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John Singer Sargent (1856–1925). Œillet, Lis, Lis, Rose. 1886, Tate Gallery. Londres

Impressionnisme. 

 






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Vidéo : John Singer Sargent.  Œillet, Lis, Lis, Rose. 1886.

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John Singer Sargent (1856–1925). Œillet, Lis, Lis, Rose. 1886, Tate Gallery. Londres. 

Tous les peintres amateurs savent que s’il est des conditions où il est difficile de peindre c’est bien au crépuscule. La lumière, à ce moment, varie tellement vite qu’il est assez laborieux de reproduire le véritable ton des couleurs. Pourtant ce sont ces instants, au lever et au coucher du soleil, que les impressionnistes recherchent, tout simplement parce que les couleurs ont justement des tonalités insolites et inhabituelles. 
Durant une promenade en canot sur la tamise, en septembre 1885, John Singer Sargent voit des lanternes chinoises accrochées parmi des arbres et des lis sur la rive du fleuve. 
Ceci lui donne l’idée du tableau. Il le commence chez son ami le peintre F.D. Millet à Broadway dans le Worcestershire. 
Au départ son modèle est Catherine la fille des Millet âgée de 5 ans remplacée ensuite par par Polly et Dorothy Barnard, les filles de l'illustrateur Frederick Barnard, parce qu'elles ont la couleur de cheveux que Sargent recherche. Il peint en extérieur à la manière des impressionnistes de septembre à novembre 1885, puis, de nouveau chez les Millet, à Broadway, durant l'été 1886, et, pendant certaines heures en octobre de la même année. Le peintre ne peut travailler que quelques minutes chaque soir, à l’heure où la lumière est exactement celle qu’il recherche. Il place son chevalet et sa toile à l’avance et fait poser ses modèles en prévision des quelques minutes où il peut reproduire la lumière mauve du crépuscule. Comme l’automne arrive il remplace les fleurs mortes par des fleurs artificielles. La toile est à la fois un portrait et un paysage. Le portrait des petites filles est réaliste et classique, on connaît le talent de Sargent pour les portraits, le paysage et les fleurs sont impressionnistes. Sargent, ami de Monet, connaît sa toile peinte en 1867 Camille Monet dans le Jardin d’Argenteuil où Camille apparaît parmi les arbres et les fleurs au milieu de la lumière bleue d’une fin d’après midi. John Singer Sargent veut représenter un instant plus tardif encore, le crépuscule, le moment où la lumière du soleil disparaît, et comme les petites filles sont en train d’allumer des lanternes il faut aussi représenter cette lumière particulière, rouge orangée, sur le visage de ses modèles. Le tableau est d’une douceur exquise, ce genre d’éclairage n’a jamais été vu en peinture. La toile est acclamée à l’exposition de l’Académie Royale en 1887. La Tate Gallery s’en porte immédiatement acquéreur. 
Le titre de l’œuvre vient de la chanson « La Guirlande », du compositeur d’Opéra du 18ème siècle Joseph Mazzinghi. Sargent et ses amis l’ont souvent chanté autour du piano chez les Millet à Broadway. Le refrain de la chanson pose une question : « Avez vous vus passer ma Flora sur ce chemin ? » et la réponse est : « Oeillet, Lis, Lis, Rose. » 

Le point de vue du spectateur est situé au niveau du visage des fillettes. 

Trajet du regard.

1/ Le regard est tout d'abord attiré par le visage des 2 petites filles. 
2/ Puis il remarque les lis en haut, imposants par leur taille, qui se détachent parmi les lanternes. 
3/ Ensuite le regard redescend vers les œillets et les roses. 

Les 2 petites filles se trouvent sur les 4 points naturels d'intérêt, entourée des 4 lignes de force du tableau. 

Lumière et espace. 

Les lanternes sont situées dans les 2/3 de l’espace pictural supérieur, qui bénéficie de leur lumière orangée. Le tiers restant, l’espace pictural inférieur n’est éclairé que par la lumière du crépuscule. L’herbe et les feuilles des plantes sont donc parfois vertes mais souvent bleues. 


Les lignes. 

Les lignes directrices sont verticales et obliques sauf en ce qui concerne les lanternes qui sont soit rondes soit ovales. Les lignes verticales symbolisent la tige et les lignes rondes la fleur. 
Tout évoque les plantes sur ce tableau même les principales lignes directrices. 

Au premier plan la petite fille a piétiné l’espace et le peintre n’oublie pas de représenter un cercle autour de son personnage qui est encerclé par l’herbe. 

Détails : 

John Singer Sargent a réalisé ce visage parmi les fleurs avec beaucoup de précision et de réalisme. Le bout des doigts et le front du modèle sont éclairés par la lanterne. 

Cette petite fille semble très attentive à ce qu’elle fait. Du côté droit son front et ses cheveux sont éclairés par la lumière orangée de la lanterne chinoise. En dessous la main qui soutient la lanterne est tellement éclairée qu’elle semble déformée. 

Les lis, comme toutes les fleurs, sont représentés de manière impressionniste. On remarque que certaines feuilles, éclairées par la lumière du crépuscule sont totalement bleues. 

Lumière : 

Au bas de la toile la lumière du soleil couchant provient de la droite. Plus haut la lumière d’au moins 8 lanternes éclaire l’œuvre en tout sens et fait ressortir les fleurs et les enfants. 

Couleurs : Contraste entre couleurs chaudes et froides.

Harmonie et contraste : Contraste entre couleurs 
complémentaires. Les couleurs chaudes sont regroupées au centre.

Toiles Similaires : 

Claude Monet. Camille dans le Jardin d’Argenteuil. 1867. 

John Singer Sargent. Jacques Barenton. 1883.

John Singer Sargent. Sieste. 1905.