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Amical salut des anciens esclaves Afro-américains aux négriers européens qui leur on gentiment offert le voyage ! 

Ernie Barnes (1938-2009). Sugar Shack . 
Huile sur toile. 1976. 1280 × 936 


Expressionnisme










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Petit Rappel : Le commerce triangulaire.

Le commerce triangulaire est l’expression qui désigne le processus de la traite des Noirs de la fin du 17ème siècle à la fin du 18ème siècle entre la France, l'Afrique et les Antilles. Les bateaux partaient de quatre ports : La Rochelle, Bordeaux, Le Havre et surtout Nantes (1 427 expéditions négrières de 1715 à 1789). 

Nantes fut le premier port négrier mondial au 18ème siècle. Les navires embarquaient de la verroterie, des armes, des bijoux. Arrivés en Afrique, au Sénégal le plus souvent, les négriers échangeaient leur cargaison contre des esclaves. Le voyage se prolongeait vers les Antilles, où près de 5 000 Noirs étaient débarqués chaque année en échange de sucre, de vanille et de différents produits tropicaux, rapportés en France pour y être vendus. L'armateur pouvait espérer 800% de bénéfice. La sécurité sur les mers était plutôt mieux assurée qu'au 17ème siècle, et des dynasties de négriers assurèrent ainsi leur fortune : le Nantais Antoine Walsh arma 28 navires négriers à lui seul. Les révoltes d'esclaves étaient assez fréquentes à bord (17 pour les 427 expéditions de La Rochelle) et la mortalité, selon les cas, variait aux alentours de 15 % par voyage, ce qui était beaucoup plus que sur les navires hollandais.

Le commerce triangulaire permit largement l'édification des bâtiments les plus somptueux des grands ports négriers français et fut aussi en grande partie responsable de l'effondrement des anciennes sociétés africaines.

Vidéo : L'esclavage et les grandes traites.

Plein Écran :

 

 


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Vidéo : Marvin Gaye - I Want You (1976) 

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Ernie Barnes (1938-2009). Sugar Shack . Huile sur toile. 1976.
1280 × 936 

Ernie Barnes est un peintre afro-américain, joueur de football professionnel, acteur et auteur. Il a été, entre autre, peintre officiel des jeux Olympique de Los Angeles en 1984. 
Barnes est un génie de la représentation du mouvement. 
Cette toile a servi de pochette pour l’album de Marvin Gaye, I Want You en 1976. 
Surnommé « Le Grand Rembrandt » par ses coéquipiers des Broncos de Denver, Ernie Barnes a introduit un style bien à lui dans les représentations de ses compatriotes de couleur. Ses thèmes sont nouveaux à l’époque, les noirs que Barnes représente dans le ghetto sont totalement décomplexés et décontractés. 
Barnes peint la beauté et la fierté de la pauvreté. Barnes montre aussi comment les Afro-Américains utilisent le rythme et la danse pour résoudre les tensions physiques. L’auteur parle d’expérience d’enfance et de son innocence avant la découverte du péché de la danse. 
Barnes utilise bien le mot péché. Tout ethnologue sait que bien des danses sont des rituels qui simulent l’accouplement. Ernie Barnes pousse cette logique jusqu’au bout. Les formes généreuses des femmes, les positions ambiguës des corps, la frénésie qui règne sur la piste de danse tout ceci évoque l’ambiance des clubs où les hommes et femmes de couleurs se réunissaient pour faire de la musique et danser. Les influences de Barnes sont multiples certains critiques parlent de post Maniérisme par analogie avec les corps allongés de Bronzino, du Corrège ou du Parmesan peu après la Renaissance. Mais Barnes est plus influencé par la caricature et la bande dessinée que par le maniérisme. On parle aussi de Romantisme Noir qui est un genre à part entière. Mais si les personnages de Barnes sont totalement désarticulés et bougent frénétiquement dans tous les sens parce qu’ils sont heureux et ils sont heureux d’être libres. Ils n’ont plus de chaînes. Les chaînes posées par les négriers blanc européen sont tombées. Et les anciens esclaves sont enchantés de pouvoir bouger par leur propre volonté. 
Le mot « Sugar Shack » fait référence aux cabanes à sucre qui se trouvaient dans les bois et qui servaient de distilleries clandestines. Ceci donne un coté encore plus sulfureux à l’endroit. Une des caractéristiques des personnages de Barnes est l’œil apparemment fermé. Son explication à cette décision esthétique particulière est qu’il refusait de peindre des personnes les yeux ouverts car les êtres humains ne se voient pas, ils demeurent aveugles à l’humanité de chacun. Il compare nos paupières aux abat-jour des lampes. Nos paupières servent à nous protéger et à ne pas voir l’autre tel qu’il est. 
Et Barnes déplore que trop souvent les personnes se fient aux apparences et surtout à la couleur de la peau. Il est assez bien placé pour cela. 
Barnes a commencé à dessiner le lycée. Durant sa carrière de footballeur professionnel ses entraîneurs lui demandaient de dessiner les formes que prenaient les attaques et les défenses adverses. Tout ceci servait pour les tactiques de jeu. C’est le propriétaire des Jets de New York, Sonny Werblin, qui, intrigué, convoque des critiques d’art et s’aperçoit qu’il a plus de valeur pour son pays en tant qu'artiste qu'en tant que joueur de football. Et la ligue le place devant ses toiles à côté des matches. Et il devient peintre officiel des Jeux Olympiques… 
Ernie Barnes est un des artistes les plus novateurs et talentueux que les USA n’ont jamais produit. Étrangement l’Europe n’a jamais voulu voir ses œuvres et son talent en pleine lumière. Les Anciens négriers ont-ils mauvaise conscience de voir enfin libres et sans chaînes les esclaves qu’ils ont tous vendus ou sacrifiés pour s’enrichir ? 

Le point de vue du spectateur se situe un peu au-dessus du centre au niveau du visage des danseuses au premier plan. 

Trajet du regard. 
1/ La toile se lit de bas en haut. Le regard remarque les corps au premier plan dans des positions acrobatiques et scabreuses, les formes généreuses des femmes. 

2/ Dans un second temps le spectateur s’aperçoit qu’il y a un chanteur sur scène et des musiciens sur la droite. 

3/ Ensuite le regard monte, il est perturbé par les banderoles qui illustrent l’album de Marvin Gaye mais remarque les danseurs sur le balcon. 

L’Auteur utilise 3 points naturels d’intérêt. 

En haut à droite le saxophoniste et le chanteur du groupe sont sur le point naturel d’intérêt supérieur droit.

En bas à droite un couple de danseurs effrénés se déhanchent sur le point naturel inférieur droit.

En bas à gauche 2 autres couples déchaînés occupent le point naturel inférieur gauche.

Une frontière entre le haut et le bas.
Les lignes horizontales et verticales font toutes partie du décor. (Plafond, balustrade, balcon, escaliers). En dessous les lignes directrices qui soulignent les corps ou les instruments de musique sont soit des diagonales soit des lignes brisées. 

Une œuvre en 2 parties bien distinctes.

Le haut du tableau est composé par les verticales et les horizontales.

A partir de tout ce qui est en dessous du balcon les 2 grandes diagonales prennent le contrôle de tout ce que la musique dirige. 

Détails : 

Ce personnage avec sa bouteille au pied de sa chaise est le seul de la scène à rester complètement immobile.

Barnes croque ses compatriotes avec beaucoup d’humour et de malice. Autant pour les postures des corps que pour l’expression des visages. 

Ce couple semble totalement possédé et subjugué par la musique, il est emporté par la frénésie ambiante.

Lumière : 

La lampe au plafond éclaire la scène directement en dessous mais la lumière est aussi diffusée vers les 2 côtes du dancing. 

Couleur : Contaste entre couleur chaudes et froides.

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Los Angeles 1984.