aide le blessé tire celui-ci vers le haut ainsi que le regard du spectateur. 

Détails : 

Ils sont des milliers ! 360 000 Français et 330 000 Allemands sont morts à Verdun en 1916. De juillet 1914 au 11 novembre 1918 le nombre des victimes de la guerre s’élève à plus de 8 millions de militaires et plus de 13 millions de civils. Ce qui fait plus de 21 millions de morts au total.

Par la forme ce triptyque évoque un retable médiéval ou de l’époque Baroque.
Le sujet de ces triptyques est souvent la crucifixion du Christ. La force du symbole de ce cadavre perché dans l’arbre vient de là. Cet homme n’a pas donné sa vie pour sauver l’humanité c’est le contraire qui c’est produit on lui a volé sa vie et il pointe le carnage d’un doigt accusateur. La présence de cet arbre sur le champ de bataille est improbable. Le 21 février 1916 à Verdun un million d'obus sont tirés en 9 heures par les Allemands à partir de 7h15. 
Ce qui fait + de 110 000 obus à l'heure. A ce rythme les arbres, et les hommes, ne résistent pas. On remplaçait les hommes, personne ne replantait les arbres. 
26 millions d'obus seront tirés durant la bataille de Verdun.



En avril et mai 1915 les Allemands lancent une offensive dans les Flandres, à Ypres, et emploient des nuages de chlore gazeux, c’est la première apparition à grande échelle de la guerre chimique.

Ce soldat portant un masque à gaz est la seule alternative pour évoquer les gaz. 
Les poilus étaient terrorisés par les gaz de combat. On entend et l’on voit un obus, le gaz est invisible et silencieux et il est souvent trop tard lorsque l’on s’aperçoit de sa présence. En avril et mai 1915 les Allemands lancent une offensive dans les Flandres, à Ypres, et emploient des nuages de chlore gazeux, c’est la première apparition à grande échelle de la guerre chimique.

Ce personnage est un autoportrait de l’auteur. Derrière lui, un véritable ciel d’apocalypse. 

Lumière : 

Les 3 panneaux sont éclairés d’une même lumière qui vient d’ en haut sur le panneau central. 

Couleurs : Contraste entre couleurs chaudes et froides, complémentaires. 

Toiles similaires : 

Otto Dix : Rue de Prague. 1920. 

Otto Dix : Les Joueurs de Skat. 1920. 

Otto Dix : Le Marchand d’Allumettes. 1921.